Vous entendez parler de titrisation, mais vous n’en maitrisez pas précisément les contours ? Cet article vous renseigne sur cette technique financière assez particulière.

Focus et explication de la titrisation

Le système financier international a connu plusieurs mutations profondes, entrainant une révolution dans la sphère financière. Ces divers changements ont été déclenchés par les nouvelles technologies, l’application de certaines techniques financières parfois à risque, et les déréglementations, entre autres. En effet, la financiarisation des actifs financiers, de même que le développement de l’ingénierie financière ont incité à la création de nombreux procédés, multipliant ainsi les modes de financement. Et la titrisation qui appartient à la famille des financements structurés s’inscrit parmi les techniques ayant engendré les mutations connues par les marchés.


De quoi s’agit-il concrètement ?

Il s’agit d’une technique financière qui recouvre deux mécanismes distincts, mais qui sont tout de même superposés. C’est au prime abord la vente par une banque d’une partie de ses crédits à un organisme spécialisé, par exemple une structure de placement collectif. La titrisation des créances est ensuite la création par cet organisme de «titres» qui sont tout simplement adossés aux crédits. Une fois ces titres créés (securities en jargon anglais), ils sont vendus à des investisseurs, des fonds, car pouvant être négociés comme des obligations.

Plus précisément, la titrisation consiste à transférer à des investisseurs des actifs pour lesquels il n’y a pas réellement de marchés, tels que les créances commerciales (factures émises non soldées…) ou encore des prêts en cours (prêts à la consommation, prêts auto, habitat, leasing…). Les titres issus de ces créances permettent aux investisseurs d’être payés lors du règlement des factures (créances commerciales) ou du versement des mensualités pour les prêts.

Au vu de ces explications, il en ressort que les banques ne sont pas les seuls à titriser des créances. Les entreprises ont également recours à cette méthode, et de plus en plus d’ailleurs pour transformer leurs créances en actifs financiers. Parallèlement, la titrisation permet à celles-ci de diversifier leurs financements, d’accéder plus facilement aux marchés financiers et de faire du portefeuille client une valeur sur laquelle appuyer le développement des affaires.

Il y a-t-il des nuances dans l’application de ce procédé ?

Avec l’évolution des marchés financiers, la transformation des créances en titres négociables a pris un aspect plus technique et plus spécifique. Le concept en lui-même est de plus en plus lié aux financements structurés, qui désignent l’ensemble des activités et produits mis en place en vue d’apporter de nouvelles méthodes de financements qui conviennent aux besoins des investisseurs, tout en réduisant les risques. La titrisation consiste alors en un montage financier, permettant d’aboutir à des solutions de financements sur-mesure à l’endroit des investisseurs.

Par ailleurs, dans l’esprit l’idée reste la même, car c’est une manœuvre qui donne la possibilité à une entreprise ou une institution financière de transférer le risque et/ou de se financer en sortant de son bilan des actifs et en les proposant sous forme de valeurs mobilières. Pareille opération s’opère en regroupant un portefeuille (autrement dit un lot) de créances de nature similaire (prêts à la consommation, prêts immobiliers…) que l’on cède à une structure spécialisée, qui en finance le prix d’achat, en plaçant à son tour des titres auprès des investisseurs.

En outre, la titrisation peut viser qu’à ne proposer aux investisseurs que le risque financier lié aux actifs. Dans ce cas, l’originateur reste toujours propriétaire des créances, puisqu’il ne cède que les risques à travers un dérivé de crédit (plus de détails sur magazine-assurance.fr). C’est la formule dite « synthétique » ; celle-ci ne rapporte pas de liquidité au cédant.

Quels sont les avantages des créances titrisées ?

La transformation des créances en titres négociables présente bien des avantages. Comme évoquée précédemment, cette technique financière permet à l’émetteur de diversifier ses outils de financements, mais aussi d’avoir une source de liquidité indirecte et un alignement des intérêts. Au niveau de l’économie, elle permet de financer le crédit pour des secteurs clés à travers l’accès donné aux investisseurs non bancaires.

Enfin, la titrisation est un outil de déconsolidation du bilan des banques, ce qui leur permet de continuer à faire des prêts. Pour en savoir plus sur le sujet, rendez-vous sur cette page.