Robert Half publie son guide des salaires 2020 : malgré la crise sanitaire, les salaires sont globalement maintenus dans les secteurs concernés par l’étude. Mais l’inquiétude croît quant à la capacité des entreprises de conserver leurs meilleurs talents. 

En bref : 


  • 90 % des cadres dirigeants français interrogés se disent inquiets de voir partir leurs meilleurs salariés. Parmi eux, 39 % craignent que les talents ayant des compétences très recherchées soient chassés par la concurrence et qu’il devienne plus difficile de les retenir en l’absence de marges de manœuvre suffisantes.
  • La pandémie transforme les programmes d’avantages offerts aux salariés, près des deux tiers des dirigeants (62 %) proposant désormais de nouveaux avantages.
  • Face à la popularité croissante des horaires flexibles, 70 % des cadres dirigeants comptent autoriser le télétravail à plus long terme.

Quelles vont être les répercussions de la crise sur les rémunérations des métiers de la finance, de l’IT, des RH, du juridique, et de “l’assistanat spécialisé” ? Le cabinet international de recrutement spécialisé Robert Half s’est penché sur la question et publie aujourd’hui le nouvel opus de son guide des salaires. Si les rémunérations devraient être maintenues en 2021 à leur niveau de 2020, “les marges de manœuvre se réduisent dans un contexte d’incertitude persistant, explique-t-on du côté du cabinet. Pour fidéliser leurs salariés, les entreprises se tournent désormais vers de nouveaux avantages et une flexibilité accrue, notamment sur le télétravail.”

Salaires et primes se maintiennent face à la pandémie

Même en cette période de hausse du chômage, l’étude de Robert Half révèle que plus de trois quart des entreprises françaises (76 %) proposent des rémunérations équivalentes ou supérieures à celles de la période pré-pandémie. Parmi les cadres dirigeants interrogés, 4 sur 10 (43 %) affirment que les salaires ont été maintenus au même niveau depuis le début de la pandémie de COVID-19, et un tiers (33 %) constate une augmentation de la rémunération de base. La majorité des cadres dirigeants (57 %) estime que les salaires resteront stables en 2021, 24 % pensent qu’ils seront revus à la hausse.

De même, les primes sont encore, en grande majorité, versées cette année. Plus de la moitié des cadres dirigeants interrogés (59 %) disent verser des primes d’un montant équivalent ou supérieur à celles de la période pré-COVID-19, tandis que 34 % offrent des primes moins élevées que l’année dernière.

Autre fait notable, le travail à distance exerce un impact plus important qu’auparavant sur le niveau de salaire des nouvelles recrues : les entreprises déclarent désormais évaluer la rémunération qu’elles proposent en fonction soit de leur emplacement géographique (26 %), soit de celui du candidat (34 %), soit d’une combinaison des deux (37 %).

La capacité à retenir les talents, source d’inquiétude grandissante

Les employeurs se disent néanmoins confrontés à une liste de préoccupations sans cesse croissante. Ils redoutent notamment de voir partir leurs employés les plus performants, plus que jamais indispensables à l’entreprise dans le contexte de crise. Parmi les 300 cadres dirigeants interrogés, une écrasante majorité (90 %) se dit inquiète que leur entreprise ne soit pas capable de retenir ses meilleurs employés ; plus de la moitié des sondés (53 %) se disant même « très inquiets ». Signe d’une incertitude grandissante et de marges de manœuvres se réduisant, 39 % des dirigeants évoquent la crainte de voir leurs concurrents chasser leurs talents ayant des compétences rares et recherchées.

“De nombreux salariés ont fait des heures supplémentaires et assumé davantage de responsabilités pendant la pandémie, analyse Olivier Gélis, District Director de Robert Half France. Ils ont acquis de nouvelles compétences et tiré parti des derniers mois pour réévaluer leurs priorités de carrière. Ils sont aujourd’hui plus informés que jamais de ce que valent leurs compétences sur le marché du travail et des tendances actuelles en termes de rémunération. Pour espérer les retenir ou les recruter, les employeurs ont intérêt à suivre régulièrement les tendances de salaires, être en mesure d’agir rapidement et savoir négocier efficacement.”