Après le vote du Brexit, l’Italie pourrait à nouveau faire trembler l’Union Européenne.

Le 4 décembre, les italiens se prononceront par referendum sur la réforme constitutionnelle portée par Mateo Renzi. Cette réforme visant à limiter le pouvoir de la chambre haute (le Sénat) et de garantir davantage de stabilité dans la gouvernance du pays pourrait ironiquement précipiter l’Italie dans une période d’incertitude et d’instabilité politique. Ayant lié son sort à l’issu du vote, Mateo Renzi devrait quitter son poste si le « non » l’emportait, livrant certainement l’Italie à un gouvernement de transition et à de nouvelles élections. Les conséquences économiques pour l’Italie et même pour la zone euro seraient non-négligeables.

Une réforme constitutionnelle ambitieuse

La fin du bicaméralisme parfait est un des projets phares du programme de Matteo Renzi. En amont de la réforme du Sénat qui sera tranchée lors du referendum, le gouvernement italien a déjà fait voter une loi électorale visant à garantir à un parti (ou à une coalition), une majorité de sièges à la chambre basse (la Camera). Cette nouvelle loi baptisée « Italicum » donne ainsi un bonus de sièges au parti arrivé en tête de l’élection générale. Cette première étape dans la réforme du système électoral n’aurait pas de sens sans une modification des prérogatives du Sénat. Afin d’éviter les blocages systématiques, Mateo Renzi souhaite réduire de deux tiers le nombre de sénateurs ainsi que leur pouvoir de légiférer. L’objet du vote du 4 décembre consiste uniquement à redéfinir le poids du Sénat au sein du parlement, mais il est probable que le referendum devienne un prétexte pour sanctionner le gouvernement en place. 

Le spectre d’un vote sanction

Avec une croissance atone et un taux de chômage à 11,7%, la grogne du peuple italien monte contre le Président du Conseil. Alors que Matteo Renzi s’inscrit comme un des plus grands réformateurs de son pays, celui qu’on surnomme le « rottamatore » c’est-à-dire le « démolisseur » voit sa popularité baisser lentement mais surement.  Ce dernier a perdu du soutien au sein de son parti le « Partito Democratico » traditionnellement de centre-gauche, qui avec Renzi glisse davantage au centre, creusant ainsi l’écart avec la gauche. Par ailleurs, le sauvetage in extremis de quatre banques régionales en 2015, a terni son image dans la mesure où de nombreux épargnants ont subi des pertes. En effet, soumis aux lois européennes qui empêche l’Etat de renflouer ses banques en cas de faillite, le gouvernement s’est retrouvé les mains liés sur ce dossier. Par ailleurs, la crise des migrants a attisé la défiance vis-à-vis des instances traditionnelles contribuant à la montée en puissance des partis populistes.

L’engouement pour les mouvements « Five Star », « Fratelli d’Italia », ou encore la « Ligue de Nord » en sont les exemples types. Au même titre qu’Hilary Clinton victime de l’ « Anti-Establishment », Matteo Renzi pourrait payer le prix fort d’un vote bien plus personnel que purement politique.  Les derniers sondages donnent le «non » en tête avec une confortable avance. Bien que les sondages aient eu tort récemment, l’issue semble mal engagée pour le Président du Conseil qui ne peut compter que sur les 20% d’indécis pour faire changer la tendance.

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