Depuis six ans déjà, le monde économique était effrayé par cette redoutable stratégie chinoise destinée à dominer l’économie mondiale. Cela avait commencé par le plan stratégique « Route de la Soie ou Belt and Road Initiative » lancé en 2013 suivi par ce 2 e plan stratégique « Made in China 2025 » lancé par Le Conseil des Affaires d’État en mai 2015. En fait, à ce jour, seuls les Américains ont réagi et pris des décisions afin d’enrayer ces deux programmes. Mais c’est bien Donald Trump président des USA, qui a porté cette guerre commerciale à la connaissance du grand public. 

Dans ses directives aux autorités locales de 2016, le gouvernement chinois déclarait alors qu’il financerait en priorité les régions qui appliqueraient avec le programme “Made in Chine 2025” encourageant la croissance et les rénovations industrielles. Mais suite aux actions de Donald Trump, Le Conseil d’État, organe du gouvernement chinois, adressait en décembre 2018 de nouvelles directives aux autorités locales dans lesquelles il ne faisait plus mention dudit programme “Made in China 2025”.


En 1999 la Chine rejoint l’OMC.

Il est bon de rappeler les paroles en 1999 de Bill Clinton un fervent défenseur de l’adhésion de la Chine à l’OMC Il avait alors déclaré « nous avons obtenu de nouvelles garanties, très contraignantes, contre un brusque afflux d’importations chinoises- l’Entrée de la Chine à l’OMC encouragera le pays à jouer selon les règles internationales. On a vu la suite…

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L’Europe a été berné.

Rappelons aussi que L’Europe a accumulé 1 400 milliards d’euros de déficit vis-à-vis de la Chine, au cours des dix dernières années, soit près de 1% de son PIB. De surcroît vis-à-vis de nombreux pays tiers autrefois clients des occidentaux, la Chine est devenue un prédateur économique. Depuis ce projet Chinois de nouvelle « route de soie » nos exportations vers les pays traversés ont chuté de 130 milliards d’euros. Enfin, en Afrique la Chine capte aujourd’hui près de 30 % des marchés publics.

 

Qu’est-ce que le programme Route de la soie ou Belt and Road initiative BRI lancé en 2013

C’est un programme d’investissement visant à relier l’Asie à l’Europe et à l’Afrique, avec comme hub central la Chine bien sûr. N’ayons aucun doute ce projet est au service de l’hégémonie chinoise, signe de son importance, il a été inscrit dans la Constitution du parti communiste, à l’occasion de sa révision en 2017. Cent vingt-cinq pays, l’Italie est le seul pays du G7, et, 29 organisations ont signé des accords de coopération BRI. Ces accords ont généré depuis 2013 plus de 6 000 milliards de dollars d’échanges commerciaux.

Et, depuis son lancement, le FMI & banque mondiale attire l’attention sur le manque de transparence, sur les montants et sur, les termes des prêts accordés par Beijing aux pays signataires. Endettements excessifs à cause de prêts mettant en péril les équilibres politiques et la souveraineté des états. Comme ce fut le cas au Sri Lanka ne pouvant plus payer ses emprunts vis-à-vis de la chine , le pays s’est vu contraint de céder pour 99 ans le port de HamBoTota. La Malaysia a elle réussit à rompre un contrat de construction ferroviaire de 34 milliards de dollars.

Le FMI & la banque mondiale sont aussi réticents, car ils ont noté que les marchés ne sont pas ouverts à la concurrence seules les entreprises chinoises en profitent, et que les financements ne sont pas attribués dans la transparence ce qui favorise la corruption, et bien évidement des accroissements de dettes non maîtrisés.

D’autres projets sont des réussites comme le terminal ou Port Sec de Khorgos au Kazakhstan proche d’Almaty au Kazakhstan et de Urumqi en Chine. 130.000 conteneurs par an transitent par ce terminal. Le trafic Chine Europe est lui 4 fois supérieur au trafic Europe Chine. Grâce à ce terminal, ce pays est passé du statut de pays enclavé au statut de pays connecté. Néanmoins ce terminal est détenu en partie par le conglomérat Chinois Cosco shipping et par le port chinois de Lian Yun Gang. Toujours la mainmise chinoise.

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Qu’est-ce que le programme Made in China 2025

Avec ce programme devenu discret depuis l’arrivée de Trump, la Chine ambitionnait de faire monter en gamme plusieurs secteurs industriels. Le but ultime étant vraisemblablement d’étouffer le leadership technologique américain et de dominer économiquement le monde.

En fait depuis juin 2018, les références à ce programme sont devenues rares dans la presse chinoise. Et depuis décembre 2018, le MIC 25 ne figure plus dans les priorités imposées par le gouvernement central aux provinces chinoises.

Ce programme qui avait été révélé par Le Conseil des Affaires d’État en mai 2015 portait sur la promotion de l’industrie manufacturière. Initié par le Premier ministre chinois, Li Keqiang, ce plan d’action sur dix ans visait à transformer le géant manufacturier qu’est la Chine en la première puissance mondiale manufacturière.

Il était clairement affiché dans ce plan que les grandes entreprises d’État devaient être capables de concurrencer les géants mondiaux, en majeure partie américains. Objectif, afficher la 1ere place mondiale lors du 100 -ème anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine, en 2049.

La promotion de secteurs clés comme les NTIC, la robotique, les télécommunications, le digital l’aéronautique la voiture propre les équipements aéronautiques, les équipements d’ingénierie océanique et les navires high-tech, la médecine biologique les instruments médicaux, et les machines agricoles. L’objectif était d’éviter un ralentissement trop long de l’économie et de créer suffisamment d’emploi pour éviter une nouvelle révolte sociale.

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Enfin, le parti n’avait pas oublié le secteur financier dont la création de sociétés de gestion d’actifs pour superviser l’actionnariat d’État.

En conclusion, la Chine avait bien une volonté hégémonique mondiale, et les États-Unis pourraient bien avoir réussi à freiner ses ambitions.