En France, un essai clinique sur 800 patients atteins du coronavirus – dans un état sévère – dans les CHU de Nantes, Lyon et Paris vient de démarrer. Des tests qui relancent également l’espoir d’un vaccin, avec l’Institut Pasteur qui vient de recevoir un financement de 4,3 millions d’euros. Une course contre la montre qui ne doit pas brûler toutes les étapes. Explications.

 

Alors que 372 décès sont comptabilisés en France depuis le début de l’épidémie, dont 108 supplémentaires en 24 heures jeudi dernier, on ne dispose toujours d’aucun vaccin ou de traitement ciblé. Pour autant, le secteur de la recherche tourne à plein régime, avec plus d’une vingtaine d’études enregistrées sur le site ClinicalTrials.gov. Hier sur le plateau de Quotidien, le journaliste Yann Barthès interrogeait Nicolas Manel, virologue et directeur de recherche de l’Institut Curie, sur la vraie raison de la dangerosité du Covid 19. Un entretien où le chercheur a expliqué que si les causes sont multiples, la principale tenait dans le fait « qu’il est émergent », comprendre qu’il n’y a « pas d’immunité mémoire à ce virus » puisque personne n’y a été exposé jusqu’à ce 8 décembre 2019 où la Chine déclarait son premier cas de coronavirus à l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé).

 

La complexité à fabriquer un vaccin s’explique par la nécessité de s’approprier ce virus dont ne connaissait rien si ce n’est sa parenté avec le SRAS, a précisé Nicolas Manel : « On connaissait la famille des coronavirus avec parmi ses déclinaisons, les Bétacoronavirus, qui est celui du  SRAS ( 2003)  auquel le Covid 2019 est très apparenté » et d’ajouter  « mais ils n’ont que 20  % de points vraiment similaires, ce qui n’est pas assez pour faire un vaccin. Il faut qu’on ait accès au virus tel qu’il est.». Le scientifique se veut néanmoins rassurant sur l’évolution des recherches même s’il rappelle que les étapes ne peuvent pas être brûlées concernant un médicament qui doit être testé dans de bonnes conditions : « On connait désormais le virus donc on sait le produire et le caractériser. On entre dans la phase du processus de recherche et industriel pour aller fabriquer des vaccins, mais le temps de fabrication passe par des étapes assez longues de vérification, voir si le vaccin est sans danger pour l’homme et compter le temps d’essai clinique pour vérifier son efficacité. ». Un temps qui peut prendre « des mois, voire quelques années… ». La communauté scientifique parle d’une durée entre 12 et 18 mois.

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