L’heure est à l’optimisme dans les bureaux des entreprises françaises. Plus précisément, le nombre de salariés déclarant leur travail physiquement et nerveusement fatigant est en baisse : 45 %, contre 54 % en 2009.

Pour la 8ème année consécutive, Malakoff Médéric réalise une étude sur l’état de santé des travailleurs français (conduite entre mars et avril 2016 auprès d’un échantillon de 3500 salariés du secteur privé). Cette année, il est question de conditions de travail qui s’améliorent et de salariés moins fatigués, physiquement et nerveusement (respectivement 45 %, contre 54 en 2009, et 67%, contre 72 % en 2009).

Non seulement la fatigue a diminué mais les gestes répétitifs également, 31 % des salariés déclarent en effectuer, contre 39 % en 2009. Moins de salariés sont obligés de rester debout ou dans une posture pénible (29 %, contre 34 % en 2009). On remarque cette même baisse en ce qui concerne les charges lourdes (14 %, contre 20 % en 2009), les machines potentiellement dangereuses (22 %, contre 31 % en 2009) et la présence de produits toxiques ou de poussières dans leur environnement de travail (30 %, contre 39 % en 2009). Même si ces chiffres baissent, la santé des salariés a un impact sur l’absentéisme en entreprise. Les salariés déclarant une maladie chronique (20 % des personnes interrogées) sont 53 % plus nombreux à être absents que la moyenne des salariés. Un sommeil de mauvaise qualité (c’est le cas pour 29 % des salariés) augmente de 33 % le risque d’être absent. Au contraire, ceux qui déclarent faire du sport au moins une fois par semaine (38 % des salariés interrogés) sont 6 % moins nombreux que la moyenne à être absents pour raison de maladie.

Mais, si les changements physiques se font sentir, le rythme de travail n’en est pas moins prenant : 42 % des salariés estiment que leur rythme de travail s’est accéléré, et 46 % estiment ne pas pouvoir travailler au même rythme dans 10 ans. Ce qui oblige les salariés à travailler beaucoup plus vite, 67 % des salariés déclarent devoir travailler très vite ou très intensément, et par conséquent être stressé, c’est le cas pour 43 % d’entre eux (ils étaient un peu plus nombreux en 2009, 46 %).

Des changements au travail

Le monde du travail évolue : transformation digitale, essor de l’auto-entrepreneuriat, carrières multiples…  Et les salariés aussi, notamment son rapport au travail. Une étude américaine faisait état de 66 % des personnes sondées prêtes à quitter leur emploi si elles ne se sentaient pas appréciées. Ici, c’est 4 personnes sur 10 qui souffrent d’un manque de reconnaissance. Sur les 3500 salariés interrogés par Malakoff Médéric, un peu plus de la moitié a vécu au moins un événement, une restructuration ou une réorganisation dans l’année, 55% pour être exact (+ 19 points par rapport à 2009). Même si 92 % d’entre eux déclarent s’adapter, un certain nombre d’entre eux éprouvent encore des difficultés et 36 % des salariés ont du mal à concilier vie professionnelle et vie personnelle. Ce qui a pour conséquence de flouter la frontière entre les deux. Ainsi, le télétravail, le travail nomade ou les nouveaux open space ont changé la donne en proposant une meilleure optimisation du travail, plus d’autonomie et de flexibilité. En contre-partie, certains salariés ne savent pas établir de limites : 24 % déclarent travailler de plus en plus souvent chez eux en dehors des heures de travail. Un peu moins de la moitié des cadres, 48 %, consultent leurs mails pro en dehors des heures de travail.