Passant devant les Etats-Unis, l’Espagne est devenue en 2017 le deuxième pays le plus visité au monde après la France et conserve, depuis, une place de choix parmi les destinations internationales préférées des voyageurs. Au cours du premier semestre 2019, l’Espagne confirme sa place dans le top 5 des destinations touristiques les plus prisées au monde en accueillant pas moins de 48 060 821 personnes et en enregistrant ainsi une augmentation de sa fréquentation de 1,9 % par rapport à la même période en 2018. Entrons dans les grandes tendances structurant l’attractivité de ce marché.

L’Espagne fait partie des territoires européens où il est encore possible de développer de nouveaux projets hôteliers en toute confiance en raison d’une réelle profondeur de marché. Les réserves foncières y sont certes contraintes, mais bien moins qu’en France, en Grande-Bretagne, en Allemagne ou en Italie, créant ainsi les conditions propices au développement de nouveaux projets de construction ou de rénovation ; ces conditions sont par ailleurs amplifiées par des facteurs propres à l’Espagne très favorables à l’investissement dans l’hôtellerie.


Le pays a ainsi profité de la forte hausse des connexions aériennes depuis les marchés longues distances, en provenance du continent américain et de la Russie, grâce à des travaux réalisés à l’aéroport de Madrid. Un très bon signal pour l’économie du tourisme. Les investissements dans ce secteur représentaient, en 2017, 18,4 milliards d’euros, soit 7,7 % des dépenses d’investissement du pays et 14,1 % des emplois enregistrés dans le pays en 2016 (soit 2,8 millions d’emplois).

Bénéficiant de l’instabilité de ses concurrents méditerranéens que sont la Turquie, la Tunisie et l’Égypte, l’Espagne a connu une reprise vigoureuse et des chiffres record en termes de demande, d’offre et de rentabilité en 2019. Parmi les régions espagnoles les plus visitées du pays figurent la Catalogne, puis les Baléares, les Canaries et l’Andalousie, suivies de près par Valence et Madrid (source INE – FRONTUR Juillet 2019). Chaque zone géographique présente des spécificités en matière de marché hôtelier.

La grande amélioration qualitative de l’offre hôtelière, couplée à l’ouverture de nouveaux hôtels axés sur le segment du luxe, a contribué à une augmentation des tarifs dans un environnement de plus en plus concurrentiel (l’offre du segment luxe va représenter  98,4% de l’offre totale de chambre au niveau national). Or ce segment ne répond ni à une demande d’une clientèle d’affaires plus friande d’hôtels milieu-de-gamme ou même d’une clientèle familles à la recherche de prix raisonnables pour leurs séjours.

Autant de variables, qui analysées finement et croisées avec les nombreuses données sur le marché, me permet de souligner la pertinence d’un investissement en Espagne dans une catégorie d’hôtels qui restera à pourvoir au cours des prochaines années : les catégories économique et super économique.

En effet, comparativement à la France,  l’Espagne, comme son voisin le Portugal, affiche un réel déficit sur l’offre d’hôtellerie économique et super économique malgré des projets en développement de plus en plus nombreux, mais qui se concentrent essentiellement sur le segment du luxe et de l’hyper luxe.

Parmi les villes intéressantes où investir, Bilbao, ville du Nord de l’Espagne d’environ 350 000 habitants (950 000 habitants pour l’agglomération), est la capitale de la province de Biscaye. Elle constitue la plus importante ville de la communauté autonome du Pays Basque et du Nord de la péninsule ibérique. Bilbao a connu un essor économique très fort depuis l’ouverture du Musée Guggenheim en 1997. Sur l’année 2017, un total de 913 000 visiteurs a été enregistré à Bilbao, soit une augmentation de 4 % par rapport à 2016. La clientèle étrangère représente 41 % de la clientèle totale et l’aéroport de Bilbao a accueilli 4,6 millions de passagers (+6,9 % vs. 2016). Le nombre de nuitées en 2017 s’établit à 1,75 millions, soit une croissance annuelle de 3,3 % (sources : World Travel & Tourism Council, Christie&Co., Bilbao Tourismo, MKG/Olakala). Mais ce n’est pas la seule. Madrid, Alicante, Oviedo… sont également des zones d’investissement pouvant être stratégiques.