Snap Inc., la société éditrice de Snapchat, l’application de messagerie mobile qui plaît particulièrement aux adolescents, a présenté un chiffre d’affaires trimestriel très inférieur à ce qui était attendu en même temps qu’une hausse moins importante qu’espérée du nombre d’utilisateurs. Conséquence, le titre a plongé dès jeudi. L’euphorie boursière aura-t-elle été aussi éphémère que les messages de l’application ?

L’euphorie boursière autour de Snap Inc., la maison-mère de Snapchat, serait-elle en train de devenir aussi éphémère que les messages qu’elle permet à la génération Z – notamment – de s’envoyer ? C’est le scénario qui semble se dessiner. Après une entrée tonitruante en bourse en mars dernier, l’action de Snap dévissait, ce jeudi 10 août après la clôture de la séance officielle, de 12% à 12,11 dollars, rapporte l’AFP. Soit beaucoup plus bas que les 17 dollars enregistrés lors de son entrée en bourse en mars.


En cause, les mauvais résultats du deuxième trimestre. Malgré l’augmentation du nombre d’utilisateurs de 21% sur un an, les investisseurs sont déçus, notamment par le nombre moyen d’utilisateurs de 173 millions, alors qu’ils en attendaient 175 millions.

Le réseau social a marqué un bond de 153% de son chiffre d’affaires sur un an à 181,6 millions de dollars, indique La Tribune. Mais sa perte est passée de 115,9 à 443 millions de dollars sur un an. De son côté, le marché attendait un chiffre d’affaires de 186 millions.   

L’IPO de l’année

En mars derniers, quand Snap Inc a déboulé à Wall Street, le prix du titre était de 17 dollars, soit une valorisation estimée à 24 milliards de dollars. Le double de celle de Twitter. Snap devenait ainsi l’entreprise « tech » la mieux valorisée, après Facebook en 2012.

Après avoir atteint 28 dollars dans les jours suivants son introduction en Bourse, Snap n’a cessé de reculer. Principal problème pour la messagerie instantanée : les marchés n’arrivent pas à être convaincus par le modèle économique. Comment transformer la fréquentation en revenus, même avec la publicité et la revente des données des utilisateurs ?  

Les cofondateurs de l’entreprise, Evan Spiegel et Bobby Murphy, ont voulu rassurer les marchés en indiquant qu’ils ne vendraient aucune action cette année. Mais les marchés reprochent au duo de garder une trop forte emprise sur la société (70% des droits de vote pour seulement 45% du capital à eux deux).

Ce n’est pas le rachat de Zen.ly entre 250 et 350 millions en juin dernier qui va rassurer les marchés quant à l’avenir financier de Snap Inc. Mais Spiegel et Murphy réclament un peu de patience.