Snap Inc, propriétaire de la célèbre messagerie instantanée Snapchat, fait ses premiers pas en Bourse ce jeudi après avoir réussi à lever plus de fonds qu’escompté dans le cadre de ce qui est déjà considéré par les analystes comme « l’IPO de l’année ».

« Le jour de gloire » est arrivé. Commentée, décortiquée, analysée, expliquée depuis maintenant plusieurs mois, la « fusée snapchat » s’apprête à se poser sur Wall Street, le tout en ayant réussi le prodige de lever près de 3,4 milliards de dollars… sans être rentable, surpassant ainsi les prévisions les plus optimistes. En effet, Snap visait initialement une valorisation comprise entre 19,5 milliards et 22,3 milliards de dollars via une fourchette indicative de prix de 14 à 16 dollars.

Prix du titre ce jeudi : 17 dollars soit une valorisation estimée à 24 milliards de dollars, ce qui équivaut peu ou prou au double de celle de Twitter. Forte de ces éléments, Snap devient ainsi l’entreprise « Tech » la mieux valorisée, après Facebook en 2012. Un véritable « tour de force » puisqu’en dépit d’un chiffre d’affaires multiplié par 7 l’an passé, l’éditeur de la célèbre messagerie Snapchat a continué de dévisser, voyant sa perte nette se creuser de 38% à 514 millions de dollars.

Pas de droits de vote aux nouveaux investisseurs


Toutefois, le groupe a enregistré une accélération notable (+48%) de son nombre d’utilisateurs actifs à 158 millions. Mais c’est encore loin des 600 millions d’utilisateurs actifs d’Instagram, propriété de Facebook. Pour rappel, le groupe dirigé par Mark Zuckerberg avait tenté de mettre la main sur Snapchat dès 2013, soit deux ans après sa création, formulant une offre de 3 milliards de dollars pour tenter de l’intégrer à son « empire ». Une proposition jugée dérisoire par les fondateurs de Snap qui avaient poliment – mais fermement – décliné l’offre.

Comme souligné par Reuters, le livre d’ordres a été sursouscrit plus de 10 fois et Snap aurait pu fixer le prix de son IPO à 19 dollars par action mais il a privilégié des investisseurs de long terme plutôt que des fonds spéculatifs susceptibles de revendre rapidement leurs titres. Autre spécificité de cette introduction en Bourse, Snap n’a pas accordé de droits de vote aux investisseurs qui ont acheté ses actions.

L’exemple Twitter

Evan Spiegel et Bobby Murphy, cofondateur de l’entreprise, détiendront, en revanche, 10 droits de vote par action en leur possession et les autres actionnaires « historiques » un droit de vote par action. Une « particularité » qui laisse certains analystes circonspects. « Mon avis, c’est que les investisseurs doivent être prudents : le fait que les actions ne donnent aucun droit de vote constitue pour moi un motif de préoccupation majeur du point de vue de la gouvernance », avait notamment souligné Richard Saldanha, gérant d’Aviva Investors mi-février.

Désormais, la « machine » est lancée et les marchés feront office de juge de paix. A titre de comparaison, le premier jour de cotation de Twitter avait consacré l’envol de l’action de 73% par rapport à son prix d’introduction qui était fixé à 45 dollars. Un « démarrage en fanfare » également espéré par les investisseurs de Snap.