Au cœur de l’entreprise du XXIe siècle, la transformation digitale modifie en permanence les codes des métiers, tous secteurs confondus. Avec l’arrivée imminente d’une nouvelle vague d’innovations, des emplois vont disparaître et bien d’autres seront créés. C’est en anticipant que les entreprises et les actifs feront face aux changements pour entrevoir les métiers de demain.

L’entreprise digitale 3.0 doit se doter de nouvelles compétences si elle souhaite poursuivre son développement. La formation tout au long de la vie est devenue un besoin incontournable, quel que soit le secteur d’activité dans lequel on exerce. Afin que la transformation digitale ne soit pas synonyme de dégradation du travail, les entreprises doivent se doter de conducteurs du changement innovants et pluriels.


Anticiper pour mieux transformer

La diffusion d’une innovation dans une économie provoque la disparition de certains métiers et en fait émerger de nouveaux. La vague digitale qui engloutira de nombreux emplois risque d’être socialement néfaste si elle n’est pas anticipée. Ne pas prévoir les métiers qui vont disparaître, c’est risquer une aggravation du taux de chômage et donc un déséquilibre critique de nos comptes sociaux. C’est dans un contexte plus que tourmenté que sort le livre « Capitalisme et technologie : Les liaisons dangereuses » de l’économiste Pascal de Lima. En pleine crise du Coronavirus, ce livre aborde l’épineuse question de la transformation des métiers. Si le capitalisme industriel et financier a laissé place à un capitalisme technologique, les bienfaits sur l’emploi sont loin d’être gagnés. Pour gagner la bataille du pouvoir d’achat, il faudra d’abord gagner celle de l’emploi et donc s’adapter aux métiers de demain. Si les innovations modernes au sens large peuvent constituer de formidables opportunités, entre nouveaux métiers et enrichissement de certains, il faudra aussi accepter la disparition de certains autres. Mais si l’on ne s’adapte pas, le risque est grand de sombrer dans une forme de totalitarisme technologique générateur d’inégalités et d’instabilité pour nos démocraties. Dans ce projet innovant et optimiste sur la capacité des humains à progresser, chacun pourra s’y retrouver dans son métier et se projeter à 20 ans. L’ouvrage n’hésite pas en revanche à alerter clairement sur les conséquences catastrophiques du refus d’évoluer, des dangers d’un capitalisme englué dans une crise marxiste de surproduction à de graves conséquences sociales.

 

La destruction créatrice

Dans un avenir très proche, la majorité des emplois nécessitera d’avoir une formation au digital. En effet, près de 50% des métiers seront transformés par le numérique, d’autres vont disparaître et on envisage 10 à 20% de nouveaux emplois. « L’intelligence artificielle, les robots conseil ou autres types de robots, les plateformes collaboratives voire même les startups forment un ensemble d’innovations qui transformeront les métiers de trois manières : l’enrichissement de certains métiers ou tâches, l’automatisation de certains métiers ou tâches, et l’organisation du travail ou plutôt la réorganisation du travail », explique Pascal de Lima. Aucun secteur ne va y échapper car ces transformations en cours et à venir sont partout. L’acquisition de compétences par la formation doit désormais être une priorité pour les entreprises. La transformation des métiers est en cours depuis l’avènement du digital, mais le domaine du numérique évoluant constamment, elle ne s’arrêtera pas là. Face à ce constat, il est nécessaire de rappeler que dans le processus schumpetérien de destruction créatrice, il y a bien évidemment un volet création d’emplois qui pourrait être plus important que celui entraînant la disparition des métiers. C’est un exercice très difficile que d’imaginer des métiers qui n’existent pas encore, un exercice qui nécessite de faire preuve d’une imagination prospective importante.

 

Les métiers de demain

Les actifs ne sont pas ou peu conscients des mutations professionnelles actuelles et à venir. Pourtant, les risques de perte d’emploi sont élevés pour un grand nombre de métiers. En cause, la digitalisation massive des entreprises et l’automatisation de leurs tâches. Récemment, le COE (Comité d’Orientation de l’emploi) nous informait que 10% des métiers seront détruits et que 50% seront complètement transformés par l’automatisation dans un avenir proche. De nombreux métiers vont disparaître, très polarisés par l’automatisation. Dans cette catégorie, les taxis, les métiers de la mobilité, les employés de bureau, les commerciaux, les métiers manuels, ou encore les artisans seront compromis. Parmi les fonctions support, à l’image des secrétaires ou des comptables, si certains pourront s’adapter, d’autres devront se former pour se maintenir. À cela s’ajoutent les métiers qui aujourd’hui n’existent pas encore, notamment dans des domaines en pleine expansion comme l’intelligence artificielle, la robotique ou encore la cybersécurité. Parmi les nouveaux métiers, on retrouvera ceux liés à la data et à la protection des données, les Data Scientists, trafic managers ou encore les Chief Data Oficers (CDO). En plus des nouveaux métiers, certains seront amenés à s’enrichir, à l’image des ingénieurs R&D. Les contrats devront être plus attractifs, plus agiles et permettre la création de valeur s’ils veulent perdurer dans un secteur donné. Parmi les métiers qui se verront enrichis par cette nouvelle transformation digitale, on retrouvera des métiers assez routiniers, manuels mais aussi cognitifs où l’expertise pédagogique est nécessaire. Les entrepreneurs indépendants dans les fonctions support « ubérisées » en sont un bon exemple. S’il y a encore quelques années, la disparition ou l’automatisation des postes peu qualifiés était redoutés, tous les corps de métiers sont aujourd’hui concernés. Le monde professionnel est en pleine mutation et subit de plein fouet les changements induits par les nouvelles technologies.

 

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