Emmanuel Macron garde le cap. Raillé par ses adversaires sur son absence de programme, voire de corpus idéologique, tancé par son ancienne collègue au gouvernement, Christiane Taubira, fustigeant son positionnement progressiste « ni-droite ni-gauche », le fondateur d’En Marche! continue de tracer un chemin qui, selon un sondage Elabe pour Les Echos et Radio Classique publié ce mercredi, le conduirait tout droit vers l’Elysée.

En effet, celui qui était considéré, jusqu’à présent, comme le « troisième homme » de la présidentielle grimpe une marche et se retrouve en position d’accéder au second tour de l’élection, récolant 22 ou 23% des suffrages selon que François Bayrou sera de nouveau candidat ou non. Profitant notamment des déboires de François Fillon, qui perd 5 à 6 points dans cette enquête, l’ancien conseiller de François Hollande retrouverait ainsi Marine Le Pen en finale qu’il battrait à plate couture, (65% vs 35%) pour s’ouvrir les portes de l’Elysée.

Un programme ? Quel programme ?

Un véritable « prodige » pour celui qui a « promis » de lever le voile sur ses propositions en matière économique et fiscale, d’ici « une quinzaine de jours ». Mais le candidat a néanmoins esquissé une ébauche de programme et égrené quelques propositions au micro de France Inter. Désireux de tordre le coup à l’idée selon laquelle il n’aurait pas de programme, l’ancien ministre a dégainé quelques mesures. Savamment distillées.

Concernant le RSA, le fondateur d’En Marche! plaide pour une véritable transformation  du dispositif pour accompagner « le retour à l’activité ». « Aujourd’hui, le lissage n’est pas bon, ce qui fait que quand vous rentrez dans le travail avec un Smic à temps partiel ou un Smic et que vous étiez au RSA, vous n’avez par la prime d’activité, vous n’êtes pas incité forcément à travailler », a-t-il expliqué, estimant que « le gain marginal est trop réduit ». Et de poursuivre. « Ca, on va l’augmenter pour en gros 100 euros par mois pour quelqu’un qui est au Smic », a-t-il ajouté.

Réforme « profonde » de l’ISF

Autre « réforme d’envergure » à venir, selon le candidat, celle de l’impôt sur la fortune (ISF). En effet, l’ancien conseiller de François Hollande souhaite remodeler « en profondeur » ledit impôt en supprimant « la part qui finance l’économie réelle », c’est-à-dire la détention d’entreprise ou d’actions, pour en faire un « impôt sur la rente immobilière ».

En outre, Emmanuel Macron s’est engagé à rendre leur compétitivité aux entreprises, en transformant le crédit d’impôt compétitivité-emploi (CICE) en allègement de charges pérenne pour toutes les entreprises, sans distinction (petites entreprises, indépendants et entreprises de l’économie sociale et solidaires). Il a également rappelé qu’il souhaitait « supprimer la totalité des charges au niveau du Smic », mesure qui avait été prévue dans le cadre du Pacte de responsabilité en 2014.

Statu quo

Concernant « l’arlésienne » des 35 heures, L’ancien locataire de Bercy a rappelé, comme il l’avait fait lors de son meeting du 10 décembre à la porte de Versailles, que la durée légale du temps de travail resterait de 35 heures, mais les modalités d’application seraient fixées par des négociations de branches ou d’entreprises. Sur le front du « statu quo » en matière fiscale, Emmanuel Macron a précisé qu’il maintiendrait l’abattement sur la résidence principale mais également l’exonération sur les œuvres d’art. La suite, au prochain épisode.