Louise Bourgeois, née un 25 décembre 1911, nous quitta le 31 mai 2010. Principalement  connue pour sa sculpture et ses installations monumentales, elle pratique également la peinture et la gravure. Elle explore des thèmes tels que l’univers domestique, la famille, le corps notamment les organes sexuels tout en abordant une approche qui se traduit comme une manifestation des subconscients et la réactivation de souvenirs de son enfance. 

 

Louise Bourgeois

 

L’œuvre majeure « Maman » fait référence à la forme de la mère de Bourgeois et inclut des métaphores de filage, tissage,  soin et protection. La mère de Louise Bourgeois, Joséphine Bourgeois, réparait des tapisseries dans l’atelier de restauration textile de son mari à Paris. Louise Bourgeois a perdu sa mère à 21 ans et, quelques jours plus tard, a tenté de mettre fin à ses jours en se jetant dans la Bièvre devant son père (qui l’a secourue). Selon les propres termes de l’artiste : 

« L’araignée est une ode à ma mère. Elle était ma meilleure amie. Comme une araignée, ma mère était une tisserande. Ma famille était dans le métier de la restauration de tapisserie et ma mère avait la charge de l’atelier. Comme les araignées, ma mère était très intelligente. Les araignées sont des présences amicales qui dévorent les moustiques. Nous savons que les moustiques propagent les maladies et sont donc indésirables. Par conséquent, les araignées sont bénéfiques et protectrices, comme ma mère. »

 Face à cette figure paternelle destructrice, une figure maternelle protectrice. La mère de Louise Bourgeois, c’est cette couturière, cette tisseuse… cette araignée omniprésente dans l’œuvre de l’artiste . Tantôt géante, en acier, tantôt visible uniquement pour le visiteur attentif, la mère araignée c’est cette « amie, parce que ma meilleure amie était ma mère, et qu’elle était aussi intelligente, patiente, propre et utile, raisonnable et indispensable qu’une araignée ».

La sculpture représente une araignée monumentale, d’environ 10 m de hauteur pour autant de large. Son abdomen et son thorax sont, dans la plupart des versions, en bronze. Sous son corps, elle comporte un sac contenant 26 œufs en marbre. Les extrémités des huit pattes de l’araignée sont les seuls points de contact de la sculpture avec le sol, et les pattes s’élancent ensuite presque à la verticale, avant d’obliquer sous l’horizontale pour rejoindre le reste du corps de l’animal.

 

 

 

« Maman » est exposée pour la première fois en 2000 à l’extérieur de la Tate à Londres au Royaume-Uni. Cette version est la seule en acier inoxydable.

Initialement en prêt à long-terme, elle est acquise par la Tate en 2009.

 

« Maman » au jardin des Tuileries
« Maman » devant le Guggenheim à Bilbao
« Maman » à la fondation Beyeler

 

Jusqu’a la fin, Louise Bourgeois a su garder la même vivacité dans son inspiration, la même nécessité de se livrer tout entière, avec ses angoisses, ses névroses, le souvenir de ses traumatismes d’enfant… « J’ai choisi l’art plutôt que la vie ».

C’est sans doute de ce sacrifice que naît l’émotion du visiteur. Mais surtout de la manière si saisissante qu’elle a de dénuder toujours un peu plus le fil de sa vie secrète.