Ipsos et Wall Street English publient l’édition 2019 du baromètre du niveau d’anglais des Français. Et c’est toujours pas terrible. 7 Français sur 10 se disent mal à l’aise avec l’anglais.

La maîtrise de l’anglais est devenu une compétence à part dans le monde du travail. Difficile d’imaginer une grande carrière dans le monde de l’entreprise sans en appréhender, sinon les nuances et toutes leur complexité, du moins les bases fondamentales. Qui n’a pas déjà eu une sueur froide lors d’un entretien d’embauche lorsque le recruteur nous propose de poursuivre la conversation en anglais ? 


La médiocrité des Français dans la maîtrise de la langue de Shakespeare est connue. Education First par exemple, classe la France au 35e rang des pays qui “can speak English very well”. C’est au tour de l’institut Wall Street English et du cabinet d’études Ipsos de publier un baromètre du niveau d’anglais des Français.

Cette enquête montre qu’une majorité de Français n’estiment pas disposer d’une maîtrise suffisante de l’anglais ; ils jugent sévèrement leur propre niveau mais également le niveau général de la population. Ainsi, 7 Français sur 10 se disent à l’aise ni à l’écrit ni à l’oral. Les plus jeunes semblent cependant plus optimistes, puisque 30 % des moins de 35 ans jugent leur niveau satisfaisant.
 
Un anglais insuffisant : un frein dans la vie professionnelle
 
Conscients de leurs insuffisances, les Français jugent néanmoins indispensable de maîtriser davantage l’anglais dans tous les pans de leur vie : pour 9 Français sur 10, l’anglais est important pour s’épanouir dans les études, au travail ou dans la vie quotidienne. Plus spécifiquement, 73 % des actifs déclarent rencontrer des difficultés dans la pratique de l’anglais sur leur lieu de travail. 
 
Cette perception est confirmée par le fait qu’une maîtrise insuffisante de l’anglais est considérée comme un frein important au développement professionnel : 3 Français sur 10 disent avoir déjà renoncé à un emploi ou une opportunité de promotion pour cette raison. Chez les moins de 35 ans, ce chiffre monte à 38 %, soulignant la nécessité de parler anglais au moment d’entrer dans la vie active.
  
Pour améliorer leur niveau en anglais, les Français attendent beaucoup de l’éducation et de la formation professionnelle : pour 6 Français sur 10, il est souhaitable d’apprendre l’anglais dès le CP. L’anglais est ainsi considéré comme un savoir de base, au même titre que le triptyque “lire, écrire, compter”. Pour 32 % des Français interrogés, l’apprentissage de l’anglais serait plus efficace si l’on réduisait la taille des classes en constituant des groupes de niveaux homogènes. Une proposition qui s’inscrit dans le débat public alors que le plan langues du ministère de l’Éducation Nationale devrait être présenté prochainement.
 
Quant aux actifs, 48 % d’entre eux se disent intéressés par l’utilisation de leur compte personnel de formation (CPF) afin de progresser en anglais, mais deux tiers ne savent pas qu’ils peuvent l’utiliser sans que leur employeur en soit informé. Enfin, 54% des actifs se disent prêts à suivre une formation à l’anglais en dehors de leur temps de travail. Tout n’est pas perdu.