Au fil des dernières années, de nouveaux modes de travail sont apparus qui correspondent à la fois à une volonté de rompre avec l’organisation traditionnelle professionnelle de l’entreprise, mais aussi à un besoin d’autonomie des salariés. Aujourd’hui 430 000 professionnels ont choisi de mettre leurs compétences à disposition de plusieurs employeurs : le temps de travail partagé. A l’occasion de la publication en février du baromètre 2019 du Travail à temps Partagé *, David Bibard fondateur du Portail du Temps Partagé nous éclaire sur cette nouvelle forme de pluractivité.

Le temps de travail partagé « c’est d’abord un état d’esprit » nous confie David Bibard, qui après quinze années passées dans un « grand groupe » comme contrôleur de gestion, a voulu se sentir plus « utile » que lorsqu’il était parmi 800 contrôleurs de gestion et qu’il avait l’impression « d’être compartimenté et annihilé par la machine ». Le temps de travail partagé a été pour lui l’occasion de mettre son expérience au service de PME dont il apprécie être en contact «  direct avec tous, du personnel au patron. »

Le temps de travail partagé, un terme juridique ?

Ce n’est pas un statut juridique, mais autant de types de situations et donc de cadres juridiques différents qui peuvent se résumer par l’envie de travailler avec plusieurs entreprises (TPE, PME). Avec trois formes récurrentes de relation entre l’entreprise et le professionnel :

Le salariat contractuel classique en temps partiel, la prestation de service avec des sociétés de temps partagé (relations fournisseurs-clients) et le groupement d’employeurs qui embauche des professionnels à disposition des entreprises adhérentes. Avec pour trait commun l’envie de proposer aux entreprises « un accompagnement partiel mais dans la durée, par une expérience acquise dans une précédente carrière (à temps plein) en entreprises. » nous explique David Bibard. Des professionnels aguerris qui souhaitent conserver ce mode de travail (95%) et dont la flexibilité (27%) et l’expertise plus pointue (25%) attirent de plus en plus les entreprises. Elles « n’ont pas toutes les moyens financiers ni les besoins professionnels d’une ressource à temps plein mais privilégient l’expérience ». précise-t-il.

Le temps de travail partagé, pour qui ?

Pour celles et ceux qui souhaitent une autonomie professionnelle tout en s’adaptant aux nouveau enjeux du marché économique, le « temps de travail partagé » concilie flexibilité et expérience. Un système « agile » qui s’étend désormais sur «  l’ensemble du territoire national et des secteurs d’activité » mais qui rencontre néanmoins certaines limites : « travailler en temps partagé requiert des qualités d’organisation mais aussi un goût pour le contact « parce que si on s’extrait du profil d’une personne qui a l’habitude de sortir (after work), qui entretient son réseau et qui anticipe sur la recherche de clients pour les années à venir, ce n’est pas adapté à tout le monde » appelle David Bibard. Et encore moins aux structures de recherche à l’emploi qui propose aucune annonce adaptée. Sans oublier la sécurité financière « malmenée » en première année de prospection. Un frein financier pour se lancer dans l’aventure.

Le temps de travail partagé s’inscrit dans un cercle vertueux

Pour permettre à un plus grand nombre de sauter le pas, « il faut créer un cercle vertueux. » martèle le fondateur du « portail du Temps Partagé, « ce portail assure la promotion de ce mode de travail, mais il offre également un outil de communication à partager entre professionnels ». Avec pour objectif à moyen terme, la création d’une agence d’offres d’emploi de temps partagé. A suivre de près…

*Baromètre 2019 du Travail à temps Partagé