Depuis quelques années déjà, le design thinking a pris une telle ampleur en France que beaucoup affirment en faire pour paraître innovants et à l’écoute de leurs clients. Surfer sur la vague du design thinking est une chose, mais en faire afin de résoudre les vrais problèmes de vos clients ou salariés, en est une autre et demande un mindset et une méthodologie particulière. Vous souhaitez vraiment faire du design thinking ? Alors lisez ces 9 erreurs à éviter pour réussir à assimiler au mieux l’esprit design thinking.

 

1 – Vous n’avez pas de designer dans vos équipes

Qui dit design thinking dit forcément designer ! Pour rappel, le design thinking s’inspire des méthodologies de design pour permettre de répondre à une problématique donnée en étant user-centric. Le designer doit avoir un rôle principal et doit, avant toute chose, être intégré pleinement dans l’équipe projet afin de diffuser cet état d’esprit !

 

2 – Vous zappez la phase empathie

“Observer et comprendre” : voilà les maîtres mots de la phase d’empathie inhérente à la méthodologie design thinking. Impossible de passer par-dessus et de foncer sur la phase d’idéation en prétextant avoir assez d’infos quantitatives – les données marketing restent une bonne source d’informations mais ne font pas tout. Observation et immersion doivent prendre le pas sur le quantitatif : faites davantage confiance en l’humain en plus de vos algorithmes et KPIs. C’est par cette vision profondément qualitative et empathique qu’il vous sera possible de comprendre ce dont a besoin l’utilisateur lui-même, plutôt que de répondre aux attentes de vos chefs. Faites primer le fond du problème sur l’hypothèse d’une idée.

 

3 – Vous partez d’une idée et non pas d’un problème

En effet, le design thinking ne cherche pas à infirmer ou confirmer une idée, mais plutôt à se poser la vraie question : « Pourquoi ? ». On a en effet tendance à confondre design thinking et lean start-up, le premier impliquant davantage une méthodologie globale et qualitative pour répondre à un problème, le second faisant primer une méthodologie qui permet de partir d’une première version d’une solution (MVP) pour vérifier une idée et valider le marché. Si toutefois cette dernière méthodologie tend à davantage répondre à vos attentes, tournez-vous donc vers le lean-start-up.

 

4 – Vous ne recadrez pas le problème

C’est l’arbre qui cache la forêt : un problème peut en cacher un autre selon le point de vue que l’on adopte. Le point de vue que l’on adopte est donc primordial pour répondre à un problème donné. Il vous faudra vous poser la bonne question pour répondre à votre enjeu, plutôt que d’affronter de façon non visée votre problème. La phase d’empathie sera on ne peut plus essentielle pour recadrez votre problème et être user-centric.

 

5 – Le facilitateur des ateliers d’idéation est un expert du sujet ou un sponsor

Cela va de soi, comme un juge ne peut être partial lors des assises, le facilitateur des ateliers ne doit pas être trop impliqué dans le sujet pour ne pas biaiser les pistes d’idéation. Être expert ou sponsor reviendrait éventuellement à corrompre la pureté et la neutralité d’une phase de brainstorming par exemple, en guidant le sujet de façon consciente ou inconsciente malgré les pistes des participants.

 

6 – Vous n’avez pas d’équipe multidisciplinaire

Il faut pouvoir aborder toutes les facettes d’un problème pour viser juste et y répondre avec efficacité. Il est donc nécessaire de vous armer d’une équipe pluridisciplinaire capable de mêler des compétences diverses, aussi bien en amont qu’en aval du projet. N’oublions pas que celui-ci se doit de mêler trois aspects : désirabilité, faisabilité et viabilité. Impossible donc de rester mono-spécialisé. Pour les ateliers de priorisation d’un sujet IT par exemple, il vous faudra mêler aussi bien sponsors qu’architectes IT et chefs de projets.

 

7 – Vous n’acculturez pas vos salariés

A l’instar de la transformation numérique débutée dans les années 2000, celle-ci a nécessité un changement profond de culture de part et d’autre de l’entreprise : de la direction au salariat. Si un salarié détonne, alors c’est toute l’organisation qui chantera faux. Le design thinking va aussi dans ce sens : c’est bien plus qu’une méthodologie, c’est un esprit que tous les membres d’une organisation doivent adopter.

 

8 –  Votre COMEX n’est pas impliqué

Tout est également une affaire d’expérience : il est ainsi nécessaire de faire passer votre entreprise au mode « design driven » en imprégnant vos produits, vos services, votre organisation d’un sens essentiel aux attentes des utilisateurs : une expérience profonde et non pas fonctionnelle. Mais ceci est aussi une affaire de COMEX.

 

9 – Vous commencez par des projets trop complexes

Enfin et surtout : n’ayez pas les yeux plus gros que le ventre ! Commencez petit, commencez modestement, commencez avec facilité de telle sorte à prouver, pour vous-mêmes et pour toute votre organisation, que la méthodologie design thinking fonctionne bel et bien. Soyez donc patient, car comme le disait Confucius : « Une petite impatience ruine un grand projet ».

Au final, vous l’avez deviné, faire du design thinking, c’est avant tout embrasser et diffuser un mindset qui sera ensuite partagé par toute votre entreprise. L’important est aussi de tester, d’itérer et d’apprendre sans cesse, sans jamais s’impatienter.