Largement victorieux de la primaire de la droite et du centre, l’ancien Premier ministre compte s’appuyer sur « ses réseaux », notamment au sein de la sphère économique, pour se lancer à la conquête de l’Elysée.

Un plébiscite. Coincé entre 9 et 13% des intentions de vote au sortir de l’été, voire même « quatrième homme », François Fillon a remporté une spectaculaire victoire ce dimanche soir, s’adjugeant près de 70% des suffrages et terrassant « le favori des sondages », Alain Juppé. Ce dernier, victime d’une campagne menée à un train de sénateur, n’a rien pu faire face à la déferlante Fillon. Fort du succès populaire et financier de cette primaire à droite, -l’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy dispose déjà d’une manne de 8 millions d’euros pour mener campagne en 2017- François Fillon, travailleur acharné et besogneux dans l’âme, a su s’entourer de personnalités parmi les plus éminentes de « l’intelligentsia économique » pour espérer transformer l’essai au mois de mai prochain.


En « première ligne » durant toute la campagne où il occupait le poste stratégique de directeur adjoint au sein du staff du désormais candidat des Républicains, Pierre Danon, ancien PDG de Numericable et British Telecom. Parfois critiqué en interne pour son « manque d’expérience politique », et sa forte propension à vouloir exporter les règles de l’entreprise en politique, le dirigeant a fait fi des critiques et, à l’instar de son champion, a continué de tracer son sillon. Il a notamment chapeauté la constitution d’un « binôme de porte-parole », constitué d’un député et d’un membre de la société civile, chargé de « prêcher » la bonne parole filloniste partout sur le territoire.

Castries, Pouyanné et les autres…

Autre personnalité issue du monde de l’entreprise, et davantage connue du grand public, Henri de Castries ancien PDG d’Axa, à qui certains prédisent même déjà un destin à Matignon, voir du côté de Bercy en cas de victoire de François Fillon à la présidentielle. Ami personnel du député de Paris, le dirigeant, s’il ne disposait d’aucun rôle officiel dans l’équipe de campagne, distille ses conseils et son expertise d’ancien dirigeant d’entreprise. Ancien de la célèbre promotion Voltaire de l’ENA, celle qui a vu émerger Ségolène Royal, François Hollande ou encore Dominique de Villepin, Henri de Castries pourrait également camper, auprès de François Fillon, le rôle naguère dévolu à Emmanuel Macron auprès du chef de l’Etat. En l’occurrence, tracer, dans l’ombre, les grandes lignes de la politique économique de la France.

S’il ne s’est jamais déclaré publiquement en faveur de l’ancien Premier ministre, devoir de réserve oblige, Patrick Pouyanné, PDG de Total, garde une solide estime pour François Fillon, nouée lors de leur collaboration entre 1995 et 1996 au ministère des Télécommunications. Directeur de cabinet de François Fillon, il a notamment conduit, sous sa houlette, la transformation de France Telecom en société anonyme. Il s’agit d’ailleurs de l’ultime passage de Patrick Pouyanné dans la fonction publique avant de s’engager dans l’aventure Elf, puis Total et de prendre les rênes du groupe pétrolier fin 2014, après le décès de Christophe de Margerie.

Enfin, s’il avait caressé le (maigre)espoir de prétendre, lui-aussi, à de hautes responsabilités, avant de remiser ces rêves de grandeur au placard, Denis Payre, fondateur du mouvement « Nous Citoyens » a depuis pris fait et cause pour François Fillon. Le fondateur de l’association des entrepreneurs de croissance, CroissancePlus, porte notamment l’estocade sur les réseaux sociaux où il vante les mérites du programme « courageux » de François Fillon face à « l’eau tiède » proposée par Alain Juppé.   

Mais également… Stanislas de Bentzmann (Devoteam), Alain Afflelou (groupe éponyme), Pierre Chappaz (PDG de Teads), Henri de Lachmann (président du conseil de surveillance de Schneider Electric), Denis Ranque (président du conseil d’administration d’Airbus Group) ou encore Bruno Cercley (PDG de Rossignol, spécialiste des équipements de sport d’hiver)