Emmanuel Macron, qui a réussi le tour de force de réunir plus de 12 000 personnes ce samedi pour son premier grand meeting de campagne, a axé l’essentiel de son discours sur les thématiques économiques, « la mère des batailles » à ses yeux.

Au-delà de la forme et d’un candidat galvanisé par la foule concluant son discours dans un niveau sonore qui flirtait avec la limite légale de décibels, l’intervention fleuve (1H45 de laïus exalté) du fondateur d’En Marche! lui a permis de dérouler ses propositions afin « de libérer le pays par le travail », ce qui constitue « le premier socle » de son projet.  L’occasion pour lui de revêtir le costume de « candidat du travail », comme il s’est autoproclamé sur la scène du Hall 6 du Parc des Expositions de la porte de Versailles.

Entreprises

Comme esquissé dans son livre « Révolution », Emmanuel Macron, personnalité favorite des entrepreneurs (46% d’opinions favorables) selon une étude de l’association patronale CroissancePlus, s’est engagé à rendre leur compétitivité aux entreprises, en transformant le crédit d’impôt compétitivité-emploi (Cice) en allègement pérenne de 6 points pour toutes les entreprises (sans distinction). En outre, la durée légale du temps de travail resterait de 35 heures, mais les modalités d’application seraient fixées par des négociations de branches ou d’entreprises. « Passer de 35 à 39 heures n’est pas la réponse », a-t-il notamment déclaré.


Pouvoir d’achat

L’ancien ministre de l’Economie a également réitéré sa volonté de remplacer les cotisations d’assurance chômage et maladie des salariés par une hausse de la contribution sociale généralisée (CSG), à l’assiette plus large, pour augmenter leur pouvoir d’achat. Ce qui reviendrait, selon sa démonstration, à un couple de salariés au Smic de bénéficier de 500 euros nets supplémentaires par an. Comme évoqué en préambule, cette mesure sera financée par une augmentation de 1,7 points de la CSG, mais dont seraient exemptés les chômeurs et les 40% de retraités les plus modestes. « Je demanderai un effort à deux catégories : les revenus du capital et la moitié des retraités les plus aisés pour leurs enfants et leurs petits enfants », a annoncé l’ancien conseiller de François Hollande.

Protection sociale

S’évertuant à prendre le contrepied parfait de François Fillon, le « troisième homme » (derrière donc l’ancien Premier ministre et Marine Le Pen dans les sondages) l’a clamé haut et fort durant son intervention sur scène : aucun soin utile ne sera déremboursé durant toute la durée de son quinquennat. Ce qui aurait pour effet, selon lui, de voir les classes moyennes moins se soigner. Une déclaration d’intentions louable…même si la notion de « soin utile » demeure encore à expliciter.

Fonction publique

Se plaçant, encore une fois, aux antipodes de l’ancien Premier ministre, Emmanuel Macron s’est lancé dans un exercice de « calinothérapie » à l’égard des fonctionnaires. « Nous avons une fonction publique avec une vitalité incroyable, dont nous pouvons être fier mais nous devons la laisser innover ». Celui qui déplore également « que l’on ne cite plus les fonctionnaires uniquement pour savoir le nombre de têtes qu’il faut couper » veut recréer une police de proximité « une bonne idée de Lionel Jospin et de Jean-Pierre Chevènement ». Et de dégainer, l’embauche de 10 000 fonctionnaires de police sur les trois premières années du quinquennat. Mais d’autres propositions devraient suivre « ce n’est que le début de notre programme, il va continuer », a promis l’ancien locataire de Bercy.