La transformation « digitale », les entreprises n’y coupent pas. Plus ou moins difficile à infuser, cette transformation doit être menée « par les bonnes personnes, dans le bon contexte et avec les bons outils », selon Erwan Paccard, directeur marketing et stratégie chez AppDynamics, société d’analyse des performances des applications en entreprise. Cette filiale de Cisco publie une étude sur l’impact de ce qu’elle appelle les « agents de transformation » sur l’agilité de l’entreprise.

87% des professionnels de l’informatique pensent que leur organisation est en retard par rapport à l’équipe informatique la plus avancée ou innovante de leur pays. L’herbe est toujours plus verte ailleurs… La société d’analyse des performances des applications en entreprise AppDynamics, filiale de Cisco, a réalisé une étude sur l’impact de ce qu’elle appelle « les agents de transformation » sur la transformation digitale et l’agilité des entreprises. Résultat, les professionnels du secteurs considèrent que les autres entreprises font mieux : 41% des personnes interrogées* pensent même  que le retard pris est de plus de cinq ans. Une éternité dans le monde des nouvelles technologies.


« Cette étude a été menée pour mieux comprendre le client, mais aussi pour montrer qu’installer les bons outils pour mener la transformation digitale n’est pas suffisant », indique Erwan Paccard, directeur marketing et stratégique chez AppDynamics. « Pour qu’une transformation fonctionne, il faut les bons outils, dans le bon contexte, et avec les bonnes personnes pour la mener. » Ce que la filiale de Cisco nomme les « agents de transformation ». « Un profil curieux, entreprenant, ouvert, qui a soif de sens et d’objectifs ainsi qu’une passion pour le travail en petit groupe », détaille Erwan Paccard tout en soulignant qu’il s’agit bien d’un profil, non d’un métier en tant que tel. Or en France, seuls 8% des personnes travaillant dans l’IT se reconnaissent dans cette description.

Pour Erwan Paccard, l’agent de transformation doit être « dans une logique de test and learn : il imagine, conçoit, déploie, fait un point, ajuste. Malheureusement, en France, la peur de l’échec est un frein culturel au déploiement dans les entreprises de ces profils, alors qu’aux Etats-Unis, l’échec est bien plus accepté pour avancer. »

Progrès technologique

Seulement 20% des professionnels de la tech et de l’informatique dans les entreprises françaises (22% au global) considèrent que leur société est prête pour suivre le rythme des progrès technologiques. Et pour cause, les directeurs IT ne semblent avoir ni les ressources humaines, ni les outils nécessaires à mettre en œuvre cette transformation. Sur les cinq pays étudiés, 56% déclarent avoir un surplus de technologies obsolètes, contre 47% en France. Ils sont même 85% à considérer ne pas avoir accès aux logiciels et outils dont ils auraient besoin pour mettre en route cette transformation (43% en France). Et ainsi 52% estiment que leurs rôles actuels sont pleinement exploités, contre seulement 27% en France, montrant peut-être une phase très active de la transformation.

Le progrès technologique, pour 73% des personnes interrogées, présentera pourtant « plus d’avantage que de menace ». Il y a donc urgence pour 71% des responsables informatiques, de lancer une réelle transformation de l’entreprise.

*l’étude a été menée auprès de 1 000 directeurs ou responsables d’équipes technologiques et informatiques dans des secteurs variés (banque, e-commerce, tourisme…), en France, Royaume-Uni, Etats-Unis, Allemagne et Australie.