Selon les analystes du bureau d’études JPMorgan, la monnaie unique pourrait perdre 10% de sa valeur en cas d’accession de Marine Le Pen à L’Elysée.

En tête dans les enquêtes d’opinion – du moins au premier tour -, la candidature Marine Le Pen continue de susciter la circonspection des économistes et autres analystes qui ont planché sur le scénario d’une victoire de cette dernière à l’élection présidentielle du printemps prochain. Les enseignements tirés de cette étude  sont sans appel.

Ainsi, selon JPMorgan, si la candidate frontiste venait à présider aux destinées de notre pays, l’économie française entrerait dans une grosse zone de turbulences.  Dans le détail, la monnaie unique pourrait tomber sous le niveau de parité avec le dollar tandis que les coûts de financement de la France dépasseraient de 2% ceux de son voisin allemand. Outre la monnaie unique, les cours du pétrole pourraient également être grandement impactés.  

Chute de 10 cents en quelques semaines


« L’euro et les cours du pétrole ont un potentiel de baisse non négligeable dans l’hypothèse d’une victoire de Le Pen : l’euro pourrait chuter de 10 cents à environ 0,98 dollar en l’espace de quelques semaines et le pétrole pourrait baisser de 5-10% », écrivent les analystes du bureau d’études américain.

Ces derniers prolongent leur raisonnement en cas de victoire du Front national aux élections législatives, ce dernier disposant ainsi d’une majorité pour gouverner. « Le Bund à 10 ans pourrait se rapprocher des zéro point de base et l’écart de rendement entre la France et l’Allemagne des 200 points de base », alerte JPMorgan.

Probabilité d’une majorité parlementaire FN… 3%

Mais cette dernière hypothèse est jugée peu crédible par les analystes eux-mêmes qui estiment cette probabilité – de voir Marine Le Pen élue à l’Elysée et bénéficier du soutien du parlement – inférieure à 3%. En revanche, l’hypothèse de voir la candidate frontiste (ou un candidat d’extrême-gauche) accéder à la magistrature suprême, mais sans l’appui d’une majorité au Parlement prend singulièrement de l’épaisseur, à hauteur de 25%. Encore loin cependant de la troisième possibilité (72%) et de facto la plus vraisemblable pour JPMorgan, de voir un candidat plus « grand public » (comme Emmanuel Macron) rafler la mise.

L’étude est publiée au lendemain de la présentation du programme présidentielle de Marine Le Pen à Lyon et qui, contrairement à 2012 où elle en avait fait l’un de ses chevaux de bataille, ne mentionne pas clairement la fin de la monnaie unique. Mais « simplement » « un retour à la souveraineté monétaire et la création d’une monnaie nationale ».

Signe de sa volonté manifeste de se « tenir prêt » à exercer le pouvoir, le Front national a joint à son programme un document de « cadrage financier » sur l’ensemble du quinquennat avec des projections de croissance pour le moins ambitieuses. Ainsi, le parti dirigé par Marine Le Pen anticipe une croissance de 2% en 2018 et 2,1% en 2019 contre respectivement 1,4 et 1,5% pour la Banque de France. Pour rappel, la croissance française en 2016, après avoir été revu à la baisse en cours d’année, a progressé de 1,1%, loin des 1,4% attendu par Bercy.