Décidément Bentley est une marque extrêmement active, nouveaux modèles, nouveaux moteurs, l’actualité est riche pour la noble maison de Crewe. Cette fois, la nouveauté se cache sous le long capot du coupé Continental, avec l’adoption d’un moteur V8. Véritable changement de philosophie plus que downsizing, c’est une auto avec un nouveau caractère que nous sommes partis essayer sur les routes de Normandie.

 


Prendre possession d’une Bentley est toujours un moment de découverte. Que ce soit la couleur de la carrosserie ou le choix des cuirs et des boiseries, les configurations sont personnalisables à l’infini. Cette fois, ce sera une teinte ‘Tungsten’ pour l’extérieur. Cette nuance de gris est intéressante car elle permet d’atténuer l’effet clinquant des chromes. Associée aux jantes Mulliner noires et aluminium, l’ensemble est extrêmement élégant. A l’intérieur, l’ambiance est raffinée avec une combinaison de deux teintes de cuir, Beluga et Portland, sur des sièges aux spécifications de très haut de gamme. Les matériaux précieux sont légion et une nouveauté fait son apparition au niveau des plaquages, l’utilisation d’un carbone tressé qui donne un air plus dynamique à l’ensemble.

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Au démarrage, l’effet ‘rotating display’ (écran central rotatif) fait toujours son effet, mais cette fois, c’est la sonorité qui interpelle. Le nouveau V8 est plus présent, le son est plus rauque ; c’est en fait assez flatteur et donne un caractère plus agressif à la voiture. Dans un premier temps, en ville à allure raisonnable, ce moteur de 550 chevaux se montre civilisé. Il faut dire que les ingénieurs ont prévu de le rendre docile en n’utilisant que quatre cylindres lorsqu’on ne le sollicite pas, principalement en milieu urbain. Le confort et l’ambiance générale font passer les premiers embouteillages parisiens pour un moment de détente ! Ce sont désormais les belles routes du Vexin qui vont s’offrir à nous, et la motorisation va pouvoir exprimer sa pleine puissance.

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Des envies d’escapades

Cette Bentley pousse à sortir de l’autoroute, un week-end en Normandie devient forcément un road-trip durant lequel le voyage sera un élément de plaisir. Le V8 se montre assez souple dans les enchaînements de virages des routes du Vexin, et seule la largeur de la voiture donne quelques montées de tensions. L’arrivée à la Ferté Gaucher (et son magnifique château) s’effectue par de toutes petites routes, et les deux mètres de large de la Continental ne sont forcément pas adaptés à la dimension des chemins médiévaux. Heureusement, la voiture est équipée de caméras et capteurs qui permettent d’avoir une vue précise de son positionnement. Grâce à toutes ces aides, les rues étroites sont passées sans encombre, y compris les bosses et trous grâce aux suspensions relevables, le mode ‘Off Road’. La voiture offre un confort très haut de gamme et la centaine de kilomètres qui nous séparent d’Honfleur est avalée sans encombre.

Garée sur le port, la voiture attire les commentaires ; il est vrai qu’elle dégage une élégance sportive rare. Elle est rapidement identifiée, c’est une Bentley et ça se voit. Seuls de rares spécialistes remarqueront la différence avec le modèle W12, les sorties d’échappements et un badge V8. L’oreille fera également la différence, quand je démarre le V8, beaucoup plus de têtes se tournent !

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La jonction avec Trouville se fera par la route côtière. Là encore les aspérités et irrégularités de la route semblent comme gommées. Le moteur ronronne sagement, mais dès que l’on accélère un peu plus, il émet un son rauque accompagné de claquement d’échappement dignes d’une supercar sportive. C’est au Pavillon Augustine que nous découvrirons les plaisirs de la gastronomie locale, bien installés sur le port, derrière le casino. Le maître des lieux étant lui-même un grand passionné d’automobiles, l’ambiance est forcément chaleureuse et détendue. Cerise sur le gâteau, les belles autos sont chouchoutées et ont leur place réservée juste devant l’établissement. Pour bien terminer la journée, une petite virée à Deauville et c’est par l’autoroute que le retour se fera.

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Autant sur les petites routes la Continental peut parfois pécher par son gabarit, autant sur l’autoroute elle peut exprimer pleinement ses qualités de grande routière. A vitesse stabilisée, le nouveau moteur contient sa consommation autour des 10 litres, ce qui en fait une mécanique plutôt sobre, même en cycle mixte avec une moyenne autour des 12 litres. Les kilomètres défilent et s’enchaînent et le retour s’effectue même un peu trop rapidement tant on est bien dans cette voiture.

A l’heure du choix

La question à 200 000 euros sera donc V8 ou W12 ? Pour ma part, j’ai pu constater que l’offre à huit cylindres n’était pas moins noble que celle à douze. C’est le caractère de la voiture qui est différent, avec le V8 c’est le côté sportif, rageur et dynamique qui est mis en avant. Je penche plus vers ce choix, qui pourrait certes paraître moins statutaire mais qui donne à la Continental ce petit plus, un petit air ‘mal élevée’ qui la transfigure. On en revient à une question toute britannique à laquelle on est toujours confronté, êtes-vous plutôt Beatles ou Rolling-Stone ? Les deux, mais ça dépend du moment !

 

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