Dans quelle dimension se place le sens au travail pour chacun ? » Une récente étude réalisée par le cabinet Deloitte avec Viadeo, « sens au travail ou sens interdit », tente de répondre à cette question essentielle du sens au travail. 87% des personnes interrogées accordent de l’importance au sens au travail, et 54% considèrent que le sens a guidé leur orientation professionnelle. Rien d’étonnant alors à ce que la quête de sens et le rejet des « jobs à la cons » soit de plus en plus prégnante pour les salariés. Mais que met-on derrière « le sens » ?

« Que vous évoque la notion de sens au travail ? » Par cette question, l’étude « sens au travail ou sens interdit », réalisée par le cabinet Deloitte et Viadeo tente de comprendre un phénomène qui prend de l’ampleur. Au cours des six derniers mois, huit salariés sur dix ont abordé le sujet, et 87% des personnes interrogées (peu importe l’âge ou la fonction) accordent de l’importance au sens au travail. A l’heure où les premiers de la classe fuient les « bullshits jobs » (ou « jobs à la cons »), que met-on derrière cette notion ? Respect des valeurs, utilité du travail, éthique, compréhension des missions, contribution à quelque chose de plus grand que soi… sont parmi les réponses les plus fréquentes.

« Cette première question permet de plonger dans mes représentations individuelles », indique l’étude : « la notion de sens au travail est complexe, subjective et non consensuelle. » Pour 30% des répondants, le sujet est plutôt individuel, mais pour 49% il s’agit d’une problématique collective (un pourcentage qui grimpe sans surprise à 54% chez les cadres dirigeants). Derrière le sens au travail, il y a donc à la fois une question d’organisation des missions, mais aussi de contribution globale, en tant qu’individu faisant partie d’un ensemble plus global qu’est l’entreprise.

Pour 54% des personnes interrogées, la quête de sens a même « guidé leur choix de métier » (allant jusqu’à 65% pour les cadres dirigeants). Mais à quoi est relié ce « sens » ? 2% au produit, 5% au secteur d’activité, 12% au métier, 26% au travail en équipe, 26% aux valeurs de l’organisation, et 29% à l’activité réelle quotidienne.

Le travail a-t-il le sens que je lui donne

Le travail a-t-il le sens que je lui donne ? Vous avez quatre heures.

Et les réponses semblent aussi cohérentes que l’opposition frontale d’une thèse et d’une antithèse. L’étude cherche à savoir qui insuffle le sens au travail. Si 49% des personnes interrogées considèrent qu’il s’agit d’une problématique collective, dans le détail, les choses sont plus subtiles. Ainsi, pour 85% des répondants (37% plutôt d’accord et 48% tout à fait d’accord), « le travail a le sens que je lui donne ». Mais le sens au travail doit être donné par le manager, pour 63% d’entre eux (45% plutôt d’accord et 18% tout à fait d’accord). Une contradiction qui montre que les salariés sont à la fois en attente d’un cap à suivre – donné par la direction ou le management – et une cohérence plus personnelle avec ses aspirations. Et il est intéressant de voir que globalement, le sens au travail n’est pas considéré comme un sujet RH.

Le travail a-t-il vraiment un sens, s’inquiète l’étude qui répond par trois catégories complémentaires et contradictoires : l’être (être remercié, résoudre un conflit), avoir (rémunération, promotion) et faire (tenir un délai, apprendre, montrer à un collègue, vérifier…). Dans les réponses, note l’étude, on retrouve ces trois dimensions : « la fierté du travail bien fait, le possibilité de subvenir à ses besoins, entendus au sens matériel et économique, mais probablement aussi de liens sociaux, et l’être qui permet l’épanouissement. »