SoftBank a injecté 2,5 milliards de dollars de ses propres fonds dans de nouveaux investissements, dans le but de gagner de nouveaux bailleurs de fonds. La société holding espère restaurer son bilan financier alors que l’intérêt des investisseurs est plus faible que prévu.

Depuis octobre dernier, le conglomérat japonais a versé 2,5 milliards de dollars dans des start-up, et envisage également d’investir 2,5 milliards de dollars supplémentaires. SoftBank avait ciblé 108 milliards de dollars de collecte de fonds pour son deuxième Vision Fund, s’engageant notamment à déployer 38 milliards de dollars de son propre capital.

Ces investissements récents interviennent alors que SoftBank lutte pour trouver de nouveaux soutiens dans le lancement de son Vision Fund II, retardé en raison des « inquiétudes » persistantes des investisseurs concernant les performances du premier fonds de placement de 100 milliards de dollars. Celui-ci a subi une perte de 2 milliards de dollars au cours du dernier trimestre, après avoir réduit la valeur de ses investissements dans WeWork et Uber. Le bénéfice d’exploitation de la société a chuté de 99 % par rapport à l’année précédente, passant de près de 4 milliards de dollars à moins de 25 millions de dollars.

De ce fait, le PDG de SoftBank, Masayoshi Son, a dû revoir à la baisse ses ambitions pour un deuxième Vision Fund. Son pari désastreux sur WeWork et la pression exercée par l’investisseur militant Paul Singer, codirecteur d’Elliott Management Corporation, l’ont obligé à repenser son projet.

Alors que SoftBank se construit un portefeuille pour restaurer la confiance et attirer plus d’investisseurs pour son Vision Fund II, les derniers investissements se font à un rythme beaucoup plus lent que pour le premier fonds de placement. Celui-ci avait dépensé plus de 80 milliards de dollars après sa première grande levée de fonds en mai 2017.

Pour rappel, les actions de SoftBank ont chuté de 12 % au second semestre 2019. Le conglomérat avait dépensé environ 10 milliards de dollars pour renflouer WeWork en octobre dernier, après l’annulation de l’introduction en bourse de la start-up, qui se retrouvait presque à court de liquidités pour financer ses activités. Par ailleurs, les actions d’Uber, un autre pari de SoftBank, ont perdu près de 25 % de leur valeur en 2019 après leur introduction en bourse au mois de mai. Aujourd’hui, les actions sont toujours en baisse d’environ 10 % par rapport à leur prix d’arrivée sur les marchés. Malgré tout, la semaine dernière, les actions de SoftBank ont grimpé de 12 % après l’annonce de l’accord de fusion entre T-Mobile et Sprint (filiale de SoftBank) pour un montant de 26 milliards de dollars.

SoftBank est actuellement en pleine discussion avec le fonds Elliott Management, qui a accumulé une participation de 2,5 milliards de dollars dans le conglomérat japonais et qui fait pression pour racheter des actions, pour mettre en place une meilleure gouvernance de l’entreprise et pour instaurer plus de transparence sur les investissements du Vision Fund. Masayoshi Son, fondateur et PDG de SoftBank, est la deuxième plus grande fortune du Japon, avec 22,4 milliards de dollars selon nos estimations.

 

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