Inseec U est la première business school française à ouvrir un campus à San Francisco pour infuser l’esprit de la Silicon Valley à ses étudiants. Découverte de cet accélérateur au service des futurs entrepreneurs.

Depuis son rachat pour 800 millions d’euros en début d’année 2019 par le fonds anglais Cinven, Inseec U (ex-Groupe Inseec) est devenu la première licorne de l’éducation en France, en rejoignant le groupe des entreprises valorisées autour d’un milliard de dollars.

Si Inseec U n’est pas une start-up au sens littéral, le groupe a pourtant connu une croissance fulgurante. Depuis son rachat par Apax Partners auprès de l’américain Career Education en 2013 pour un peu plus de 200 millions d’euros, le groupe n’en finit plus de grandir. En croissance externe, avec le rachat des écoles du groupe Laureate Education France (EBS, ESCE, ECE, IFG et CEPC) en avril 2016 pour un peu moins de 200 millions d’euros, mais aussi par l’augmentation de ses effectifs étudiants dans la plupart de ses écoles.

Inseec U fait désormais figure d’entreprise française leader dans le domaine de l’éducation privée. Une position stratégique qui n’a pas échappé aux fonds de private equity qui se disputent désormais les plus belles pépites de l’éducation.

Il faut dire que l’enseignement supérieur français a tout pour plaire aux fonds. Attirés par les débouchés prometteurs de ces formations, les étudiants qui s’y ruent sont de plus en plus nombreux. Ils signent pour trois ans au minimum et payent leurs frais de scolarité en début d’année, assurant une trésorerie abondante aux écoles. Le groupe multiplie aussi les formations « aux petits oignons » pour les entreprises et capte la manne de la formation en alternance. Avec une très belle rentabilité à la clé.

« Grâce à Cinven, nous allons afficher de nouvelles ambitions » s’enthousiasme Isabelle Barth, la directrice générale de l’Inseec School of Business & Economics, également responsable de l’animation et de la valorisation de la recherche. Et pour l’ancienne directrice générale de l’EM Strasbourg qui a rejoint le groupe en 1er juillet 2018, celles-ci passent par la Silicon Valley.

Crédit Photo Mehdi Cornilliet – Business Cool

Inseec U a, en effet, ouvert un campus en plein cœur du district financier de San Francisco. « Contrairement à la plupart des autres écoles françaises, nous disposons de notre propre campus, qui vient compléter ceux de Londres et de Shanghai » explique Ron Morris, le directeur de Inseec U San Francisco. Ce plateau, en open space de 800 m2, ne ressemble en rien à un campus « à l’américaine » mais plutôt à un lieu de connexion. « L’idée est de proposer chaque année à 500 étudiants du groupe Inseec, quels que soient leur cursus et leurs formations (commerce, ingénieurs, créatifs, etc.), une plongée dans la Silicon Valley pour leur en infuser l’état d’esprit » assure Marianne Vila, la responsable des programmes. D’ailleurs dès l’entrée des locaux, un panneau affiche les ambitions « Silicon Valley is not a location, it’s a mindset »

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Et pour s’imprégner de l’esprit de la « Valley », elle leur a conçu un programme des plus éclectiques dont les maîtres mots sont ouverture d’esprit et connexion.  « On veut casser les silos », explique-t-elle.

Quelle que que soit la durée du programme, entre 2 et 10 semaines, les étudiants attaquent par une compétition en groupes pluridisciplinaires, un « hackathon » sur les nouvelles mobilités, conçu en partenariat avec le groupe Renault et EDF.

Au programme également des profils ingénieurs, une semaine dédiée à l’Art. Coachés par des mentors designers ou plasticiens, les étudiants disposent d’une structure dédiée en centre-ville, TheShop, pour travailler toutes les matières en impression 3D ou en découpe laser et réaliser des créations sur une thématique. « Cette année, nous avons travaillé sur la notion de frontière » s’enthousiasme Marianne Vila. Pour Christophe Baujault, le directeur de la plus grosse école d’ingénieurs du groupe, l’ECE, « ce programme a vocation à réveiller la créativité  de nos étudiants ».

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Une bonne entrée en matière car les cours dispensés pendant le cursus font la part belle au « design thinking », à l’entrepreneuriat, au “growth hacking” ou encore au “networking”. Et les étudiants sont encouragés à concevoir un projet de start-up. « Nous leur demandons de sortir, de découvrir et d’imaginer un projet qui réponde à un besoin précis », explique le directeur, Ron Morris.

Ils doivent ensuite soumettre leurs projets à l’avis très affûté de spécialistes du monde des start-up comme Andreas Ramos, auteur de dizaines de livres sur le SEO (recherche naturelle sur internet) et conseils de plusieurs start-up, ou John Stoddard, un expert du design thinking qui officie dans YouSpace, une petite entreprise qui travaille sur des nouveaux outils digitaux d’aide à la vente en magasins.

Ryan MacCarrigan, de son côté, leur enseigne le fameux « lean start-up », une approche spécifique du démarrage d’une activité économique et du lancement d’un produit qui repose sur le « Validated Learning » (vérification de la validité des concepts), l’expérimentation scientifique et le design itératif.

Inseec U

Au-delà des cours, la compréhension de l’écosystème de la Valley passe aussi par des conférences, des meet up, la visite d’accélérateurs de start-up comme Hax à San Francisco, PlugandPlay à Sunnyvale, par la découverte de labos de recherches tels que le fameux SRI (Stanford research institute) ou est née notamment l’aide vocale Siri d’Apple ou encore le Citris Institute à l’Université de Berkeley. Sans oublier les « stars » de la Silicon Valley, comme Google, Nvidia ou encore l’imposant Salesforce (éditeur de logiciels de CRM) et ses trois tours gigantesques au cœur de San Francisco qui accueillent ses 15 000 employés.

Inseec U

Inseec U

« Nous activons tous nos réseaux et ceux de nos alumni (anciens élèves) pour ouvrir un maximum de portes à nos étudiants » raconte Ron Morris. Au premier rang desquels figurent quelques personnalités bien connues de la Valley comme Pierre Gaubil, le patron de The Refiners, un fonds de capital investissement qui aide les entreprises françaises à trouver des financements sur place, Alain Labat, le directeur d’Harvest Management, une société de conseil en fusion et acquisition, par ailleurs président du fonds de dotation de l’Inseec ou encore Marion Boiteux, qui travaille au marketing produit chez Facebook.

Car le Campus d’Inseec U se veut aussi et avant tout un lieu de connexion entre les anciens et les nouveaux élèves. « Ron Morris m’a ouvert son précieux carnet d’adresses pour trouver des contacts sur place », confirme Solene Feuillu, diplômée Inseec en 2016, qui travaille désormais comme « Content Strategist » pour des entreprises de la blockchain à San Francisco. Tout un état d’esprit !

Envoyé spécial à San Francisco