En partenariat avec Harris Interactive, Indeed, premier moteur de recherche d’emploi au monde, a analysé la perception des Français sur la place de l’intelligence artificielle dans l’emploi. 

Pour ce qui est des chaines de montage ou des exploitations agricoles, cela fait belle lurette que la machine a remplacé l’homme dans certaines de ses activités manuelles. Mais pour les métiers dits « intellectuels », le processus est plus lent. Et les robots ayant la capacité de réflexion d’un être humain, pour le moment, ce n’est bon que pour 2001 de Kubrick. Néanmoins, l’intelligence artificielle se développe, notamment avec les assistants vocaux comme Siri, Alexa, ou Google Home. Et l’intelligence artificielle pénètre même certains métiers qui paraissaient hermétiques aux robots « penseurs » comme par exemple le journalisme : Toutiao, licorne chinoise avec la plus forte valorisation au monde, a créé un reporter virtuel en intelligence artificielle nommé Xioming chargé de résumer les dépêches sportives des jeux olympiques et des clubs de football européens. Le Xiomingbot comme on l’appelle aurait déjà produit plus de 8000 articles automatisés.

Mais cette intelligence artificielle va-t-elle se faire une place dans le monde du travail sans tomber sur des protestations de la part des employés ? C’est ce qu’a voulu savoir Indeed en ralliant une étude avec Harris interactive sur la façon font les Français perçoivent l’intelligence artificielle.

58 % des actifs français jugent l’IA apte à prendre en charge une part de leur travail.

Ainsi, si les Français estiment majoritairement que l’IA joue aujourd’hui un rôle déterminant dans les entreprises (61 %) et dans la société (57 %), son impact est jugé plus minime dans leur environnement immédiat. Aux yeux des sondés, l’être humain reste difficilement remplaçable par une intelligence artificielle, s’agissant de la gestion interne des entreprises, particulièrement lorsqu’une interaction avec un salarié est nécessaire. 71 % des Français estiment qu’un être humain est toujours plus à même de recruter des salariés compétents qu’une IA. De même, 67 % déclarent que l’évaluation de la qualité du travail d’un salarié au sein d’une entreprise est davantage du ressort d’un être humain que d’une IA.

En revanche, 58 % des actifs français jugent l’IA apte à prendre en charge une part de leur travail. Si ce taux reste inchangé en fonction des catégories socio-professionnelles, il varie fortement selon les générations : 64% des moins de 35 ans ayant appuyé cette opinion contre seulement 48 % pour les plus de 50 ans

Cependant, admettre qu’une IA peut effectuer certaines tâches à la place d’un être humain ne signifie pas pour autant l’accepter. 55 % des actifs sondés ne souhaiteraient confier aucune de leurs tâches à des algorithmes. En outre, s’ils se voyaient offrir le choix, ils seraient plus enclins à confier une part de leur travail actuel à des personnes plus qualifiées (67 %) ou moins qualifiées (64 %)qu’à une IA (58 %).

Autre constat mis en avant par l’étude : le développement de l’IA dans la vie quotidienne des Français n’est pas perçu s comme une évolution positive. Ils voient d’un très mauvais œil l’impact de l’IA sur leur vie privée (60 %), sur la création d’emplois (65 %) et sur la qualité des relations entre les individus (64 %). En outre, le gain de temps induit par le recours à l’IA semble surestimé à la lumière de ces résultats, puisque seulement 42 % des interrogés voient leur temps libre augmenter dans le futur. Peut-être prévoient-ils que les tâches qui seraient nouvellement attribuées à des robots, seraient vite remplacées par de nouvelles missions destinées aux humains…