La fréquence des changements liés à la crise de la COVID 19 a provoqué une instabilité économique et multiplié la mise en place d’un plan d’urgence de renouvellement des savoirs et des stratégies de développement commercial. Il s’agit de faire face à des changements radicaux pour de nombreux salariés, indépendants, entrepreneurs, auto-entrepreneurs et entrer dans une logique de bilan où ils s’interrogent sur ce qu’ils ont appris et développé et leur valeur dans le temps.

 


De la même manière, ils doivent réfléchir sur les formations à envisager dans une logique de prospective professionnelle et de business afin de rebondir au plus vite. La COVID19 a accéléré les modifications et les complexités qui envahissent la vie professionnelle telles que le télétravail, les réunions à distance ainsi que de nouveaux services.

Ils sont confrontés à des réalités et des problèmes de plus en plus pluridisciplinaires, transversaux, multidimensionnels. Plus les entreprises en cette période de crise continuent à se transformer, se réorganiser de manière express, plus le développement de l’apprentissage en continu va devenir le moyen pour acquérir de nouvelles compétences. L’employabilité nous renvoie fondamentalement à la capacité à conserver son emploi ou à en trouver un autre, à posséder les compétences recherchées et être à même de saisir les occasions d’emploi appropriées pour les mettre œuvre. L’employabilité va exiger l’apprentissage du changement, la capacité à identifier et à anticiper un projet professionnel qui potentiellement sera porteur. Le parcours professionnel pour tous sera à présent jalonné de changements : métier, création d’entreprise, formation, reformulation permanente du projet professionnel, périodes d’inactivité, mobilités successives, création de son réseau social et de sa réputation

A présent rien ne sera plus comme avant, les univers de référence s’effritent, les parcours professionnels s’accommodent de plus en plus de projets flous et inachevés. La confusion identitaire est devenue une des composantes de notre évolution au sein d’une société imprévisible. Poussés à développer l’individualité, nous apprenons que vivre notre singularité requiert d’avancer dans des voies plurielles.

Les périodes de profonds changements rapides imposent des « turnover » personnels et sociaux permanents. Nous sommes entrés dans une logique de l’accélération (Rosa, 2012).

Il est devenu de plus en plus difficile de parler du long terme, de ce qui se crée, de ce qui innove autour de l’emploi dans nos sociétés. Ainsi, travailler son employabilité pour éviter le piège du chômage, apprendre à apprendre, entreprendre pour une seconde carrière, se former de manière continue, s’activer, s’insérer, développer son projet va devenir un exercice récurrent et impératif.

En effet, apprendre n’a plus de limites grâce aux nouveaux réseaux, le nombre de données croît de façon exponentielle chaque jour. La contrainte pour les salariés provient davantage de la multitude que de la pénurie d’informations. Le problème devient celui de la gestion de la quantité au travers de nos messageries électroniques et l’accumulation de différents outils de communication.

En effet, le modèle intégré qui permettait à chaque acteur de trouver sa culture d’appartenance, les gammes de comportements adaptés et prescrits n’est plus. Le constat est que la structure sociale se fractionne en une multitude de composantes disjointes. Cette analyse nous amène à penser que la tâche de chacun est de construire le sens de son appartenance, de son intégration et de sa subjectivité. La polyvalence, l’initiative et la responsabilité, jadis spécifiques à certaines catégories de salariés sont désormais attendues de tous.

 

Le rôle de la formation pour maintenir son employabilité

Le défi qui s’impose aux professionnels de la formation continue est donc double aujourd’hui : il s’agit autant d’accompagner individuellement les salariés pour qu’ils prennent eux-mêmes en main leur formation et la gestion de leurs compétences, que d’accompagner des développements stratégiques et technologiques, au niveau collectif, notamment grâce aux outils de gestion des connaissances.

L’apprenant va prendre des décisions sur ses activités, choisir ses ressources. Il devra gérer son temps, son effort et les ressources à sa disposition pour optimiser ses performances. Aujourd’hui, nous sommes face à des individus désenchantés qui sont en train de se construire avec le poids des responsabilités, la souffrance au travail, les charges mentales génératrices d’usure professionnelle et qui doivent sans cesse répondre aux urgences au quotidien (Robin, 2007). De plus, ces prochaines années la formation doit réussir à permettre de réactualiser, prolonger, réorienter les apprentissages, revisiter les connaissances en permanence et ne plus se soucier d’aménager le présent transitionnel mais plutôt anticiper. La raison de s’engager en formation ne sera plus déterminée par un raisonnement de gestion de parcours professionnel ou de recherche d’emploi mais par une démarche exploratoire qui permet d’expérimenter et de prendre conscience de la nécessité de se former de manière continue sans obligation d’obtenir un diplôme.

En conclusion, l’employabilité va s’organiser autour de phases d’ajustement, d’expansion, de remise en question et de nouveau redéploiement. Cette discontinuité va nous amener à développer l’anticipation, de nouvelles qualités professionnelle (Soft skills) pour créer du collectif, du collaboratif à distance , une bonne compréhension du contexte mouvant pour une recherche d’emploi ou une transition professionnelle adaptée, la construction d’un réseau qui doit contribuer à des opportunités, de la flexibilité personnelle pour s’adapter et à conserver un esprit collectif pour partager et échanger les  savoirs au sein d’organisations en devenir.

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