Face au conflit du Haut-Karabakh, il semblerait que la Russie manipule ou exploite les ambitions et la logique émotive et religieuse d’Erdogan, afin d’en tirer avantage.

Histoire du conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan


Comme disait le général De Gaulle, vers l’Orient compliqué, je volais avec des idées simples. Le Causase lui, semble l’être plus encore depuis l’éclatement de l’URSS. Se souvenir aussi que cette enclave arménienne du Haut-Karabakh, source du conflit aujourd’hui, a été donnée par Staline à l’Azerbaïdjan en 1921. Staline qui voulait alors s’attirer les bonnes grâces de ce pays producteur de pétrole.

On a aussi un peu oublié qu’après l’éclatement de l’URSS, le référendum de 1991 avait vu le oui à l’indépendance vis-à-vis de l’Azerbaïdjan l’emporter. Cela avait donné naissance à un corps étranger au milieu de pays musulmans. Un peu comme Israël au Moyen-Orient.  Un Haut-Karabakh confronté dès sa naissance à la guerre avec son voisin azéri. Oublié, car un accord de cessez-le-feu fut signé en 1994 à Bichkek. Il ne permit pas de mettre fin au conflit, mais gela la situation.

L’Empire ottoman du Caucase

Tout cela, c’était sans compter le réveil des ambitions du sultan de l’Empire néo-ottoman. Pour ceux qui connaissent la région, rien de plus logique, car dans cette zone qui est une mosaïque de peuples, les populations locales sont aujourd’hui très souvent turcophones et très proches culturellement de la Turquie.

Une Turquie qui a pris conscience que l’Occident, si on oublie quelques menaces verbales, n’entamera aucune action dans cette période très difficile. Un Occident qui a aujourd’hui à gérer des crises sanitaires et économiques, la guerre économique entre les US et la Chine, et enfin les animosités liées aux élections américaines. Une Turquie dont le but est dans un premier temps de fédérer les républiques musulmanes du Caucase, et dans un deuxième temps de « convertir » l’Arménie. Et enfin, pourquoi pas d’avoir un jour des visées expansionnistes en Géorgie afin d’être frontalière avec sa rivale la grande Russie.

Erdogan aurait-il les yeux plus grands que le ventre ?

On se doit d’admettre qu’il a rencontré des succès en Syrie où, à l’exception de la Russie, les Occidentaux lui ont laissé les mains libres. Il en fut de même en Libye, et aussi face à Chypre et à la Grèce.

Un Erdogan aujourd’hui certainement trop prétentieux, car conforté par ses succès qui est tenté de reprendre la main dans le Caucase. Mais c’est là qu’il se trompe, car c’est la Russie de cet excellent joueur d’échecs qu’est Poutine qui a toutes les cartes dans les mains. Un Erdogan qui a trop vite oublié que c’est Poutine qui a imposé un cessez-le-feu entre les parties belligérantes dans le Caucase, comme ce fut aussi Poutine qui imposa un accord entre les parties en Syrie puis en Libye.

Et le jour où il faudra donner une leçon à Erdogan, ce ne sont pas ses partenaires de l’OTAN qui le feront, mais c’est encore la Russie, devenue incontournable dans cette partie du monde. En conclusion, savoir que les Russes comme les Américains sont autosuffisants en pétrole et en gaz, l’Europe, elle, ne l’est pas. Celui qui fera la loi au Moyen-Orient et au Caucase tiendra les Européens et de nombreux pays asiatiques dans sa main. 

Seule inconnue, la position d’Israël très présente en Azerbaïdjan, un pays allié de la Turquie, et aussi un Israël en conflit avec la Turquie sur l’exploitation du gaz et des gazoducs qui passeront entre Israël, Chypre et la Grèce.

LIRE Comprendre la Russie et les Russes : https://www.forbes.fr/business/comprendre-les-russes-pour-reussir-en-russie/