Pour la sixième édition d’Asia Now qui se tient jusqu’au 24 octobre 2020 à Paris, sa directrice, Alexandra Fain, a réussi l’exploit de maintenir ce rendez-vous annuel mais aussi de l’élargir en l’ouvrant pour la première fois à la scène indienne. Rencontre avec une entrepreneuse de l’art qui a imposé en quelques années Asia Now comme une manifestation incontournable de la semaine de l’art à Paris.

En 6 ans, vous avez réussi à imposer Asia Now parmi les foires “off” des plus importantes de la semaine de l’art contemporain à Paris. Selon vous, quelles sont les raisons de ce succès ?


Alexandra Fain : Le succès d’Asia Now tient surtout à son positionnement unique en Europe et  à ses particularités. C’est en effet une manifestation accessible à tous qui offre un format intimiste en se tenant dans un hôtel particulier et sa visite se fait comme une balade. Asia Now c’est aussi une foire qui est centrée sur les projets : elle s’appuie sur des relais locaux et des galeries originaires de ces différentes scènes qui agissent comme des défricheurs de nouveaux talents. Je viens moi-même d’une famille de collectionneurs et je voyageai en Asie pour mon travail. L’idée de la foire m’est venu dès mes premiers voyages en Chine quand j’ai remarqué un décalage important entre ce que les artistes produisaient dans cette région et ce que nous pouvions voir de leurs créations à Paris. J’ai ainsi voulu créer une plateforme qui reflète le plus fidèlement possible le travail des artistes. C’est ainsi que j’ai lancé la première édition d’Asia Now en 2015, avec l’envie de présenter des artistes émergents et reconnus de la scène asiatique, qui étaient encore sous exposés dans les foires d’art européennes.

Aujourd’hui, Asia Now compte une cinquantaine de galeries. C’est la première foire d’Europe qui joue un rôle d’intermédiaire entre les scènes artistiques asiatiques, européennes et plus globalement occidentales. La sélection et la qualité des artistes exposés offrent une opportunité rare d’appréhender la scène contemporaine asiatique avec pour la première fois cette fois la scène indienne.

“Adoring audience” de Bharti KHER – Galerie Perrotin – credit photo : Alex Austin

 

Quelles sont les nouveautés de cette 6e édition ?

Alexandra Fain: Cette année, Asia Now ouvre pour la première fois ses portes à la scène indienne et à une sélection d’artistes contemporains incontournables. Plusieurs focus seront présentés par les galeries internationales et viendront ainsi témoigner de la vitalité de l’art contemporain indien. Par exemple Nathalie Obadia avec l’artiste Rina Banerjee, Emmanuel Perrotin avec l’artiste Bharti Kher, ou encore la galerie Jeanne Bucher Jaeger, qui consacrera une première rétrospective en France à la célèbre artiste Zarina, décédée en avril dernier.

Parmi les autres points forts d’Asia Now, on retrouve un programme riche, incluant tout d’abord une plateforme consacrée à la scène contemporaine de Taipei, proposée par Huang Chi-Wen, et réunissant des artistes de plusieurs galeries.

Nous compterons aussi une drawing doom, sous le commissariat d’Hervé Mikaeloff et le travail de Zhang Yunyao, une artiste de Shanghai qui réside en France. Le public pourra également découvrir le pop-up The World is Ours, proposé par Unique Design x Shanghai, autour de 12 jeunes artistes et designers.

 

Quelles sont les raisons qui vous ont incité à  maintenir cette édition dans le contexte particulier que nous traversons ?

Alexandra Fain : La situation actuelle a mis en lumière la nécessité de retrouver le contact direct avec les oeuvres d’art. De même, notre envie d’échanger avec les artistes et leurs galeries, avec les commissaires d’exposition et les collectionneurs nous a convaincu de maintenir la sixième édition d’Asia Now. Nous avons veillé particulièrement à ce que cette manifestation se tienne dans le plus strict respect des protocoles en vigueur et des dernières recommandations des autorités sanitaires, pour assurer une visite en toute sécurité.

L’artiste Lu CHao est exposé au stand de la galerie Nathalie Obadia

Avez-vous mis en place des dispositifs pour les visiteurs et les collectionneurs qui ne peuvent pas venir à cette édition ?  

Alexandra Fain: Oui. Une plateforme en ligne, accessible à tous, est mise en place et mettra en avant les programmations qui ne pourront pas avoir lieu physiquement.

 

Quel est le profil de votre public ?

Alexandra Fain: Nous avons trois principaux groupes de collectionneurs. D’abord des collectionneurs asiatiques, qui apprécient notre plateforme plus intimiste, centrée sur le meilleur de l’art asiatique. Ensuite, nous avons des collectionneurs européens qui souhaitent intégrer à leur collection des artistes d’ Asie et enfin des collectionneurs jeunes et pointus, qui veulent découvrir de nouvelles scènes et soutenir de potentiels artistes émergents.

Asia Now, sixième édition

Du 21 au 24 octobre 2020,

9 avenue Hoche, Paris 8è

https://www.asianowparis.com

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