Uranus, la septième planète du Système solaire de par sa distance au Soleil, a toujours suscité la curiosité des planétologues. C’était avant cette découverte récente, encore plus intrigante.

La géante de glace n’est pas seulement la planète la plus froide du Système solaire, elle est aussi la seule à avoir un axe de rotation presque parallèle à son plan orbital, ce qui signifie qu’elle tourne autour d’un axe horizontal, et non vertical comme les autres planètes de notre galaxie. Nous savions déjà tout cela, mais désormais, il semblerait aussi qu’Uranus déverse son atmosphère dans l’espace.


Selon une étude publiée dans Geophysical Research Letters, le coupable de ce phénomène est le champ magnétique décentré de la planète, qui est incliné selon son axe de rotation. De ce fait, il semble que la magnétosphère d’Uranus, zone autour de l’astre dominée par l’action du champ magnétique, soit imprévisible.

Les champs magnétiques ont généralement pour but d’empêcher que l’atmosphère d’une planète ne s’échappe (notamment grâce à une protection contre le vent solaire en provenance du Soleil), mais il se trouve qu’ils peuvent également faire tout le contraire.

 

Uranus, une planète à part

Gina DiBraccio, physicienne de l’espace au Goddard Space Flight Center de la NASA, responsable scientifique du projet MAVEN (Mars Atmosphere and Volatile Evolution) et auteure de l’étude récente, explique : « Sa structure, la façon dont elle se déplace… Uranus est vraiment une planète à part ».

Ce que les chercheurs ont découvert, et qui provoque l’excitation de la communauté scientifique, c’est l’existence d’un plasmoïde sur Uranus.

Un plasmoïde, c’est quoi ?

Il s’agit d’une bulle magnétique géante qui a peut-être propulsé l’atmosphère d’Uranus dans l’espace. Un plasmoïde est une structure composée de plasma qui se situe dans la magnétosphère d’une planète. On pense qu’un plasmoïde cylindrique découvert sur Uranus pourrait donc être responsable du drainage des ions de l’atmosphère de la planète, entraînant ainsi une perte de masse de l’astre.

 

Comment le plasmoïde a-t-il été trouvé ?

Ces nouvelles données proviennent d’une source ancienne. Un seul vaisseau spatial a survolé Uranus : la sonde Voyager 2, le 24 janvier 1986, qui nous avait permis de récupérer toutes les photos que nous avons de la planète.

Au cours de son vol de 81 433 kilomètres, la sonde a découvert sur Uranus 2 nouveaux anneaux, 11 nouvelles lunes et des températures inférieures à -214º C. Les données de la sonde Voyager 2, qui surveillait la force et la direction des champs magnétiques à proximité de la planète, ont permis, 30 ans plus tard, de constater l’existence d’un plasmoïde.

Fait important, le plasmoïde n’a été visible que pendant 60 secondes du survol de Voyager 2, qui a duré 45 heures. La visite de la magnétosphère d’Uranus par un autre vaisseau pourrait donc permettre d’en savoir plus sur la géante des glaces.

 

Peut-on retourner sur Uranus ?

Oui, mais il faut s’y mettre rapidement. Gina DiBraccio nous explique : « Imaginez qu’un vaisseau spatial traverse une pièce et essaie grâce à cela de caractériser la Terre entière. Évidemment, cela ne lui apprendra rien sur le Sahara ou l’Antarctique ». Un rapport paru récemment dans Nature indique qu’un alignement planétaire permettrait de visiter Uranus grâce à une fronde gravitationnelle autour de Jupiter. Mais pour ce faire, la sonde devrait quitter la Terre au début des années 2030, pour arriver sur Uranus en 2043.

Ce délai ne sera pas facile à respecter, mais il ne faut pas exclure qu’une mission de ce genre soit organisée un jour. Uranus reste la planète la plus mystérieuse du Système solaire, celle que l’on connaît le moins, et à l’avenir les planétologues auront sans doute bien du mal à résister à envoyer une nouvelle sonde sur place.

 

<<< À lire également : Tourisme Spatial : 225 000 Euros Pour Le Premier Billet Pour l’Espace ! >>>