Une voiture de grand tourisme est faite pour voyager à allure élevée, dans le plus grand confort. McLaren propose sa vision de cette catégorie automobile d’élite et, pour la première fois de son histoire, une version moins destinée au circuit qu’à la route. La GT est faite pour les road trips. C’est donc de Paris à l’Auvergne que nous l’avons emmenée. Villes, nationales, autoroutes sont au programme de cet essai… sportif !


Dessinée par le vent, pour le plaisir des yeux

Sur une McLaren il n’y a pas de superflu ; chaque trait, chaque courbe de sa carrosserie à une utilité aérodynamique. Malgré un aspect plus imposant, la GT n’échappe pas à la règle. Une ligne extrêmement sportive définit la voiture. Le capot plonge sur la route, l’auto est basse et large. La McLaren affirme son pédigrée, elle casse les codes de ce petit monde d’automobiles exclusives, souvent beaucoup plus haute et massives. Ce qui identifie le plus cette version, ce sont les larges entrées d’air devant les roues arrière, c’est l’unique modèle de la marque à en disposer. Cela se justifie par la création d’un espace à bagages au-dessus du moteur à l’arrière. Les ouïes de refroidissement ont dû être déplacées sur les flancs de la belle. Comme toujours, les portes s’ouvrent en élytre et permettent un accès à bord relativement aisé. Vraiment sous tous les angles, cette GT est un plaisir pour les yeux. Même dans une couleur relativement discrète, elle fait tourner beaucoup de tête et se lever bien des pouces.

 

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En route… sur toutes les routes

Pour un week-end à deux, la première bonne surprise est de trouver un coffre avant plutôt grand qui accueille facilement deux sacs de voyages avec ses 150 litres. A l’arrière, un bel espace de 420 litres est dégagé au-dessus du moteur. Une fois calé dans les sièges baquets, l’environnement est plutôt luxueux ; du cuir garnit la planche de bord, les sièges. Les différents boutons sont en aluminium. Les assemblages sont tout à fait corrects. Le dessin de l’habitacle fait écho au logo de la marque, c’est assez original et surtout spacieux pour des grands gabarits. L’infotainment est simple, pas de multitude de fonctions, mais l’essentiel est là : radio, gps, climatisation. Les molettes de réglages du châssis et du moteur démontrent encore une fois le caractère sportif de la GT, c’est avant tout une McLaren. Le V8 de 620cv se démarre d’un simple bouton. Il est moins bruyant que sur d’autres modèles mais emplit tout de même l’espace d’un son mélodieux. Les premiers tours de roues seront effectués en ville. Grâce au système ‘lift’, le train avant se soulève et les dos d’ânes sont passés sans encombre. La taille de la voiture (4,68m x 2,05m) impose une certaine attention, d’autant plus que le regard est à peine à hauteur des portières des autres autos.
En dessous de 3000 tours, la GT se montre docile et souple, un atout en conduite citadine.

 

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Heureusement les premières routes dégagées se profilent, la voie d’accélération de la nationale permet de faire enfin chanter ce V8. Dans les tours c’est une mélodie plus métallique, un pur bonheur. Au bout se profile l’autoroute, là encore les accélérations sont spectaculaires, mais le plaisir s’arrête à 130 km/h. C’est le moment d’enclencher les systèmes d’aides à la conduite… Cela sera assez rapide, seul le régulateur (non adaptatif) est disponible ; les prochains 500 kilomètres se feront tranquillement, avec un confort de suspensions digne d’une berline. La McLaren attire toujours autant les regards et la sympathie. A son volant, on a le sentiment d’être une vedette tant on est photographié. Il faut faire attention aux erreurs de conduites des autres qui se mettent à votre niveau pour admirer la voiture. La consommation est étonnamment basse, moins de 9 litres, ce qui est incroyable pour une voiture sportive de ce niveau.

Enfin l’Auvergne est en vue et en dehors de l’autoroute les magnifiques routes vallonnées et viroleuses se profilent. C’est bien ici que la GT exprime tout son caractère. Accélérations, freinages puissants, les virages s’enchaînent et la voiture virevolte avec maestria. Mais la consommation s’envole également. Mais qui lui en voudra de demander 20 litres aux 100 km pour distiller une telle dose de plaisir ? La beauté des paysages s’offre à nous, les surfaces vitrées permettent d’en apprécier chaque détail. Dans la voiture, on ne sent pas enfermés. Villages charmants, châteaux d’exception, cette région est un écrin pour la McLaren qui sublime la route, d’autant plus que le réseau est particulièrement beau et entretenu.

 

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Avant tout une sportive

Cette ‘Grand Tourisme’ porte bien son nom. Avec elle on a envie de partir explorer les plus belles routes. Son comportement est digne du nom qu’elle porte sur toutes les routes. Seul bémol, sur les longs trajets, il lui manque quelques équipements pour voyager sans se fatiguer tels que le régulateur adaptatif, maintien dans la voie ou vision tête haute. En fait, la belle anglaise est faite pour prendre le chemin des écoliers, loin de la civilisation et de ses feux rouges ! C’est là qu’elle distillera tout son plaisir de conduite et également son confort, car, oui, on peut dire qu’elle est confortable et même pratique. Dans le petit monde des GT d’exception, McLaren a créé son propre créneau en proposant la plus sportive de toutes, une voiture d’ingénieur mais également de connaisseurs. Proposée à partir de 200 000 euros (+ malus 30 000) elle restera rare sur nos routes, mais cela ne fera que rajouter au plaisir lorsqu’on en croisera une !

 

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