Le Premier ministre soudanais Abdalla Hamdok est rentré chez lui mardi, ont rapporté les médias, dans un contexte d’indignation internationale après l’arrestation de M. Hamdok par l’armée soudanaise lundi et le démantèlement du fragile gouvernement temporaire formé lorsque le pays a émergé de la dictature il y a deux ans.

 

Faits marquants

  • L’armée a permis à M. Hamdok et à sa femme de regagner leur domicile dans la capitale soudanaise de Khartoum, après qu’il a été détenu dans la maison d’un haut responsable militaire, selon l’Associated Press, l’Agence France-Presse et Al Jazeera, qui ont tous cité une source militaire anonyme.
  • Selon l’Associated Press et Al Jazeera, il n’est pas clair si le Premier ministre soudanais est désormais libre de quitter son domicile ou si l’armée a imposé des conditions à sa libération – et les responsables militaires semblent avoir le contrôle au Soudan.
  • Le bureau de M. Hamdok a exhorté l’armée à le libérer dans une déclaration sur Facebook mardi.
  • Plus tôt dans la journée, le général Abdel Fattah al-Burhan, de l’armée soudanaise, aurait déclaré que M. Hamdok avait été placé en détention pour sa propre sécurité.

 

Contexte clé

Lundi, l’armée soudanaise a arrêté M. Hamdok et plusieurs autres fonctionnaires, déclaré l’état d’urgence et démantelé le gouvernement provisoire du Soudan, une mesure qui, selon les dirigeants militaires, visait à éviter une guerre civile. Les manifestants sont ensuite descendus dans la rue, où les militaires auraient abattu certains d’entre eux. Ce coup d’État apparent a perturbé une transition déjà lente vers la démocratie au Soudan, qui a commencé en 2019, lorsque les militaires ont éjecté l’ex-dictateur brutal Omar el-Bashir – qui a dirigé le pays pendant trois décennies – et ont ensuite accepté de remettre le pouvoir à un conseil mixte civil-militaire. Ce conseil a nommé M. Hamdok, un ancien économiste des Nations unies, pour diriger le gouvernement soudanais jusqu’à l’organisation d’élections démocratiques, mais cet accord de partage du pouvoir a failli s’effondrer au cours des derniers mois. Certains alliés de l’armée ont critiqué M. Hamdok pour l’inflation rapide et les graves problèmes économiques du pays, et certains civils ont accusé l’armée de saper l’économie du pays et d’abriter des loyalistes d’el-Bashir, selon le New York Times et la BBC.

 

Critique principale

Le gouvernement Biden a interrompu lundi l’octroi d’une aide économique d’urgence de 700 millions de dollars au Soudan, et le département d’État n’a pas exclu d’imposer des sanctions si l’armée ne libère pas les dirigeants civils et ne rétablit pas le gouvernement provisoire. Les relations entre les États-Unis et le Soudan se sont réchauffées l’année dernière. Les États-Unis ont retiré le Soudan de leur liste d’États soutenant le terrorisme et le Soudan a accepté un paiement de réparation à neuf chiffres pour les attaques terroristes organisées par Al-Qaïda contre les ambassades américaines en Afrique de l’Ouest en 1998 et l’USS Cole en 2000 (Oussama ben Laden a vécu au Soudan dans les années 1990).

 

Tangente

D’autres acteurs internationaux ont également condamné l’arrestation d’Abdalla Hamdok. Les dirigeants de l’Union européenne et de l’Union africaine ont exhorté les militaires à libérer tous les fonctionnaires civils arrêtés.

 

Article traduit de Forbes US – Auteur : Joe Walsh

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