L’intelligence artificielle pourrait permettre aux entreprises d’augmenter leur chiffre d’affaires de 38% et leurs effectifs de 10% d’ici 2022, selon une étude réalisée par Accenture. Mais pour cela, les organisations doivent mieux se préparer et préparer leurs collaborateurs aux interactions homme-machine.

Intelligence artificielle (IA) et travail, c’est un peu le débat sans fin. L’IA sera-t-elle destructrice ou productrice d’emplois ? L’IA remplacera-t-elle l’humain, ou l’humain aura-t-il, à temps, la bonne idée de s’adapter à la machine et d’anticiper la transformation des métiers ? Parce qu’on ne sait pas encore ce que permettra l’IA, parce que les entreprises n’ont pas encore pris la mesure des changements à venir, les études sur l’intelligence artificielle et le monde de l’entreprise se succèdent. Si la plupart prédisent une destruction massive des emplois, comme ce récent rapport réalisé par le cabinet McKinsey selon lequel entre 400 à 800 millions de personnes pourraient voir leur emploi remis en cause dans le monde d’ici à 2030, une nouvelle étude menée par l’entreprise de conseil Accenture, va à l’encontre de ces anticipations pessimistes.


Une augmentation de 38% du chiffre d’affaires et de 10% des effectifs d’ici à 2022. Grâce à l’intelligence artificielle. C’est une projection. Accenture a analysé l’attitude et le niveau de préparation de 1 200 dirigeants et de 14 000 employés de 11 pays sur le thème de la collaboration homme-machine intelligente.

L’IA comme moyen de se différencier

« Sommes-nous dans une vague destructrice d’emplois ou de nouveaux métiers vont-ils apparaître ? », s’interroge Fabrice Asvazadourian, directeur exécutif d’Accenture Strategy qui prend l’exemple du maréchal-ferrant pour montrer que si ce métier a peu à peu disparu, d’autres, comme les métiers du tourisme ont explosé, grâce à la démocratisation de la voiture individuelle. « L’étude fait suite au sommet de Davos de 2017 où nous avions réfléchit à la transformation digitale des entreprises. Nous constatons que le frein n’est pas la technologie, mais la capacité des dirigeants à embarquer leurs collaborateurs dans cette transformation. »

Sur les 1 200 cadres interrogés, 72% pensent que l’intelligence artificielle permet à l’entreprise de se différencier. Et 61% que le nombre d’emplois nécessaires à la collaboration homme-machine va augmenter. Pourtant, seuls 3% des dirigeants prévoient une augmentation significative de leurs investissements dans le secteur.

Comment expliquer un tel écueil ? « L’intelligence artificielle permet d’aller chercher des données  qui n’existaient pas jusqu’à présent », explique le directeur exécutif d’Accenture strategy. Pour exemple, il présente le cas des casinos : des caméras enregistrent des milliers de parties présentées ensuite à une IA qui, après analyse, détectera le moment précis avant lequel un joueur sera sur le point de quitter une table. En temps réel, le casino pourra être informé et agir en fonction pour que le joueur reste et continue à jouer. « Le traitement en temps réel, et donc la transformation de ce que l’entreprise peut modifier » est la clé, selon Fabrice Asvazadourian.

Nouveaux territoires

« Aujourd’hui, les progrès provoqués par l’intelligence artificielle nous permettent de voir que l’IA pourra remplacer l’homme sur des tâches répétitives, mais nous ne voyons pas encore la création de nouveaux territoires », ajoute Fabrice Asvazadourian. Des nouveaux territoires que les salariés anticipent. Sur les 14 000 employés interrogés, 69% pensent qu’il faut acquérir des compétences nouvelles pour travailler avec l’intelligence artificielle.   

« Les dirigeants sont conscients de l’impact de l’IA,, et voient que leurs collaborateurs en ont également conscience », a constaté le directeur exécutif. « Ils n’ont donc pas d’autre choix que d’être accompagnés et d’accompagner leurs collaborateurs, non pas pour ne pas voir disparaître des tâches, mais pour les réorienter vers plus de créativité. » Pour lui, le monde de l’entreprise est face à une « transformation culturelle massive ».