Bonne nouvelle ! Le nombre d’ultra-riches va bondir dans les dix prochaines années. Selon le rapport sur la richesse réalisé pour l’entreprise immobilière britannique Knight Frank par le cabinet d’étude New World Wealth, le nombre de personne dans le monde dont le patrimoine est supérieur à 30 millions de dollars devrait connaître une croissance de 43 % d’ici 2026.

Bonne nouvelle, car cela veut dire que les affaires reprennent ! Ces ultra-riches avaient vu leur nombre diminuer de 3 % en 2015. A la faveur du retour en grâce de la bourse et de l’immobilier, ces grands privilégiés possèdent désormais 13 % de la richesse disponible dans le monde alors qu’ils ne représentent que 0,004 % de la population globale.

Bonne nouvelle surtout, car en principe, l’enrichissement des plus riches est bénéfique à la croissance de leurs pays. C’est la fameuse théorie libérale du “Ruissellement”. A l’image d’un arbre sous la pluie qui grâce à ses feuilles capte toute l’eau dont il a besoin pour sa croissance. Mais l’eau ruisselle également sur le tronc et profite à tout son écosystème.


Bon le problème, c’est que cette théorie un peu touffue semble avoir du plomb dans l’aile ces dernières années ! Une étude récente du FMI montre que plus la fortune des riches s’accroît, moins forte est la croissance. Selon ces experts que l’on ne peut pas taxer de Mélenchonisme, lorsque les revenus des 20 % les plus aisés augmente de 1 %, le produit intérieur brut baisse dans les cinq ans qui suivent. Une analyse partagée par les analystes de l’OCDE. Selon eux, l’augmentation des inégalités entre 1985 et 2005 a coûté en moyenne près de 4,7 points de croissance cumulée dans les pays avancés,

Et ce serait moins du fait de l’envolée des revenus des plus riches que du sort réservé aux 40 % les plus défavorisés. En fait, les éléments qui favorisent la création de fortune colossale, la mondialisation, l’assouplissement du droit du travail, la baisse des salaires et la fiscalité avantageuse pour les plus riches sont autant d’éléments qui jouent en défaveur des plus pauvres.

Pas étonnant que ce soient les Etats aux régimes politiques et fiscaux favorables aux plus aisés qui vont voir le nombre de leurs ultra-riches bondir dans les années qui viennent. C’est le cas de Malte, du Canada, du Qatar ou encore de Monaco.

De même pour les pays sans droit du travail comme le Vietnam qui devrait compter 170 % d’ultra-riches en plus d’ici 2026. Il est talonné par l’Inde (+150 % jusqu’en 2026) et la Chine (+140 %). Aucun pays européen ne figure dans ce Top 10 puisque le premier pays du continent en matière de croissance du nombre de ses multimillionnaires est le Royaume-Uni, avec une progression de 30 % attendue sur la période.