Chez Rocket School, ni CV, ni diplômes demandés à l’entrée. Les futurs étudiants sont testés sur leurs soft skills, ou compétences comportementales. En intégrant une promotion, ils reçoivent la promesse de trois mois de formation intensive avant d’intégrer une entreprise en alternance. Labellisé Grande école du numérique, l’établissement forme en business development et growth hacking.

Militaire pendant cinq ans, puis agent de sécurité dans l’hôtellerie de luxe, à 28 ans, Aaron Zenteno  se lance dans un processus de reconversion, pas toujours simple quand on a arrêté l’école en 2nd. Pour Cyril Pierre de Geyer, fondateur de Rocket School, ce jeune homme enthousiaste semble être le profil type de son école atypique. Peut-être parce que comme Aaron, Cyril « n’aimai[t] pas la théorie à l’école ». « J’avais l’appréhension que ce soit très scolaire, poursuit l’ancien militaire, pas du tout, c’est très pratique et c’est ce qui me convient. »


Propulsée en décembre dernier avec une première promotion de 35 élèves, Rocket School, installée dans une rue tranquille du XIIIème arrondissement de Paris, affiche plusieurs promesse : ne pas recruter en fonction des diplômes ou du CV, proposer une formation intensive adaptée aux besoins du marché, offrir une alternance en entreprise pour poursuivre la formation, qui est financée par Pôle emploi ou par les organismes de formation, avec à la clé un équivalent Bac +3 ou Bac +5… et un emploi.  

« Nous voulons les former à un socle de compétences opérationnelles identifiées avec les entreprises partenaires », précise Cyril Pierre de Geyer qui finance pour l’instant la structure de sa poche. Ne pas aimer la théorie, ne veut pas dire ne pas aimer l’école. Sorti d’Epita en 2001, il crée une entreprise de services web avant de lancer une première structure de formation professionnelle, revendue depuis. Embauché par Epitech, il y développe les Executive MBA du groupe Ionis. Mais Cyril Pierre de Geyer veut « faire une école telle qu’il l’imaginait ». C’est en rencontrant la start-up AB Tasty lors d’un rendez-vous au Galion Project qu’il comprend les besoins colossaux d’informaticiens dans les entreprises. « Mais là, c’est un océan rouge. » En effet, le nombre de formations de développeurs et ingénieurs informaticiens sont pléthoriques, des formations « classiques » aux structures plus atypiques comme l’école 42.

Soft Skills

L’ancien d’Epita se positionne : « quand il y a un produit, il faut le vendre ». Il lance ainsi Rocket School dont l’objet est la formation de business développeurs – et à partir de mars, des growth hackers (web marketing).

Pour recruter, le CEO utilise un logiciel pour évaluer les compétences comportementales qu’il attend de ses étudiants, dont la capacité à apprendre à apprendre. « Je veux qu’ils trouvent un job à la sortie ! ils doivent donc savoir s’adapter et apprendre sans cesse » Sur les 2 500 candidatures reçues pour la première promotion, seulement 900 personnes ont répondu au questionnaire. Si le logiciel donne un premier score aux candidats, c’est un humain qui prend la décision, 80 ayant été appelés puis rencontrés.

Les entreprises partenaires, qui cherchent à recruter, proposent des séances de cours très concrètes avec des cours de pitch, des séances de « call », la création de listes de prospects, des séquences de rédaction de courriels… Rien de désintéressé pour ces entreprises, même si les intervenants ne sont bien souvent pas rémunérés. Et du concret pour les étudiants : Aaron Zenteno sait déjà qu’il poursuivra sa formation en alternance chez Openska, l’entreprise de formation en informatique de… Cyril Pierre de Geyer.