A cinq jours du premier tour des élections législatives, les « marcheurs » d’Emmanuel Macron caracolent toujours en tête des intentions de vote. Une « tendance » qui s’est d’ores et déjà vérifiée sur le « terrain » puisque les candidats de la République en Marche! virent en tête dans 10 des 11 circonscriptions des Français de l’étranger, ces derniers étant appelés aux urnes avec une semaine d’avance.

 S’il est parfois difficile de tirer des enseignements du vote des expatriés – au regard de leur faible nombre couplé à la famélique participation de ce type de scrutin (19,1% selon le Quai d’Orsay)-, force est de constater néanmoins que les « marcheurs » d’Emmanuel Macron, dans la foulée de l’éclatante victoire de leur leader le 7 mai dernier, ont le vent en poupe dans l’opinion…et dans les urnes. Ainsi, le premier tour des élections législatives qui se déroulait samedi dans les deux premières circonscriptions des Français de l’étranger (sur le continent américain) et dimanche dans les neuf autres, avec une semaine d’avance sur la métropole, a consacré les candidats de la République en Marche! qui sont en ballotage favorable, au lendemain du premier tour, dans dix des onze circonscriptions des Français de l’étranger. Pas de “Grand Chelem” toutefois, puisque la neuvième circonscription des Français de l’étranger, qui couvre notamment les pays du Maghreb s’est -pour l’instant- refusé à LREM. Avec 20,29%, la sénatrice EELV de Paris, Leila Aïchi, devance, de peu, le candidat soutenu par Emmanuel Macron, M’Jid El Guerrab qui ne recueille « que » 18,93%.

Carton plein en revanche pour les « marcheurs » tout autour du globe et grosse désillusion pour de nombreuses « têtes d’affiche nationales », comme les sortants Les Républicains, Frédéric Lefebvre et Thierry Mariani, « humiliés » dans leurs fiefs respectifs. Le premier, ancien secrétaire d’Etat, et député pour les Etats-Unis et le Canada, ne recueille que 14,53% des suffrages contre 57,53% pour son opposant LREM. De son côté, l’ancien secrétaire d’Etat aux Transports et député sortant de la 11e circonscription, qui recouvre notamment de nombreux pays d’Asie, n’a pas réussi à rassembler davantage que 18,78% des voix sur son nom. Devancé, mais pas humilié, Meyer Habib (UDI) a encore des chances de sauver son siège de la 8e circonscription (Europe du Sud, Israël, Turquie) avec un score de 35,51%, contre 36,73% pour la « marcheuse » Florence Drory.

Axelle Lemaire humiliée, NKM en danger  

La situation est, en revanche, nettement plus compliquée pour les deux députés socialistes sortant, dont Axelle Lemaire, ancienne secrétaire d’Etat au numérique qui a claqué la porte du gouvernement au mois de mars pour préparer sa réélection et battre la campagne dans la 3e circonscription (Scandinavie, pays Baltes et Royaume-Uni) des Français établis hors de France, selon la dénomination officielle. Des efforts loin d’avoir portés leurs fruits pour la députée sortante – 2012 – 2014 avant son entrée au gouvernement – qui n’a recueilli ce week-end que 9,83% des voix. L’ancienne ministre, dont l’inimitié avec Emmanuel Macron est notoire depuis leur « cohabitation » à Bercy, est très largement devancé par le candidat en Marche!, Alexander Holroyd et son score de 57,80%.

En métropole, le « rapport de force » s’annonce également défavorable à une autre « cacique » de la politique hexagonale et ancienne candidate aux primaires de la droite et du centre, Nathalie Kosciusko-Morizet. Héritant d’une circonscription a priori favorable – la 2e de Paris, regroupant le 5e et une partie du 6e et du 7e arrondissement et jusqu’ici détenue…par François Fillon – l’ancienne ministre avoir donc toutes les cartes en main pour franchir l’obstacle. Malgré ses « atomes crochus » avec la politique d’Emmanuel Macron, « NKM » n’a pas franchi le Rubicon à l’instar de Bruno Le Maire et Gérald Darmanin et s’est donc vu opposé un candidat « En Marche ! » dans sa circonscription. Dans le détail, et selon un sondage exclusif Ifop-Fiducial pour le JDD et Sud Radio, l’ancienne ministre de Nicolas Sarkozy est créditée de 24% des suffrages au premier tour contre 42% pour Gilles Legendre, candidat LREM. Une performance d’autant plus solide qu’au premier tour de la présidentielle, François Fillon avait devancé, sur ce « territoire », Emmanuel Macron d’une centaine de voix. L’illustration parfaite du « souffle présidentiel » évoqué en préambule.

Juppé soutient Bergé…pour « couler » Poisson

De son côté Alain Juppé – qui ne se présente pas aux élections législatives – qui s’est engagé, dès le 8 mai, soit au lendemain de la victoire d’Emmanuel Macron, à soutenir les candidats Les Républicains lancés à la conquête du Palais Bourbon a, en revanche, pris ses distances avec la candidature de Jean-Frédéric Poisson, président du parti chrétien démocrate (PCD) qu’il avait d’ailleurs affronté à la primaire. En effet, l’ancien Premier ministre a finalement décidé de soutenir son ancienne protégée Aurore Bergé qui a successivement milité en faveur de François Fillon lors du fratricide congrès de l’UMP en 2012, avant de revenir vers Nicolas Sarkozy en 2014…et enfin Alain Juppé pour la primaire, avant de s’engager pour Emmanuel Macron après la défaite de son champion.

« Nous partageons les mêmes valeurs: amour de la liberté, attention envers les plus fragiles, adaptation de notre économie à la révolution numérique, engagement dans la transition écologique, amour de la France et attachement à l’Union européenne. Elle saura vous représenter à l’Assemblée nationale », a déclaré Alain Juppé, dans un court texte de soutien publié sur Twitter. Un réseau social qui a « de la mémoire », comme en atteste cette photo d’Aurore Bergé, posant tout sourire, avec des tracts… « Votez Poisson » en 2009.