Parmi les chantiers du gouvernement français, se trouve celui de l’entrepreneuriat. Les entrepreneurs sont ceux et celles qui prennent certainement le plus de risques, en investissant énormément, en créant des emplois ou en ayant recours aux crédits. Le nombre d’entreprises créées en 2017 (590 000), le plus haut niveau depuis 2010, nous rappelle qu’il y a urgence à légiférer en leur faveur. L’objectif clairement annoncé, notamment avec le projet de loi PACTE (Plan d’Actions pour la Croissance et la Transformation des Entreprises) est de faciliter la création d’entreprises et le rebond des entrepreneurs.

Comment ? Les premières mesures proposées par les pouvoirs en place sont louables. Des efforts sont demandés aux administrations et au système judiciaire pour permettre l’effacement des dettes et la liquidation accélérés. Mais l’épée de damoclès n’est jamais loin pour les entrepreneurs. Les risques qu’ils prennent et les engagements qui leurs sont demandés restent énormes en comparaison à l’écosystème qui les entoure.


Alors osons aller plus loin ! 

Osons prendre des mesures pour plus responsabiliser les acteurs concernés du système et osons répondre aux engagements qui nous incombent, comme le font les entrepreneurs. Nous ne devons pas seulement former les entrepreneurs et personnels administratifs : nous devons former les établissements bancaires. Ce sont eux qui sont maîtres de la réputation des entrepreneurs, qui créent des projets qui parfois échouent. Prenons l’exemple d’un ancien entrepreneur ayant beaucoup investi auparavant et souhaitant devenir salarié : comment concevoir que son dossier ne soit plus accepté par son conseiller en raison de son passif bancaire ? Comment gérer les décisions d’une liste rouge automatique versus l’avis humain, la relation entre un conseiller et son client ? Ce sont ce type de réactions dommageables qui peuvent enrayer la machine mise en route par le gouvernent. C’est encore une fois l’entrepreneur qui prend le risque supplémentaire de ne plus être soutenu. Le vice est poussé lorsqu’en plus ces entrepreneurs réinventent les services financiers et bancaires et se heurtent aux décisions de ceux même qu’ils bousculent.

Il faudra donc un PACTE 2 pour que l’impact des premières mesures soit global 

Pour aller plus loin, il est de la responsabilité de la Banque de France de faire pression sur les organismes bancaires pour une remise à zéro des compteurs de ces profils entrepreneurs. Il faudra donc un PACTE 2 si l’on souhaite réellement que l’impact des premières mesures soit global. Sinon, la réaction attendue des entrepreneurs sera l’éloignement de plus en plus affirmé des méthodes de financement traditionnelles vers d’autres acteurs : des néo-banques comme qonto, manager.one, Compte Nickel ou des solutions de financement participatif (crowdlending voire crowdfunding). Pour ne plus être trop dépendants d’acteurs tiers et subir les financements mais au contraire les porter à leur façon.

Faisons des entrepreneurs une cause nationale. Mettons-les au centre du jeu !