Engager et fédérer une communauté, booster sa notoriété, ou encore transformer son audience en clients… Pour accompagner les marques qui souhaitent développer une forte stratégie d’influence, Julie Pellet, responsable du développement d’Instagram France, partage avec nous les opportunités d’une plateforme aussi puissante qu’Instagram.  

 


Désirée de Lamarzelle : Quel est le profil type de l’entrepreneur qui émerge sur Instagram ?

Julie Pellet : Les PME représentent une part importante de la communauté sur Instagram. Il y a deux types de profil : les personnes sans expérience qui ont un projet en tête et qui décide de se lancer directement sur notre réseau social et celles qui avaient déjà une boutique et qui prennent le tournant digital avec Instagram.

Quelles sont les principales clés du succès de leur digitalisation ?

Les entrepreneur(e)s qui ont su développer l’identité de leur marque et garder leur authenticité. En ce qui concerne les acteurs de la mode, l’incarnation de la marque correspond très bien à Instagram. Ce sont souvent les entreprises qui ont renforcé leurs liens avec la communauté qui ont performé pendant la crise du Covid.

Comment interpréter cela ?

Certaines marques ont développé une communication saine et ludique avec leurs followers comme par exemple faire gagner dans leur story des accessoires… En faisant jouer leur communauté, elles ont transformé l’expérience de la crise en quelque chose de plus joyeux.

Le développement chez Instagram consiste à proposer aux marques les outils qui favorisent l’interactivité?

Oui, l’interactivité est une des clés essentielles des expériences qu’on veut créer pour renforcer le lien entre les marques et leur communauté. Particulièrement pendant le confinement nous avons été à l’écoute des PME pour développer des nouveaux produits comme les stickers et la carte cadeau qui encourage les utilisateurs à pouvoir acheter en avance. Pour les restaurants qui ont adapté leur métier durant cette période, nous avons conçu des stickers de commandes en ligne. Nous souhaitons favoriser la richesse des échanges. C’est dans la consultation de sa communauté que l’entrepreneur peut ajuster sa communication ou la production de ses produits.

L’interactivité et l’incarnation ne sont-elles pas plus naturelles pour la jeune génération d’entrepreneur(e)s ?

C’est peut-être naturel et facile pour les plus jeunes d’incarner leur marque. Mais on peut avoir du succès sur Instagram sans se mettre en avant et développer beaucoup d’affinités avec sa communauté. Cela passe par d’autres leviers comme montrer les coulisses d’une collection, les secrets de fabrication d’une paire d’escarpin, leurs valeurs. Il n’y a pas une seule façon de réussir, il y en a plusieurs, mais surtout celle où on va être le plus à l’aise pour y arriver dans la durée.

Quel lien entretenez-vous avec ces marques pour communiquer sur vos bonnes pratiques ?

Nous sommes en contact avec plusieurs marques mais nous communiquons principalement via notre blog. Ce guide dédié au business Instagram et aux entreprises, fourmille d’informations et de conseils. Pendant le confinement nous l’avons enrichi avec le mode d’emploi du live. Tout est accessible et gratuit.

Vous aidez également à la conversion ?

Oui, on peut les aider à convertir leurs publications avec notre outil « shopping » qui permet taguer les produits dessus en mettant en avant sa marque et son prix : l’utilisateur a directement la description du modèle et son lien de redirection. Aux États-Unis on teste un nouvel outil « shopping Checkout » qui permet à l’utilisateur de régler directement son achat sur Instagram sans être redirigé vers le site de la marque. Mais nous ne percevons pas de commission, notre business modèle est la publicité.

Avec la concurrence entre les réseaux sociaux, notamment sur des outils comme les stories, comment rester innovant ?

En restant en permanence à l’écoute de nos utilisateurs et des entreprises, pour comprendre leurs besoins et leur fournir les meilleurs outils. C’est le cœur du développement d’Instagram et plus encore pendant cette période de crise où on a mis les bouchées doubles pour essayer de comprendre ce qui pourraient améliorer leur business tout en étant ludique. Instagram est une plate-forme mondiale qui doit comprendre ce qui se passe sur les marchés nationaux pour aider les entreprises. Nous faisons pour cela des feedback en passant beaucoup de temps avec des chefs d’entreprise et des utilisateurs pour récolter leurs avis.

A partir de quels chiffres d’audience considère-t-on qu’ils sont influenceurs?

Ce n’est pas nous qui fixons les règles. D’ailleurs, si on parle du nombre de followers pour un influenceur, cela doit être recoupé avec la puissance c‘est-à-dire l’engagement qu’il engendre. Par exemple, un micro-influenceur qui démarre à 1000 abonnés peut générer plus de ventes qu’un autre qui aura beaucoup plus d’influence mais sera peut-être pas assez authentique.

Nous n’intervenons pas dans leur relation avec la communauté mais nous mettons à la disposition des marques et des créateurs du contenu, des outils permettant de voir l’engagement, le nombre de vues, l’interaction etc.

Si vous deviez les mettre en garde sur certaines pratiques ?

Je leur conseillerais d’avoir comme ligne directrice un contenu éditorial en adéquation avec ce qu’ils sont, car l’authenticité est sur le long terme un gage de cohérence éditoriale.  J’ai envie d’ajouter pour les créateurs de contenu de ne pas accepter toutes les collaborations avec des marques, et de rester en phase avec leur ADN. Il y a parfois des marques qui ne correspondent pas avec la personnalité du compte et cela se ressent vite.