Alors que l’Europe avait les yeux rivés sur le scrutin législatif aux Pays, le Premier ministre sortant, Mark Rutte, est parvenu à repousser les assauts populistes de Geert Wilders, qui, en dépit d’une légère progression en termes d’élus ne parvient pas à réaliser la percée escomptée.

« J’aurais préféré être le plus grand parti. Mais nous avons gagné des sièges. C’est un résultat dont nous pouvons être fiers (…) Nous étions le troisième parti des Pays-Bas. Nous sommes aujourd’hui le deuxième. La prochaine fois, nous serons le premier ». Un discours de circonstance mais teinté d’amertume pour Geert Wilders qui rate indéniablement son pari, lui qui avait pour ambition de devenir la première force du pays et faire ainsi office d’incontournable pour la recomposition politique du royaume. Dans le détail, le parti de la liberté (PVV) et son leader populiste ouvertement islamophobe progresse de « seulement » cinq sièges mais ne revient pas au niveau de son record de 2010 où il avait raflé 24 élus. Suffisant néanmoins pour devenir la deuxième formation de l’échiquier politique néerlandais.

Dans le camp des « vainqueurs », le soulagement semble prendre le pas sur le triomphalisme. Ainsi, avec 33 des 150 élus de la chambre des députés, le Parti populaire libéral et démocrate (VVD) du premier ministre sortant, Mark Rutte perd certes huit sièges par rapport aux précédentes législatives, il y a cinq ans, mais fait mieux que ce que les dernières enquêtes d’opinions attendaient.

Les écologistes en trombe, le parti travailliste en décomposition


« Ce soir, après le Brexit, après la présidentielle américaine, les Pays-Bas ont dit stop à ce populisme d’un mauvais genre », a lancé un chef du gouvernement sortant rayonnant à ses partisans. Mais les prochaines semaines s’annoncent tout de même compliquées et les tractations devraient être âpres afin de composer une coalition gouvernementale dont devrait être exclu le Parti de la Liberté de Geert Wilders qui s’est d’ailleurs illustré, hier soir, par un tweet affichant clairement son ambition de revêtir le costume de chef de l’opposition. « Et Rutte n’en a pas encore fini avec moi !! ».

Parmi les autres enseignements de cette soirée électorale à hauts risques, la percée, notable celle-ci, des candidats écologistes. Ainsi, menées par le fringant trentenaire Jesse Klaver, les écologistes de Groen Links (la Gauche verte) réalisent la progression la plus impressionnante, passant de quatre à 14 élus. A l’inverse, le parti travailliste, longtemps incontournable et membre de la coalition sortante ressort en déliquescence, perdant 29 sièges par rapport aux précédentes élections législatives et devenant, du même coup, « quantité négligeable » dans la vie politique néerlandaise en passant de deuxième à septième force politique du Royaume.

Les dirigeants européens et les marchés soulagés

Soulagés, comme évoqué en préambule par la non-percée de Gert Wilders, les principaux dirigeants européens se « sont précipités » sur leur téléphone pour féliciter Mark Rutte. François Hollande a notamment salué une « nette victoire contre l’extrémisme ». De son côté, Angela Merkel, qui aura également à ferrailler lors des prochaines législatives allemandes avec les populistes de l’AfD, a opté pour une certaine forme de lyrisme. « Pays-Bas, ô Pays-Bas, vous êtes des champions. Félicitations pour ce résultat fantastique ».

Les marchés ont également poussé un soupir de soulagement, les investisseurs se montrant rassurés par l’issue d’une élection souvent considérée comme « incertaine » et faisant office de véritable révélateur pour les partis traditionnels. Le marché des changes a également « apprécié », l’euro grimpant jusqu’à 1,0740 dollars, soit un plus haut depuis début février avant de se maintenir à flot autour de 1,0710 dollar.