À tout juste trente ans, Audrey Lefort lance avec son associé Thibaut Halm, Coleen : le premier vélo électrique urbain 100% français en gamme premium. Entrepreneuse dans l’âme, et véritable aventurière, Audrey expose ce concept innovant un conçu au pôle Technocité de Bayonne.

Naturelle avec un simple pull marinière sur un legging, de longs cheveux châtains et un regard pétillant, Audrey enfourche son scooter et file droit à Technocité : une pépinière de jeunes entreprises où les vélos Coleen ont élu domicile il y a deux ans. Le bureau ressemble à un atelier de mécano : des établis sur lesquels sont posés des cadres du vélo, mille et un objets d’outillage, des roues et autres pièces nécessaires à la fabrication… Un canapé sur lequel Audrey a pu se reposer quelques instants lors des nombreuses nuits blanches à plancher sur le projet. Et une grande table sur laquelle sont juste posés son ordinateur et une radio vintage.

«C’est trop petit pour un atelier mais c’est ici que l’on conçoit les pièces, leur design, leurs caractéristiques et que l’on fait les prototypes » explique-t-elle tout en serrant des boulons pour monter une roue. « Puis on contacte des bureaux d’études pour modéliser et fabriquer les pièces ». Pas rien quand sur un vélo Coleen, 75 pièces sur 100 doivent être inventées ! « Technocité abrite des sociétés avec lesquelles nous travaillons, comme Pika, fabricant de composites, et Outercraft, spécialisée dans le design, l’innovation et l’intégration des batteries. Avoir tout à portée de main pour être sur place à n’importe quelle phase de la conception est très précieux ! » reconnaît cette jeune entrepreneuse. Après ces premières étapes de la conception, le vélo part sur le site de Néogy à Mérignac pour la partie électronique, puis sur la Rochelle pour les derniers assemblages. C’est sur ces deux pôles que son associé Thibaud passe la majeure partie de ses journées.

 

 

Innovation et coopération

Un projet abouti et novateur qui, sans l’implication de nombreux acteurs du cycle, n’aurait peut être pas vu le jour. « Si peu de personnes croyaient en nous il y a 6 ans, quand ils ont vu que Thibaud et moi avancions sur le projet et ne lâchions pas l’affaire, ils nous ont pris au sérieux, ce qui a favorisé des rapprochements ». C’est ainsi que Coleen s’est rapproché de Gérard Pouet, président du CNPC (Centre nationale des professions du cycle) qui a pu mettre la jeune start-up en contact avec nombre d’acteurs de la filière : concepteurs, chercheurs, fabricants, revendeurs… Et que les prototypes sont « validés » par le pôle recherche et développement de Time, une société de vélos composites haut de gamme basée à Lyon. « Nous sommes entourés par les meilleurs » lâche Audrey, comme dans un soupir de soulagement… Car se lancer dans un projet quand on a 25 ans, « c’est pas tous les jours facile !» sourie-t-elle, avant de revenir si spontanément sur cette aventure démarrée en 2012.

« J’aime les défis » 

Sortant d’un tiroir les premiers dessins du vélo Coleen, elle raconte : « Thibaud et moi, on trouvait que le vélo urbain avait un style trop utilitaire, surtout pour les femmes, et que l’on pouvait y ajouter beaucoup d’innovations. Il y a tant de choses à faire sur un cycle ! Comme en France il n’y avait pas de constructeur sur le vélo électrique urbain en gamme premium, on s’est lancés » se rappelle cette jeune trentenaire qui parfois enfourche son bon vieux vélo Gitane bleu sans vitesse pour faire La Rochelle – Bordeaux. « J’aime les défis et que la vie soit une aventure » poursuit celle qui a quitté le monde du salariat pour fonder en 2014 Coleen avec son associé Thibaud Halm.

Soutenue par la Région Nouvelle Aquitaine et Bpifrance, Coleen lance officiellement sa gamme cet été. Après un bel événement à Paris le 27 juin dernier réunissant particuliers et investisseurs, Audrey et Thibaud espèrent lever les fonds nécessaires pour passer du prototype à la fabrication. Pour l’occasion, les 75 premiers vélos seront numérotés. Et Audrey y croit : « A chaque fois que j’ai roulé avec mon vélo Coleen, on n’arrêtait pas de m’arrêter pour m’en faire des compliments. Je pense que notre projet tient bien la route ». En attendant, Coleen vient de remporter un Eurobike award , une belle récompense ! 

Coleen en 5 points clés : 

1.Cadre en carbone gris clair ou marinière. Sellerie en cuir cousu main

2.Trois modèles : Elégance, Sport, Speed One (pour 2019)

3.Poids : 17,8 kgs (contre 23 kgs en moyenne pour les vélos électriques).

4.Batterie de 2 kgs avec une autonomie de 100 kms.

5.Moteur de 250W pour un vitesse assistance de 25 km/h. Moteur de 500W pour une vitesse assistance de 45 km/h dès 2019.