Voyager dans les plus grandes villes du monde pose toujours le même problème : les vacances sont trop courtes, et on n’a jamais le temps de tout faire, tout voir, tout visiter. Ceux qui sont nés à New York, Paris, Londres ou même Hong Kong n’ont pas flâné dans tous les musées, mangé dans tous les restaurants, découverts toutes les boutiques « secrètes » que les locaux sont supposés connaître.

Mais en l’espace de trois ou quatre jours, vous pouvez privilégier un quartier –ou même deux-, et vraiment vous sentir l’âme d’un local. Le plus important, lorsque vous voyager, c’est l’emplacement. L’emplacement, l’emplacement, et encore l’emplacement. Une fois que vous avez déterminé quel quartier vous attire le plus, choisissez un hôtel qui se trouve à proximité, à pieds ou en taxi, selon votre budget. Pour les besoins de cet article, nous nous sommes concentrés sur le Mayfair (un quartier situé dans le West End de Londres dans la Cité de Westminster, ndlr), qui n’est autre que le lieu de naissance de la Reine, elle-même. Tous les lieux incontournables, Hyde Park, Hatchards, Jermyn Street, Wolseley, Tamarind, Dukes Bar, Connaught Bar sont à deux pas de l’hôtel que nous avons choisi. Vous serez ainsi libre d’explorer parmi les endroits les plus courus de la capitale britannique, et vous pourrez tranquillement planifier vos excursions plus lointaines.

 

Crédit : Dandelyan London Bar / Le Dandelyan, idéalement situéau sein du Mondrian, a remporté le prix du « meilleur bar à cocktails au monde » lors des Spirited Awards, l’année dernière, et a terminé second aux « 50 meilleurs bars du monde »

 

Vous avez peur de rater quelque chose ? Ne vous inquiétez pas, ceci est tout à fait normal, et surtout rappelez-vous qu’il faut du temps (et plusieurs visites) pour vraiment connaître une ville. L’astuce, pour faire le plus de choses en un minimum de temps, c’est de vous concentrer sur ce que vous aimez. Si vous aimez déguster des cocktails, concentrez-vous sur les bars. Vous n’affectionnez pas particulièrement les énormes musées ? Evitez-les. Les restaurants étoilés inscrits au guide Michelin vous attirent particulièrement ? Privilégiez-les.

Mais si vous n’avez pas le temps de faire des recherches approfondies sur Londres, voici quelques-unes des meilleures adresses, sélectionnées pour vous par la rédaction.

NB : Nous n’avons pas répertorié les lieux de passage incontournables, presque évidents, comme Selfridges, Harrods, Harvey Nichols, etc. Tout ce qui est proposé dans ces grands magasins peut-être retrouvé en ligne, ou dans d’autres boutiques. Néanmoins, certaines « chose » sont typiques d’une ville, ou d’une culture. Ainsi il est parfois préférable d’acheter à Londres, lorsque l’occasion se présente.

 

OÙ LOGER

Le Brown’s Hotel

Commençons par le commencement : vous devez trouver un hôtel ou un appartement (en location via des applications comme Airbnb par exemple) le plus tôt possible. Évitez au maximum de vous y prendre à la dernière minute, sinon vous risquez très fortement de vous retrouver à un endroit qui vous déplaît, ou pire, dans un taudis. Évitez l’application HotelTonight qui, selon notre propre expérience, est à déconseiller. Comme nous vous l’avons déjà conseillé précédemment : choisissez un quartier que vous affectionnez. Dans le cas de la rédaction, nous avons sélectionné le Brown’s Hotel, dans le Mayfair. Il s’agit du plus vieil hôtel de Londres, puisqu’il a ouvert ses portes en 1837. Détenu par la chaîne d’hôtels Rocco Forte, certains standards sont assez élevés, tout en mettant en évidence les subtilités de la culture anglaise. Le service dîner est excellence, le thé de l’après-midi, délicieux. Les chambres, luxueuses, sont spacieuses. Le personnel est très agréable, très British, très professionnel.

 

Crédit : Brown’s Hotel

 

OÙ MANGER

Claude Bosi au Bibendum

Si vous désirez un très bon repas, accompagné d’un délicieux vin et d’un excellent service, vous devriez aller rendre visite au chef français Claude Bosi, au 81 Fulham Road. L’expérience est coûteuse, néanmoins, le « dîner à la carte » de trois plats revenant à 100£ par personne. Si vous ajoutez un apéritif et une dégustation de vin, cela vous revient à environ 120£. Mais cela en vaut néanmoins largement la peine : le chef est inventif et à la fois traditionnel, et évite les plats « pompeux ». L’un de ses plats phares, le « my mum’s tripe and cuttlefish gratin pig’s ear and ham cake » (littéralement « les tripes de ma mère, son gratin d’oreille de cochon et son gâteau au jambon »), offre une explosion de saveurs et de textures, et est servi dans un humble plat à gratin, sans aucune ornementation. Son soufflé au chocolat partage la même simplicité. Il n’y a aucune prétention, et c’est un délice pur.

 

Crédit : Flickr / Le Bibendum

 

Le Wolseley

Il y a certains plats et certaines traditions auxquelles vous ne pouvez pas échapper si vous êtes de passage à Londres. Et le petit-déjeuner anglais en fait partie. Peu importe si vous êtes plutôt adepte des bols d’avoine et de fruits d’ordinaire. Echappez à votre routine de petit-déjeuner habituelle, vous pourrez la retrouver sitôt de retour chez vous ! Vous devez absolument essayer le petit-déjeuner anglais, et commander un thé, pendant que vous y êtes. Décortiquons ce que propose ce menu très typique : une grande assiette d’œufs (brouillés, frits ou pochés), accompagnée de fèves de lard, d’une tomate cuite, de boudin noir, de bacon, de champignons et de saucisses. Il ne s’agit évidemment pas d’un repas léger, mais pour les papilles, ça vous le coup de prendre quelques grammes ! Et si cela peut finir de vus convaincre, le célèbre critique culinaire et écrivain de voyage A.A. Gill était un client régulier de l’endroit.

 

Crédit : Flickr / Le Wolseley

 

Le Footman Mayfair

Qui peut résister un bon pub ? Beaucoup d’entre nous ont du mal. De passage à Londres, ce qu’il vous faut, c’est un bon plat de fish and chips (aussi cliché que cela puisse paraître), trempé dans du vinaigre malt de Sarson. Et le Footman sur Charles Street est l’un des rendez-vous incontournables en la matière, puisqu’il combine le meilleur de deux mondes. Au premier étage, un vrai pub, et au deuxième étage, une salle pour manger tranquillement, sans personne pour renverser sa pinte ou faire beaucoup de bruit. Ainsi, lorsque vous avez terminé votre repas, vous êtes libre de rejoindre le pub, ou de partir vous balader dans les environs, très animés eux aussi.

 

Crédit : Flickr / Le fish and chips, plat typiquement britannique

 

Le Hutong, au Shard

Originaire de Hong Kong, l’Aqua Restaurant Group a cette année décidé d’exporter son concept haut de gamme à Londres, au 33ème étage du Shard. L’emplacement n’aurait pas pu être mieux choisi, puisqu’il correspond parfaitement à l’ADN des restaurants Hutong. Côté gustatif, soyez aventureux. Le canard de Pékin, le carré d’agneau, les quenelles de porc ibériques, les crevettes ma la chili, les côtes d’agneau désossées et croustillantes, les fèves au bœuf haché épicé et le riz frit au poisson salé séché et au gingembre… Tout est fantastique. Un conseil cependant : puisque le restaurant est très prisé pour sa vue panoramique comme pour sa nourriture, réservez rapidement, et vérifiez aussi la météo ! Il est toujours plus agréable de profiter du ciel dégagé de Londres, que d’une averse.

 

Crédit : Pinterest / Le restaurant Hutong, au 33ème étage du Shard

 

Le Tamarind (Mayfair)

Tout le monde sait qu’une visite à Londres ne serait pas complète sans goûter au moins une fois à la cuisine indienne. Après tout, la cuisine indienne est à Londres ce que la cuisine chinoise est à New York. Le restaurant exécute des plats mélangeant cuisine anglaise et indienne, et c’est incroyable. Il n’a pas obtenu une étoile Michelin pour rien. Les serveurs sont très à l’écoute pour vous conseiller, pour vous indiquer à quel point peut-être épicé ou exotique, par rapport à votre palais. Si vous êtes friand de cette gastronomie, vous pouvez également essayer le Gymkhana sur Albemarle Street, ou l’un des Dishoom qu’abrite la capitale anglaise.

Le Chucs Serpentine

Hyde Park est un endroit merveilleux pour une promenade tranquille. Et si vous êtes de passage dans le coin, n’hésitez pas à faire une halte pour déjeuner au Chucs. Au menu après une longue marche : une cuisine italienne contemporaine. Architecturalement, l’endroit est magnifique et moderne. La beauté de l’endroit éclipserait même presque le menu, si la nourriture n’était pas aussi respectable et époustouflante ! Et le personnel est très amical.

 

OÙ BOIRE

Le Connaught Bar

S’il y a une chose que vous devez savoir sur les bars de Londres en général, c’est qu’ils n’ont rien à voir avec les bars de New York ou de Hong Kong qui ouvrent à six heures précises. Les bars de Londres commencent leurs journées tôt. Et quand nous disons tôt, nous voulons dire à 11 heures ou midi. Alors que les daydrinkers se réjouissent ! Une mise en garde cependant : ils ferment également leurs portes tôt et les derniers appels se produisent généralement avant minuit. Mais vous pouvez toujours vous rendre au Connaught dans l’après-midi pour profiter d’une accalmi. Si vous ne le saviez pas déjà, ce bar a été primé pour ses cocktails. L’ambiance est décontractée, pas étouffante ni prétentieuse –un aspect rafraîchissant, étant donné qu’il est éternellement sur les listes « World’s 50 Best Bars » et « Spirited Awards ». Quel que soit le jour ou le soir, vous y rencontrerez un mélange de personnes habillées avec goût, profitant des concoctions d’Ago Peronne. Et si vous préférez plus d’intimité, vous pouvez passer à la salle Champagne, beaucoup plus calme. Le cadre est aussi adapté aux rendez-vous galants, qu’aux rencontres avec vos amis chéris que vous n’avez pas vus depuis des années, qu’à un rendez-vous professionnel ou pour aller prendre un verre après le travail !

 

Crédit : Flickr / Le Connaught Bar

 

La salle de dégustation de la Scotch Malt Whiskey Society, 19 Greville Street

La SMWS de son petit nom, est l’une des deux salles de dégustation privée de Londres. C’est un petit endroit tranquille avec des employés sympathiques qui connaissent bien leur travail. La salle travaille avec 100 distilleries pour vous faire découvrir des spiritueux qui ne sont pas ternis par le marketing ou la publicité. La société ne nomme jamais les distilleries pour une bonne raison: pour vous éloigner des préjugés de marque préconçus et se concentrer sur les saveurs à la place. La maison utilise donc un système de codage en plus de noms excentriques. Le premier nombre fait référence à la distillerie et le second numéro au tonneau. La SMWS s’est aujourd’hui diversifiée et propose également du rhum, du Cognac, de l’Armagnac et du Bourbon. Seul inconvénient : vous devez être un membre pour entrer. Mais si vous êtes souvent de passage à Londres, la cotisation annuelle commence à 175 $ et le renouvellement coûte moins cher. Pour ce qui est du fonctionnement, vous entrez et donnez votre carte de membre. Vous pouvez ensuite essayer tout ce qui vous fait envie : les prix sont raisonnables et certaines bouteilles sont des exclusivités britanniques. Une fois que vous avez terminé, vous pouvez décider si vous voulez acheter des bouteilles ou non. Ensuite, vous payez et vous partez. Simple comme bonjour.

Le Dukes Bar

Si vous allez à Londres, vous feriez mieux de vous essayer aux whiskys écossais single malt et aux martinis. Et si vous êtes plus attiré par ce dernier, il n’y a qu’un seul endroit auquel vous rendre : au Dukes Bar à St. Jame’s Place. L’espace est distingué, sans espace debout. Alors venez tôt pour éviter d’attendre trop longtemps pour un siège. Une fois que vous êtes assis et à l’aise, un chariot à martini vous attend pour que votre martini préféré soit préparé à table. Mais surtout, ne partez pas sans essayer la signature de la maison : le Vesper. « Ian Fleming évoquait le Vesper dans son premier roman, Casino Royal, en 1953. Mon interprétation de cette boisson repose sur un vermouth ambré, créé en collaboration avec la Sacred Distillery d’Highgate, entièrement à base d’ingrédients britanniques », explique Alessandro Palazzi, le gérant du bar.

Le Dandelyan, au Mondrian

Ryan Chetiyawardana est l’un des barmans les plus réputés de Londres. Il est l’homme derrière le bar White Lyan, maintenant disparu, qui était à l’époque réputé pour ne pas utiliser de glace, d’agrumes, de fruits ou de sucre. Mais Mr. Lyan, comme Chetiyawardana est affectueusement surnommé depuis, a ouvert deux concepts entièrement nouveaux l’année dernière, à l’endroit même où le White Lyan était auparavant, sur Hoxton Street. Premier endroit : le Super Lyan, un bar à cocktails, en sous-sol. Le second, le Cub, offre à la fois nourriture et boisson, et est situé à l’étage. Tout ce qu’entreprend Chetiyawardana est spectaculaire. Son bar le Dandelyan a d’ailleurs remporté le prix de « Meilleur bar à cocktails au monde » lors des Spirited Awards de l’année dernière et s’est également classé deuxième aux classement des « 50 meilleurs bars du monde ». Et laissez-nous vous expliquer pourquoi. Les cocktails sont excellents, le service est vraiment sympathique et compétent, et l’ambiance générale est celle des bons moments qu’on aimerait éterniser. L’endroit est souvent bondé, mais si vous venez pour un cocktail en milieu d’après-midi, il y a forcément de la place. Aussi, si vous n’êtes pas d’humeur pour un cocktail, demandez un bourbon ou un whisky écossais. Vous ne pourrez pas vous tromper, ni avec l’un, ni avec l’autre.

 

Crédit : Pinterest / Le Dandelyan

 

OÙ FAIRE LES MAGASINS

James Smith & Sons

Avez-vous déjà croisé un homme distingué, avec une belle canne ? Ou une femme ultra chic avec un parapluie qui n’a certainement pas coûté cinq euros dans les rues de Paris ? Vous pourriez devenir cette personne. Mais pour cela, il faut vous rendre chez James Smith & Sons sur New Oxford Street. La boutique se spécialise dans toutes sortes de cannes et de parapluies de haute qualité. Ils prendront votre taille en considération et ajusterons la canne si nécessaire, par exemple.

 

Crédit : Flickr / La boutique James Smith & Sons sur New Oxford Street

 

Harvie & Hudson

Les Anglais et les Italiens sont clairement à la pointe quand il s’agit de mode masculine. Et tandis que vous pourriez vous rendre dans toutes les boutiques habituelles telle qu’Anderson & Sheppard, Henry Poole & Co., Gieves & Hawkes, et Huntsman, sachez qu’une petite séance de shopping dans l’un de ces établissements vous coûtera votre salaire. Mais chez Harvie & Hudson, sur Jermyn Street, les collections sont accessibles, surtout pour la qualité des produits. Ce qui signifie des doublures appropriées, des poches intérieures adéquates, et de bons choix de tissu. Il s’agit donc d’une alternative plutôt digne.

 

Crédit : Flickr / La boutique Harvie & Hudson sur Jermyn Street

 

Hatchards, sur Piccadilly

Pour les fans de livres et de lecture, Londres est une ville merveilleuse. La capitale britannique regorge d’un nombre impressionnant de librairie, comme Maggs Bros. ou encore Waterstones. La boutique Hatchards, sur Picaddily, peut prétendre être l’une, si ce n’est la plus ancienne librairie du Royaume-Uni. Ouverte en 1797, elle stocke environ 100 000 livres en interne, et dispose notamment d’une section dédiées à des premières éditions signées par leur auteur. Elle offre par ailleurs des services d’abonnement personnalisés pour une somme très raisonnable. Vous devrez néanmoins vous acquitter de frais de port supplémentaires pour des envois Outre-Manche.

 

Crédit : Flickr / La librairie Hatchards, sur Piccadilly

 

The Whisky Exchange, Covent Garden

Si vous ne souhaitez pas seulement déguster, mais également ramenez des alcools ambrés à vos amis, votre famille… The Whisky Exchange est l’une des boutiques les plus réputées de la ville. Le magasin est aux amateurs et collectionneurs de whisky ce qu’est l’usine de Willy Wonka aux amateurs de chocolat !

 

Et bien sûr, il vous reste Buckingham Palace, Westminster Abbaye, le London Eye et bien d’autres endroits encore à découvrir !