Arrivée il y a 16 ans à la tête d’une Fiac qui était alors en perte de vitesse, sa directrice Jennifer Flay a su lui insuffler une dynamique commerciale et une vision culturelle qui font prospérer chaque édition et ont permis à Paris de retrouver une place majeure sur le circuit de l’art contemporain.

Jusqu’au 20 octobre, la semaine de la Fiac fait vivre Paris au rythme de l’art contemporain. Evénement incontournable, sa riche programmation accompagnée de parcours d’œuvres en plein air et d’une constellation de manifestations offrent aux collectionneurs et au grand public un vaste panorama de la création contemporaine.


Si l’édition de la Frieze qui s’est achevée sur d’excellents résultats a montré la capacité de résistance de Londres menacé par l’impact du Brexit, la 46e édition de la Fiac devrait renforcer le rayonnement de Paris à l’international et son positionnement central en Europe. Outre “l’effet Jennifer Flay” sur la Fiac, l’influence de la Fondation Louis Vuitton, l’ouverture très attendue de la Fondation Pinault en juin 2020, ou le déménagement prochain de la Fondation Cartier entre autres, comme le dynamisme des jeunes marchands français, sont autant de catalyseurs de long terme qui placent Paris au coeur de l’actualité de l’art contemporain et contribuent à son attractivité. 

Cette semaine, l’installation inaugurale du galeriste David Zwirner  –  sa première implantation en Europe continentale  – dans les locaux autrefois occupés par le célèbre Yvon Lambert atteste du rayonnement de la place parisienne dans un marché très compétitif. Autre arrivée récemment annoncée, celle de la galerie britannique White Cube, qui ouvrira avenue Matignon début janvier. 

“Paris a retrouvé sa place en tant que capitale de l’art ” constate Mathieu Paris qui dirigera ce futur espace  “Depuis sept ans, on voit l’émergence d’une nouvelle génération de collectionneurs très assidue et très sérieuse qui contribue activement à la vie culturelle aux côtés des institutions”. Un mouvement qui, pour sa part, n’est aucunement lié au Brexit précise-t-il.

“Cela fait 4 ans que nous travaillons sur ce projet. Nous disposons déjà de grands espaces à Londres et à Hong Kong. A Paris, le mode opératoire sera différent. Nous voulons offrir un cadre plus confidentiel aux collectionneurs , qui soit le reflet de l’identité de White Cube et procure une expérience plus intime, dans l’esprit de la tradition française des “marchands d’art”. Des chefs d’oeuvre du second marché pourront être présentés”. 

Pour la Fiac, cette 46e édition réunit une rigoureuse sélection de 199 galeries, dont 28% françaises. Au total 29 pays présents dont la côte d’Ivoire et l’Iran pour la première fois. Le secteur Design réintroduit en 2017 s’inscrit dans la durée porté par cinq galeries emblématiques. Dans le cadre du Petit Palais et sur l’avenue Winston Churchill, une trentaine de sculptures et d’installations composent le parcours de Fiac Projects. “Hors les murs”, au sein du jardin des Tuileries, une vingtaine d’oeuvre sont présentées en collaboration avec le musée du Louvre, tandis que la monumentale et instagrammable citrouille psychédélique de l’artiste japonaise Yayoi Kusama investit la Place Vendôme. De nombreuses performances animeront cette semaine, et des créations conjuguant art et chorégraphie seront au cœur de Fiac programmes : on notera la participation des danseurs du ballet de l’Opéra de Paris pour la composition Instransito de Luigia Riva et Clay Apenouvon le 19 octobre, ou la performance attendue du chorégraphe et danseur François Chaignaud au musée du Louvre le 20 octobre. 

De la danse il sera encore question, à l’occasion d’une performance inédite de Rick Owens donnée pour la soirée des amis du centre Pompidou le 17 octobre. L’iconoclaste créateur de mode promet une nuit en immersion entre art et mode au sein même du musée. Il a imaginé des “lits monolithiques” sur lesquels danseront des “performeurs” érigés en statues mouvantes. Et à minuit, aux côtés de sa femme Michele Lamy, il transformera le 6e étage du musée en club éphémère. 

La semaine de la Fiac, ce sont aussi des événements majeurs et des rendez-vous pour le monde de l’art contemporain comme le Prix Marcel Duchamps qui vient d’être remis à Eric Baudelaire cette année. Sur un autre registre le très couru dîner du Musée d’art moderne suivi le lendemain par la 2e édition du dîner de la Création du Palais de Tokyo. D’autres manifestations attirent aussi un public choisi de collectionneurs et amateurs : Art Elysée mêlant art et design,  Paris Internationale à l’initiative de jeunes galeries qui s’exposent pour la 2e année dans un hôtel particulier du 9e arrondissement, ou l’Outsider fair, qui s’ajoute à celles de Bienvenue ou d’Asia Now. A la périphérie de Paris, outre les expositions dans les gigantesques espaces de Larry Gagosian au Bourget et Thaddaeus Ropac à Pantin, 4 galeries – Air de Paris, In Situ – Fabienne leclerc, Sator et Jocelyn Wolff – invitent à découvrir, Komunuma, nouveau quartier culturel à Romainville en Seine Saint Denis. 

 

  • La FIAC (Foire Internationale d’Art Contemporain) – 17 au 20 octobre au Grand Palais 
  • Paris Internationale du 16 au 20 –  8e arrondissement; 
  • Asia Now du 16 au 20 – 8e arrondissement  ; 
  • Outsider Art Fair du 17 au 20 dans le IIe ; 
  • Komunuma – inauguration le 20 octobre, à Romainville (Seine-Saint-Denis)
  • Galerie David Zwirner – 16 octobre au 23 novembre : exposition Frenchette de Raymond Pettibon