Selon une étude de l’Insee parue en février 2019, les inégalités de salaires entre les femmes et les hommes se creusent après la naissance d’un enfant. Une mère de famille gagne en moyenne 23% de moins qu’un père. Aujourd’hui, plusieurs facteurs bloquent l’égalité dans l’emploi, mais la parité parentale reste un enjeu majeur. Dans quelles mesures les pères et les mères ont-ils vraiment le choix de s’occuper de leurs enfants ou de sécuriser leur carrière ? Quel rôle les entreprises peuvent-elles jouer sur ces questions d’égalité et de conciliation ?

 


La place des pères dans la société

Jusqu’à présent, les politiques d’égalité professionnelle avaient les femmes comme seules interlocutrices, mais le stéréotype de l’homme carriériste et de la femme prédisposée à se sacrifier pour sa famille n’est plus au goût du jour. L’étude menée par l’Observatoire de la RSE (ORSE) baptisée « Les hommes en entreprise : regards croisés hommes-femmes », révélait l’an dernier que 48 % des hommes ne sont pas satisfaits du temps qu’ils consacrent à leur famille. Ils souhaitent notamment pouvoir bénéficier de congés parentaux et de temps partiels. Ces tendances sont particulièrement fortes chez les 18-30 ans. Ces pères modernes manifestent une réelle volonté de s’impliquer davantage dans l’éducation des enfants et les tâches domestiques, à condition qu’ils ne se sentent pas, comme les femmes, perdants professionnellement. Comment gérer le poids de l’activité professionnelle, des transports, des horaires décalés, la nécessité d’apporter des ressources financières aux ménages et ce, sans freiner sa carrière ? Pour améliorer la parité, mais aussi la qualité du lien parental, un investissement plus équitable est indispensable au sein du foyer. Pour répondre à ce changement sociétal, l’entreprise doit s’adapter en donnant concrètement les moyens aux pères et aux couples de partager leurs responsabilités.

 

Changement des mentalités : le rôle de l’entreprise

L’égalité entre les femmes et les hommes passe par un accès égal aux salaires ainsi qu’aux différents dispositifs de congés familiaux. La réforme du congé parental n’a pas eu les effets escomptés en matière d’égalité et encore très peu de couples choisissent de se partager ces congés. L’entreprise a donc pour mission de les valoriser, de les promouvoir et de les faciliter. La première étape est d’informer les salariés : comment cela fonctionne, quid de la hauteur de l’indemnisation, etc. Mais également de les rassurer en leur garantissant le maintien du salaire et la reprise effective du travail à poste équivalent, offrant bien les mêmes perspectives de carrière qu’avant le congé. Actuellement, la rémunération et l’impact sur la carrière sont les deux principaux critères de renoncement au temps partiel ou au congé parental d’éducation. La perception de l’entourage et du management n’a qu’un poids relatif dans la prise de décision. L’accompagnement des collaborateurs par les ressources humaines est donc prépondérant. L’entreprise doit proposer des solutions pour que pères et mères puissent concilier vie professionnelle et vie familiale tout en continuant d’évoluer professionnellement. La parentalité ne doit plus être synonyme de renoncement à sa carrière ! C’est pourquoi l’Orse sort cette semaine la 2e édition de son guide : Tout savoir sur l’égalité professionnelle (1) pour accompagner les entreprises dans leurs démarches.

 

Plus de flexibilité pour plus d’égalité

L’égalité passera par l’appropriation par les hommes d’une autre organisation du temps. La flexibilité est une notion primordiale, c’est l’un des leviers de l’égalité femmes-hommes. Que ce soit au sein de l’entreprise avec la mise en place de nouvelles formes de travail ou des systèmes d’organisation ou bien au sein du couple, avec la possibilité de repartir les congés parentaux et d’alterner la garde des enfants. Pour favoriser l’équité, il appartient à l’entreprise de revisiter ses processus à l’aune des stéréotypes de genre. Il est temps également d’éradiquer la culture du présentéisme. Performance et parentalité ne sont pas antinomiques, que l’on soit mère ou père. De ce point de vue, hommes et femmes sont parfaitement égaux.

En cette semaine de l’Equal Pay Day, oeuvrons toujours pour faire reculer plus vite ce jour.

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Par Hélène Valade, Présidente de l’Orse

(1) Guide : Tout savoir sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes à télécharger sur www.orse.org à partir du 5 novembre.