Depuis le mois de juin dernier et la sortie annoncée du Royaume-Uni du giron européen, l’Autorité Bancaire Européenne (EBA) attise la convoitise de grandes capitales du Vieux-Continent.  Son directeur général, Adam Farkas, a dévoilé une liste non exhaustive présentant les principaux pays désireux d’accueillir l’organisme. Mais le dernier mot reviendra à la Commission européenne.

L’autorité bancaire européenne, dont le bail à Londres arrive bientôt à échéance, est à la recherche d’une nouvelle terre d’accueil. Créée en 2011 en réponse à la crise financière de 2008, elle avait symboliquement pris ses quartiers à la City. Avec pour feuille de route l’établissement de règles communes à tous les pays de l’union afin de maintenir une stabilité économique homogène tout en permettant de conserver des conditions de compétition équitables.

Dès lors, qui pour accueillir l’Autorité ?

Le Luxembourg s’est récemment jeté dans la mêlée en déclarant sa priorité d’accueil au titre d’un accord européen signé en 1965 et stipulant, auprès des états membres, l’installation des institutions et organismes communautaires européens au Luxembourg. Cet accord est considéré comme caduc puisqu’il n’a été signé que par les membres de l’époque, soit 7 pays, sur 28 aujourd’hui.

Dublin et Francfort en embuscade

D’autres pays avancent leurs arguments, notamment l’Irlande et l’Allemagne. Profitant de son avantage linguistique et de sa fiscalité avantageuse, Dublin est officiellement candidate. De son côté, Francfort se démarque par sa place financière centrale. En outre, la ville abrite également l’Autorité européenne des retraites et des pensions professionnelles qu’elle juge logique de fusionner avec l’EBA, toutes deux étant régies par le même système européen de surveillance financière (SESF).

Quid de Paris ? La capitale française avance discrètement ses pions, espérant devancer Francfort. La ville a exprimé son désir de fusionner l’EBA avec l’Autorité européenne des marchés (Esma) déjà hébergée dans la capitale, estimant plus nécessaire de rapprocher les autorités soutenant les marchés et les banques que les assurances (trop minoritaires au sein de l’union), comme le préconise l’Allemagne.

« Les outsiders » Vienne et Amsterdam

Mais d’autres pôles de moindre importance sur l’échiquier financier européen n’ont pas dit leur dernier mot. Ainsi, Vienne et Amsterdam voient dans l’opportunité d’accueillir l’EBA une manière de dynamiser leur activité économique afin de peser davantage au sein de l’UE. 

D’autre part, le flottement structurel engendré par le Brexit permet à certains états de l’est d’affirmer leur place au sein de l’union mais aussi auprès des agences financières européennes. Forte de cette nouvelle donne, Varsovie s’est également déclarée disponible pour recueillir l’EBA. Mais pour l’heure, les négociations battent leur plein, chacune avançant patiemment ses arguments.

Les discussions s’annoncent âpres d’autant que la Commission européenne ne rendra son verdict qu’au mois de mars 2019.