Ce lundi dans la nuit, le président Donald Trump a annoncé sur Twitter sa sortie du Walter Reed Medical Center. Son annonce surprise publiée sur le réseau social comprenait également des déclarations étonnantes au sujet du Covid-19 et des conseils que les dirigeants de ce monde devraient se garder d’écouter.

Dans son tweet, le président indique : « Je sortirai du Walter Reed Medical Center aujourd’hui à 18 h 30. Je me sens très bien ! » Il poursuit : « N’ayez pas peur du Covid. Ne le laissez pas dominer votre vie. Nous avons développé, sous le gouvernement Trump, de bons médicaments et de bonnes connaissances. Je me sens mieux qu’il y a 20 ans ! »


 

 

Le rétablissement de Donald Trump est certes une bonne nouvelle pour ses sympathisants, tout comme le fait qu’il ait bénéficié d’un traitement expérimental inédit qui semble avoir fonctionné (n’oublions tout de même pas que ce fameux traitement est encore au stade de l’expérimentation et qu’il n’est pas accessible à la majorité des Américains). Mais si le président est de retour sur Twitter, pour le meilleur et pour le pire, c’est donc aussi pour partager sa vision faillible du leadership en ces temps de pandémie.

Lors d’une conférence de presse organisée lundi, le médecin officiel du président, Dr Sean Conley, a semblé appuyer le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche : « Il a atteint voire dépassé tous les critères pour une sortie de l’hôpital. Nous organisons son retour ». Pourtant, le médecin n’a pas pu s’empêcher de cacher ses doutes lorsqu’il a précisé : « Il n’est peut-être pas encore tiré d’affaire ».

À ce jour, près de 210 000 Américains ont perdu la vie des suites du coronavirus, et on compte plus de 7,4 millions de cas. Plus inquiétant encore, les tendances de la pandémie s’aggravent. Dimanche, 24 États ont signalé une augmentation du nombre de cas, et 19 États ont constaté un maintien de leur nombre de cas. Selon les données de l’université Johns Hopkins, le pays présente également une tendance troublante sur sept jours, avec une moyenne de 42 000 cas au cours de la dernière semaine. Ce chiffre est supérieur de plus de 20 % à celui de la même tendance sur sept jours en septembre. Un modèle montre même qu’environ 2 900 Américains pourraient mourir chaque jour en décembre si les tendances ne s’inversent pas.

En d’autres termes, le virus mortel ne semble montrer aucun signe de relâchement, ce que le président devrait prendre en compte dans sa communication.

Même si la manière exacte dont Donald Trump a été contaminé est inconnue, il est clair que ses décisions en matière de leadership ont eu comme conséquence un résultat positif au dépistage du Covid-19. Et bien qu’en tant que président des États-Unis il ait accès aux meilleurs conseils et aux meilleures informations sur le coronavirus, il admet s’être véritablement instruit à ce sujet seulement au cours des derniers jours, lors de son séjour à l’hôpital. 

En affirmant aux Américains qu’il ne faut pas avoir peur du Covid-19, le président sous-estime une fois de plus un virus mortel qui l’a pourtant obligé à se rendre à l’hôpital. Il minimise également les risques que les experts américains tentent désespérément de communiquer au grand public, et démontre encore une fois le manque de leadership d’une nation confrontée à sa plus grande crise de santé publique depuis un siècle.

Dans une vidéo tweetée lundi soir, Donald Trump a réitéré son message. En parlant de son infection, il a déclaré : « En tant que dirigeant, je devais le faire. Je savais qu’il y avait un danger. Mais il fallait que je le fasse. J’ai résisté. J’ai dirigé. Tous les dirigeants l’auraient fait ».

Pourtant, il se trompe. Les vrais dirigeants, pas seulement issus de la sphère politique, mais du monde des affaires, de l’éducation, du divertissement et de tous les autres secteurs, devraient avoir peur du Covid-19. Le virus est en capacité de tuer des millions de personnes, de paralyser la reprise économique d’un pays et de perturber non seulement le mode de vie de ses citoyens, mais aussi l’éducation de ses jeunes. Et ces perturbations ne sont pas momentanées, elles vont s’inscrire dans la durée et auront des conséquences sur toutes les générations qui traversent cette période sans précédent. 

Il va de soi que la pandémie ne devrait pas terroriser les individus au point de les immobiliser de peur. Pourtant, en balayant du revers de la main la dangerosité du Covid-19, qui l’a pourtant amené jusqu’à l’hôpital, le président tente une fois de plus de dicter une attitude erronée à adopter face à la maladie. Il est important de reconnaître l’erreur de Donald Trump lorsqu’il affirme : « N’ayez pas peur du Covid ». Car les Américains devraient avoir peur, et leurs dirigeants aussi.

 

Article traduit de Forbes US – Auteur : Seth Cohen

 

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