Tenu pour acquis depuis des jours, voire des semaines, le ralliement du ministre de la Défense au candidat d’En Marche! a été officialisé ce jeudi. Emmanuel Macron enregistre à cette occasion, sans faire injure à Barbara Pompili et Thierry Braillard, son premier renfort « d’envergure » issu du gouvernement.

Véritable secret de polichinelle, le feuilleton autour du ralliement du ministre de la Défense a trouvé son épilogue ce jeudi et permet ainsi à Emmanuel Macron d’attirer dans son giron un (très) proche de François Hollande. Après avoir soufflé le chaud et le froid durant plusieurs semaines, Jean-Yves Le Drian a enfin franchi le Rubicon et rejoint la cohorte des « marcheurs » autour d’Emmanuel Macron. Un « coup de maître » pour l’ancien homme fort de Bercy qui « s’adjoint les services » d’une personnalité d’envergure éminemment respectée, d’un bout à l’autre de l’échiquier politique, pour son action durant 5 ans du côté de l’hôtel de Brienne.

Mais c’est « un coup de canif » d’autant plus rude pour Benoît Hamon, le candidat « officiel » du parti socialiste dont est issu Jean-Yves Le Drian, et qui intervient le jour même où le vainqueur de la primaire de la belle Alliance Populaire s’adresse aux armées, comme le soulignait avec une certaine amertume l’ancienne ministre, Marylise Lebranchu. Toujours est-il qu’Emmanuel Macron frappe un grand coup et muscle encore un peu plus sa garde rapprochée en vue de sa conquête de l’Elysée où l’expérience de Le Drian – dont on dit qu’il pourrait conserver son maroquin si Emmanuel Macron l’emportait le 7 mai – sera un atout particulièrement appréciable.

Restauration du service militaire ?

Un ralliement qui intervient quelques jours après le discours sur la Défense – auquel plusieurs membres du cabinet de Jean-Yves Le Drian ont assisté – délivré par Emmanuel Macron et lors duquel il a notamment proposé la réintroduction d’un service militaire d’une durée d’un mois pour renforcer le lien armée-nation dans une France encore sous le choc des attentats terroristes survenus ces deux dernières années sur son territoire.

Une mesure qui ne figurait pas dans le programme initial du candidat d’En Marche! et dont le financement a prêté le flanc aux critiques. Coût estimé par l’équipe d’Emmanuel Macron : 2 à 3 milliards d’euros en « régime de croisière ». Somme à laquelle il faudrait ajouter, selon certains experts comme Jean-Dominique Merchet de L’Opinion, un investissement initial – pour restaurer les équipements type casernes, etc – d’environ 20 milliards d’euros.

Horizon 2025 pour le budget de la Défense

Une enveloppe conséquente pour une mesure semblant tout droit sortie du chapeau du candidat sans avoir été au préalable véritablement cadrée, budgétairement parlant. Hormis cela, Emmanuel Macron a réitéré son intention de faire porter l’effort de défense à 2% du PIB d’ici 2025, contre 1,78% actuellement. De son coté, Marine Le Pen propose un taux similaire, dès la première année du quinquennat… avec l’objectif de l’élever à 3% en 2022. Elle a également fait part de sa volonté, si elle accède aux plus hautes fonctions, de commander un second porte-avions, une « nécessité stratégique » selon ses dires.

Pour rappel, la France s’est engagée avec les autres membres de l’Union européenne à porter son budget militaire à 2% de son produit intérieur brut… mais pas avant l’horizon 2024. Dans le détail, le budget de « la grande muette » a été augmenté de 600 millions d’euros en 2016 pour être porté à 32 milliards. Il augmentera davantage en 2017, à hauteur de 700 millions. « Je ne veux pas promettre ce qui ne sera pas tenable », a de son côté, souligné Emmanuel Macron pour justifier son objectif jugé « prudent » par de nombreux spécialistes.