Elle impressionne autant qu’elle inspire. Beyoncé, 37 ans et une vingtaine d’années de carrière derrière elle, vient de sortir son film “Homecoming” sur Netflix. Première femme noire à être en tête d’affiche du célèbre festival Coachella, le film est une véritable ode à la culture afro-américaine, culture qu’il tient à cœur à l’artiste de partager au plus grand nombre. 

Dès les premières minutes, l’atmosphère qui se dégage est impressionnante. Tout est absolument carré, calculé au millimètre près, rien n’a échappé à Queen B pour que ce live soit grandiose. Sur une pyramide, une fanfare choisie par Beyoncé, tout droit venue de l’historique Black College and University créée après la guerre de sécession afin que les étudiants noirs interdits dans les universités puissent être scolarisés. 


Pendant 4 mois d’entraînement et deux soirées live, Beyoncé propose à ces jeunes talents de faire partie d’une grande famille, une sororité incroyable qu’ils n’oublieront jamais de leur vie. Et c’est là que l’artiste impressionne. 

Tout au long du film, on peut voir Beyoncé superviser les répétitions, faire en sorte que les danseurs soient coordonnés, et écouter religieusement l’orchestre qu’elle a monté. Un travail titanesque que la jeune femme dirige d’une main de maître. Au travers des images, on comprend l’importance du management dans ce projet et le talent qu’a cette femme pour le faire. 

“Ils peuvent rester jusque 20h ?”

Là où les gens seraient un peu réticents quant à l’idée de rester tard pour travailler encore plus, les équipes de Madame Carter, elles, acceptent volontiers. Pourquoi ? Parce que Beyoncé leur donne un projet qui a du sens. Plus qu’un live, ce show est un show qu’ils doivent s’approprier. Pendant les répétitions, pas de jugement, tout le monde s’exprime librement et se soutient comme dans une vraie fraternité. 

Le but n’est pas de créer une performance pour servir l’image de Beyoncé, le but est de mettre en avant un peuple trop souvent stigmatisé par le passé. Chacun est le reflet de la personne qui sera derrière son ordinateur ou spectateur à Coachella. Chacun est un “role model” à sa manière pour cette future génération d’afro-américain que Beyoncé défend. 

C’est là toute la force du management de Beyoncé : le sentiment d’appartenance. Chaque personne qui fait partie de sa troupe est une famille, chacun est traité comme un être spécial, qui apporte quelque chose au groupe. Les images parlent d’elles-mêmes, nous avons l’impression de voir des bouts de vidéos de famille plutôt qu’un film documentaire. 

Le sentiment d’appartenance, c’est peut-être ce qu’il manque cruellement à certains grands groupes. Traiter les gens comme des numéros ou des employés lambda freine toute productivité. La fierté aussi est importante, celle d’appartenir à un groupe, celle de porter un projet tel que celui-là. Le message de Beyoncé est clair, elle le martèle dans ses chansons depuis des années et continue avec ce documentaire, elle veut que partout les gens ressentent l’énergie de ce qu’elle a créé, se sentent fort et surtout qu’ils peuvent devenir ce qu’ils veulent être sans se soucier de leur taille, leur genre ou leur ethnie. Même s’il est assez étrange de comparer le fonctionnement d’une entreprise à “Homecoming”, on ne peut que constater que la stratégie de Beyoncé a porté ses fruits après avoir vu le live. La “Beyoncé Alpha Knowles” fonctionne et donne une grande leçon de management à ceux qui n’osent toujours pas vivre avec leur temps. 

 

Homecoming de Beyoncé est disponible sur la plateforme Netflix.