Ce n’est pas seulement Paris mais c’est la France qui est sous le choc depuis hier. Vers 19h, un incendie s’est déclaré dans la longue charpente de la cathédrale de Notre-Dame de Paris, surnommée  » la forêt  » en raison de ses 3000 mètres cube de bois. Hier, cette charpente incroyable s’est embrasée sous les yeux des badauds et des caméras de télévision qui retransmettaient en direct ce drame historique. 

Notre-Dame a connu des siècles et des siècles de délabrement, de guerre et de restauration, jusqu’à celle-ci, fatale. Après les larmes et la stupeur, il est temps de faire le bilan. Ce matin, les experts estimaient qu’il faudrait une décennie pour pouvoir réparer les dégâts de cet incendie. La colère s’est également fait sentir chez certains professionnels et historiens de l’art. En effet, ils jugent que l’incendie aurait pu être évité si les moyens avaient été mis en oeuvre par les politiques publiques et si les règles de sécurité étaient respectées à la lettre.

Combien investit l’État lors de la restauration d’un monument historique ?

Selon le site du ministère de la culture, un monument classé monument historique peut avoir une aide financière de l’État et de la DRAC à hauteur de 10 à 50 % du montant des travaux. Les collectivités locales peuvent avoir des aides publiques pouvant dépasser le seuil des 80% si le préfet de département donne son accord. Quant aux règles à respecter, la Charte de Venise est censée limiter le moindre risque concernant la restauration d’un monument historique. Pour déterminer si tout a bien été respecté, il faudra attendre le dénouement de l’enquête annoncé ce matin par le Procureur de la République de Paris. L’enquête a été ouverte pour « destruction involontaire par incendie », la piste accidentelle étant privilégiée par les enquêteurs. 

Pour que Notre-Dame de Paris renaisse de ses cendres, il faudra donner les moyens de la reconstruire. Ému, le Chef d’État avait promis que la cathédrale ferait l’objet d’une souscription nationale et internationale dès le lendemain de cet incident. Un appel entendu par de grands groupes français comme LVMH et Pinault qui ont tous deux décidé de donner 300 millions d’euros pour pouvoir reconstruire cette part de l’histoire française. Après avoir ouvert la marche, d’autres grandes fortunes ont suivi . ainsi Marc Ladreit de la Charrière a-t-il fait don de 10 millions d’euros pour que la flèche ressuscite, l’Oréal, la fondation Bettencourt et Françoise Bettencourt-Meyers vont verser 200 millions d’euros pour restaurer l’édifice dont le nombre de donateurs augmente.  La cagnotte totale s’élèverait déjà à 800 millions d’euros et pourrait atteindre le milliard avant la fin de la semaine.

Une belle somme à laquelle s’ajoutent des dons en nature. Sylvain Charlois, dirigeant du Groupe Charlois, premier producteur français du bois de chêne a annoncé à nos confrères d’Europe 1 vouloir faire don du bois permettant à la reconstruction de la charpente. Un beau geste qui nécessitera tout de même de l’attente, puisque pour pouvoir constituer un stock de 1300 chênes de qualité, il faudrait selon le dirigeant plusieurs années. Pour le moment, cette initiative a donné des idées à d’autres régions boisées qui se disent prêtes elles-aussi à faire ce don. 

Les expertises devraient déterminer la réponse à la question que tout le monde se pose : « reconstruction à l’identique ou non ». Une problématique de taille qui dépendra de l’ampleur des dégâts et des choix que feront les spécialistes des monuments historiques.