Pour cette dernière séance avant l’échéance présidentielle, les marchés actions européens ont, plus que de coutume, privilégié la prudence face à l’incertitude planant sur le scrutin.

Prudence est mère de sûreté. Si cet adage fait résolument office de vertu cardinale sur les marchés financiers en toutes circonstances, il tombe encore davantage à point nommé en cette avant-veille d’élection présidentielle. En effet, jamais, pour un scrutin de cette nature, l’incertitude n’a été aussi forte, mettant un sérieux coup de canif à l’ADN même des analystes et autres traders, à savoir l’anticipation. Pour preuve, un seul chiffre : 2,7%. A quoi correspond-il ? A la fameuse marge d’erreur ou « intervalle de confiance » dans laquelle, fait inédit, se situent les quatre favoris à la magistrature suprême. En effet, entre « le tandem » Emmanuel Macron-Marine Le Pen crédité en moyenne de 22% de suffrages et Jean-Luc Mélenchon à 19%, il n’y a que trois points, pile dans ladite marge d’erreur. Ce qui signifie, de manière plus triviale, qu’Emmanuel Macron peut tout aussi bien terminer en tête qu’en quatrième position et à l’inverse le candidat de la France insoumise s’imposer dans la dernière ligne droite.

Si les traders s’attendent à une nuit de dimanche à lundi particulièrement agitée, le spectre d’une confrontation et d’une « finale » entre Marine Le Pen – et Jean-Luc Mélenchon est dans tous les esprits. Mais pour certains analystes, cette opposition relève davantage du fantasme que de la réalité. « La tension est perceptible sur le marché mais il n’y a pas de panique. Entre le 1er avril et aujourd’hui, le VCAC (qui mesure la volatilité du CAC 40) est passé de 16% à 27% mais reste toujours nettement inférieur à son point haut de 2016 (40% atteint début février), détaille Christopher Dembik, responsable groupe de la recherche macroéconomique chez Saxo Bank.

« Le CAC 40 évolue peu en fonction de l’élection présidentielle »


Et d’ajouter qu’une « déflagration » sur les marchés financiers en raison de tel ou tel scénario de second tour d’une élection présidentielle n’avait jamais vraiment eu cours en France. « Historiquement, le CAC 40 évolue peu en fonction de l’élection présidentielle. La seule exception fut en 1981 lorsque l’indice parisien avait chuté de près de 20% entre le premier tour et trente jours suivant le scrutin car les investisseurs craignaient que « les chars soviétiques ne paradent sur les Champs Elysées ». Etant donné la faible probabilité d’une victoire de Marine Le Pen du fait du front républicain, on peut anticiper qu’une telle chute ne va pas se reproduire cette année »

Concernant plus spécifiquement le CAC 40, rien de notable à signaler en cette semaine écourtée par le lundi de Pâques et la fermeture des marchés, hormis la prudence évoquée en préambule. A noter tout de même, ce vendredi, la Bourse de Paris a bénéficié des « grâces » de la technique avec une poussée significative des volumes, dans la dernière heure, imputable au phénomène dit des « trois sorcières » marquant l’échéance simultanée les contrats futures sur indices, les contrats d’options sur indices et les contrats d’options sur actions arrivent simultanément à échéance.Ainsi, sur quatre jours, le CAC 40 s’est effrité de 0,21% à 5 059,2 points avec une baisse de 0,37% pour cette dernière séance de la semaine.  

Michelin au top, TechnipFMC en perdition

Sur le front des valeurs, c’est Michelin qui peut plastronner en vertu de sa progression hebdomadaire de 3,75%, porté par de solides résultats, notamment une hausse de 10% de ses ventes trimestrielles, tirées par la croissance du marché automobile européen et un rebond de la demande liée à l’industrie minière. En outre, le fabricant de pneumatiques a également confirmé ses objectifs 2017 dans un environnement de marché globalement dynamique.

A l’autre bout du palmarès, TechnipFMC poursuit son chemin de croix, alternant avec une régularité déconcertante mouvement haussier et séquence baissière. En effet, depuis trois semaines, le parapétrolier est successivement en tête du palmarès avant de chuter tout aussi brutalement la semaine suivante pour se retrouver dans les abysses de l’indice. En outre, le titre du groupe affiche une perte hebdomadaire de 6,83%.