Le manager qui prend régulièrement l’avion doit faire face à de nombreux problèmes que l’Ayurvéda peut aider à gérer dans les meilleures conditions[1]. 

Vivre, même quelques heures, dans l’environnement artificiel d’une cabine alimente tôt ou tard un sentiment de fatigue mentale et un vieillissement prématuré. Ce ressenti n’est pas seulement subjectif. Des signes évidents comme les pieds et les mains qui gonflent sont hélas monnaie courante lors d’un voyage en avion. L’intensité des effets dépend bien sûr de prédispositions individuelles comme la condition physique, l’état de santé cardiaque et respiratoire, la qualité du sommeil, la consommation d’alcool et de tabac, le niveau de stress, etc.

Que se passe-t-il vraiment au niveau de la physiologie lors d’un voyage en avion ? A mesure que l’appareil prend de l’altitude, elle doit s’adapter car la pression barométrique et l’oxygène diminuent, d’où des risques d’hypoxie[2] dont les premiers signes apparaissent entre 3000 et 4500 mètres. Bien connus des pilotes, les nombreux effets de l’hypoxie concernent en fait tous les passagers. Le rythme et le débit cardiaque augmentent. Le système nerveux central tente de s’adapter, ce qui crée un peu d’euphorie, mais aussi des troubles du jugement, une perte d’attention et de mémoire pouvant aller jusqu’à une perte de connaissance. Les yeux accommodent avec difficulté, le champ visuel rétrécit, la vision des couleurs est altérée. L’attention et la vision perturbées, il devient difficile de travailler longtemps en cabine. L’acuité auditive diminue aussi à partir de 5000 mètres d’altitude. La température du corps baisse, d’où risques de gelures et d’hypothermie. La teneur en eau chute littéralement, approchant le zéro à 10.000 mètres d’altitude, ce qui provoque une déshydratation, voire des coliques néphrétiques ou encore des problèmes spécifiques pour ceux qui portent de lentilles de contact.

L’effet barométrique dû à la baisse de pression touche plusieurs organes. C’est le cas des oreilles qui peuvent souffrir d’otites barotraumatiques. La tension au niveau du tympan donne la sensation d’oreille bouchée avec bourdonnements et sifflements. Les risques de perforation du tympan ne sont pas nuls non plus. Les sinus sont également touchés, d’où des douleurs au niveau du front et des yeux ainsi que des risques de sinusite barométrique. Autre effet possible, les dents deviennent douloureuses et la pression résiduelle suffisante pour éjecter un plombage. Toujours sous l’effet de la baisse de pression, les parois gastriques et intestinales se dilatent, d’où des ballonnements et des douleurs abdominales qui invitent à éviter toute boisson gazeuse, tous les aliments fermentés ainsi que les ‘chewing gums’.

Pour diminuer ces effets et permettre aux organismes de s’adapter, les pilotes sont invités à prendre de l’altitude de manière progressive car, entre 3500 et 5000 mètres, maux de tête, fatigue, somnolence, perturbations visuelles et perte de coordination sont fréquents. Au-delà, il peut y avoir des palpitations, des signes d’hyperventilation, voire une perte de connaissance. A partir de 5000 mètres, l’appareil est généralement pressurisé. Sur la plupart des jets privés fréquentés par les managers, la pressurisation de la cabine n’existe pas, il est donc conseillé d’utiliser un masque à oxygène. Dans un avion de ligne, le changement d’altitude se produit en quelques minutes avant que la pression de la cabine ne soit stabilisée. L’oxygène est littéralement aspiré hors du cerveau, ce qui crée immédiatement un état aigu de déshydratation de la physiologie dans une atmosphère sèche. A ces nombreux risques, il faut ajouter les risques de contaminations, toujours possibles, ravivés en tous cas par les péripéties récurrentes du virus Ebola qui refait régulièrement la une de l’actualité. Une étude américaine, conduite à l’université d’Auburn, en collaboration avec la Federal Aviation Administration, montre que les bactéries vivant dans un avion peuvent rester en vie et continuer à être contagieuses pendant plus d’une semaine sur les accoudoirs, les pochettes des sièges, les sièges ainsi que les portes des toilettes de tous les vols commerciaux.

Lorsque le corps est soumis de façon répétée à de tels changements d’altitude drastiques, les effets sur la physiologie tendent à devenir chroniques, d’où déshydratation et assèchement de la peau externe. L’assèchement de la lymphe sous-cutanée qui finit par s’installer réduit le débit du système lymphatique, compromettant du même coup la fonction de drainage des toxines et la circulation des globules blancs dans la physiologie. Pour faire face à ces nombreux problèmes liés aux voyages en avion, les spécialistes de l’Ayurvéda formulent plusieurs conseils spécifiques pour en diminuer l’impact. En voici les principaux.

Deux jours avant le départ, il est conseillé de boire abondamment de l’eau chaude conservée dans une bouteille thermos. Consommer par petites gorgées tout au long de la journée entre 1,5 et 2 litres afin de drainer le système lymphatique. Faites pareil pendant tout le vol[3].

Afin de soutenir la capacité du sang à transporter efficacement l’oxygène, il est recommandé de prendre du Shilajit[4]. Les Sherpas qui sillonnent l’Himalaya chargés comme des mules en consomment régulièrement. Le principe actif du Shilajit, l’acide fulvique, est reconnu par la science moderne pour soutenir l’oxygène et le transport de l’énergie. Prendre quelques gélules de Shilajit plusieurs jours avant de voyager.

Respirer l’air recyclé de la cabine n’est pas sain. Une personne enrhumée au fond de l’appareil peut contaminer le manager assis en business class ! Une étude du Journal of Environmental Health Research montre que cet air multiplie par cent le risque d’attraper un rhume. L’exposition à certains microbes ou virus étant inévitable, l’Ayurvéda recommande de renforcer la susceptibilité à l’infection par voie respiratoire, ce qui nécessite un bon fonctionnement des sinus. Or, ce n’est pas le cas en avion. Asséchés par l’air recyclé, les cils de la trachée ne protègent plus contre les agents infectieux. C’est pourquoi il est conseillé de mettre quelques gouttes de Nasya dans chaque narine toutes les heures. De quoi s’agit-il ? Nasya est une huile de sésame contenant des herbes spécialement adaptées à cet usage. On en trouve de qualité biologique sur de nombreux sites en France. Testez-la avant de l’emporter dans votre valise. Si vous trouvez qu’elle pique trop votre cloison nasale, n’hésitez pas à la couper avec de l’huile de sésame nature. Son usage est simple : il suffit d’incliner la tête en arrière et de renifler une goutte d’huile pour qu’elle lubrifie l’ensemble des voies nasales. Bénéfice inattendu : il est possible alors de travailler jusqu’à cinq heures d’affilée sur son portable, ce qui n’est pas possible sans la prise du Nasya.

Afin de soutenir le système nerveux et l’immunité pendant le voyage, il est également conseillé de prendre de l’Ashwagandha, plante aux propriétés adaptogènes. C’est un remède classique pour supporter les voyages fréquents et atténuer le risque d’attraper un rhume. Il est également conseillé de faire un automassage à l’huile de sésame tiède afin de calmer le système nerveux les jours précédant le voyage. En vol, méditez et prenez de fréquents moments de repos. Le repos oculaire étant très important, utilisez un masque pour protéger vos yeux.

Si vous effectuez un vol international chaque mois, cela peut perturber durablement votre santé car l’exposition aux rayons cosmiques de la haute altitude représente l’équivalent du rayonnement d’une radiographie pulmonaire. Pour en diminuer l’impact, l’usage de l’iode est vivement recommandé sur une base régulière (dose de 3 à 6 mg d’iode par jour). Pour cela, il suffit de prendre un complément alimentaire à base d’algues marines, riches en iode

Pendant et après le vol, une étude publiée par le Lancet indique que près de 1 % des voyageurs développent des caillots de sang à cause du confinement en position assise, de la congestion de la lymphe et de la  déshydratation. Il est donc fortement conseillé de se lever et de bouger régulièrement, surtout pendant les longs vols. Un siège côté couloir permet de s’étirer et de bouger plus facilement les jambes et déambuler dans les allées sans toujours gêner ses voisins.

Dans les avions modernes, le niveau de bruit varie de 75 décibels à l’avant de l’appareil à 100 décibels à l’arrière. A titre comparatif, une discothèque émet un niveau de bruit de 100 décibels. L’Institute for Occupational Safety and Health conseille de ne pas subir plus de 88 décibels d’affilée pendant quatre heures. Pour compenser tout impact auditif pendant le vol, l’usage d’un casque réducteur de bruit est vivement conseillé car il diminue le niveau sonore d’environ 40 décibels. Mettre aussi quelques gouttes d’huile Nasya dans les deux oreilles avant le vol afin de renforcer le tympan et d’empêcher qu’il ne s’assèche.

Tout voyage étant naturellement générateur de déséquilibre Vata, il peut en résulter une certaine tendance à la constipation, accentuée par la déshydratation et l’assèchement dus au vol. Mettre quelques filets d’huile d’olive dans votre assiette les jours précédant le vol est une bonne pratique. Dernières recommandations : prendre après chaque repas deux comprimés de Triphala, tonique ayurvédique naturel de l’intestin qui  peut être utilisé sans accoutumance et au réveil deux gélules de Manjistha[5]. Cette plante favorise le flux lymphatique et permet ainsi de diminuer les gonflements pendant le vol. Pensez à porter des vêtements amples et évitez les ceintures.

Bon voyage !

 

 

[1]                              Le problème du décalage horaire sera traité séparément dans un prochain article.

[2]                              Le terme hypoxie désigne la baisse de l’oxygène distribué aux tissus par le sang.

[3]                              Les hôtesses de l’air ont de l’eau chaude à disposition pendant le vol. Elles ne rechignent pas à remplir une bouteille Thermos.

[4]                              Plusieurs sites Internet, y compris Amazon, vendent du Shilajit. Cette substance bitumineuse de l’Hymalaya a de nombreuses vertus reconnues par la science moderne.

[5]                              Cette plante est également disponible dans certaines boutiques ‘bio’ et sur Internet.