Décidément, les marques de luxe tiennent beaucoup à participer au vaste marché du SUV qui représente actuellement la plus grosse part des ventes, tous modèles confondus. Il est clair qu’après Bentley et son Bentayga, Rolls avec son Cullinan, Lamborghini et son Urus, Porsche avec le Cayenne, et même Ferrari avec son futur Purosangue, Aston Martin n’allait pas rester sur le bord de la route, fût-elle tortueuse. Voici donc la fameuse DBX dont les premiers exemplaires arrivent tout juste chez les clients.
 
A priori, il ne viendrait pas à l’idée de beaucoup de monde de s’asseoir au volant d’une voiture aussi magnifique -surtout quand on en connaît le prix: près de 200 000 Euros hors options mais avec trois ans d’entretien- pour aller côtoyer quelques arbres solides, suivre des ornières généreuses débordant de boue grâce à une garde au sol passant à 45 cm, un exploit, escalader des dômes de terre sans visibilité avec une pente 15 %, ou encore vérifier la stabilité latérale en grimpant allégrement sur des bas-côtés très surélevés. C’est pourtant bien ce que nous avons fait dans la campagne anglaise, dans le domaine privé de Millbrook, un lendemain de jour de pluie très british.
 
La peur venait surtout de la hantise de rater sa manœuvre même si l’électronique de pointe de ce SUV ne semblait en rien impressionnée par les épreuves que nous lui faisions subir. Prendre ensuite la route avec ce magnifique engin doté d’un fameux V8 biturbo de 550 ch (700 Nm) issu de chez AMG laissait le temps d’apprécier les capacités de la voiture, son habitacle digne d’une limousine avec son système d’éclairage d’ambiance disposant d’un choix de 64 couleurs qui peuvent être personnalisées indépendamment pour les environnements avant et arrière de l’habitacle, son confort à l’identique, le tout avec des performances (0 à 100 en 4,5s, 291 km/h) que le circuit privé nous permettait de découvrir, à la fois sur l’anneau de vitesse comme sur une route de montagne reconstituée avec tous les virages serrés nécessaires à une bonne prise en main de la voiture.
 
On se doute bien que ce sera l’usage « normal » qu’en feront les futurs acquéreurs, sachant que déjà près de 2000 commandes ont été enregistrées, beaucoup plus sûrement pour rejoindre son club de golf ou son chalet à la montagne. Et dans cet usage « normal », surtout avec le dispositif de désactivation des cylindres pour améliorer l’économie de carburant, les amateurs apprécieront la qualité des finitions de cette « limousine » tout terrain dont on aime être à la fois le conducteur avec une ergonomie de pointe, et le passager privilégié.
 
Il faut dire que dans les deux cas, la sellerie en cuir aux finitions exceptionnelles assure un maintient parfait et une assise idéale. On en aurait presque oublié les tracas de la conduite à droite qui demandait une attention de tous les instants. Il fallait aussi être très attentif sur les routes étroites car si ce SUV est assez long (5m04), il est surtout très large: 2m22.
 
En termes de conduite, et selon le mode choisi, on appréciera particulièrement la suspension pneumatique couplée avec des amortisseurs adaptatifs et le système antiroulis actif. Il faut dire qu’avec ses roues de 22 pouces, la voiture a de l’assise. Il y a bien sûr les deux modes que nous avons prix infiniment de plaisir à utiliser: Sport et Sport +, capables d’apporter un dynamisme de haut niveau à la conduite, tandis que le bruit agréable du V8 emplit l’habitacle sans excès.
 
On se méfiera tout de même du poids: 2,2 tonnes, ce qui n’incite pas vraiment à prendre des risques sur route mouillée. On avait déjà beaucoup aimé la nouvelle boite de vitesse qui anime les dernières versions de la DB11, et on retrouve ici ces changements de rapport rapides et efficaces. Le plus vient évidemment de l’espace de rangement de première classe, avec 632 litres de coffre et des sièges arrière rabattables en 40:20:40.
 
Alors, savourant d’un côté le confort en savourant le système de sonorisation de base de 800 watts doté d’un nouveau système d’amplificateurs mis au point en collaboration avec Harman/Samsung, ou préférant écouter le moteur réagir à la moindre sollicitation, on se dit que ce SUV répond à toutes attentes d’un gentleman driver exigeant.