Dans ses prévisions économiques d’automne dévoilées ce lundi, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), estime que la dette française pourrait dépasser les 100% du PIB à l’horizon 2018.

Mauvaise nouvelle pour la dette française qui pourrait, prochainement, crever de nouveau le plafond. Ainsi, l’OCDE s’est montrée beaucoup plus pessimiste que le gouvernement concernant sa progression. Si ce dernier anticipait une dette publique avoisinant les 96% du produit intérieur brut cette année, force est de constater que l’organisation a battu en brèche cette prévision « utopiste », à ses yeux, tablant davantage sur une augmentation nettement supérieure, en 2016, à 97,9%, puis à 99,4% en 2017 avant de passer la barre fatidique des 100%, en l’occurrence 100,2%, en 2018.

Pour rappel, selon le « vocable » de Maastricht, la dette publique abrite « en son sein » la dette de l’Etat, celles des administrations de sécurité sociale, des administrations publiques locales et des organismes divers d’administration centrale. Les perspectives de l’OCDE sont-elles trop sévères à l’endroit de la France ? Oui, à en croire la Commission européenne qui, de son côté, table sur une progression de la dette « moins galopante » à hauteur de 96,4% cette année, soit peu ou prou l’anticipation du gouvernement, et 97,1% en 2018.

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« Timide reprise de la croissance »

Dans le même registre, l’OCDE « tempère les ardeurs » des pouvoirs publics concernant la croissance et anticipe une timide reprise à hauteur de 1,2% cette année et 1,3% en 2017. Le gouvernement avait, pour sa part, évoqué 1,4% en 2016 mais surtout 1,5% en 2017. Un chiffre « gravé dans le marbre » car c’est celui qui figure dans le projet de loi de finances rectificative présenté mi-novembre. En outre, les prévisions de l’OCDE, concernant la croissance de l’économie française, se situent dans la droite ligne de celles du Fonds monétaire international.  

En revanche, de « bonnes nouvelles » émergent du rapport de l’organisation basée à Paris. Ainsi, elle estime que la France devrait tenir, au « finish », ses engagements vis-à-vis de Bruxelles concernant le déficit public, en le ramenant à 3,3% du PIB en 2016, 3% l’an prochain et, surtout, 2,9% en 2018. Tout cela grâce à « la réduction continue du coût du service de la dette et une certaine modération des dépenses », comme le stipule le rapport de l’OCDE. Autre perspective positive, la poursuite de la baisse du chômage, selon les critères du Bureau international du travail (BIT), à 9,9% fin 2016, 9,7% en 2017 et 9,6 en 2018.

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Des prévisions qui, comme le souligne très clairement l’organisation, doivent néanmoins tenir compte du contexte politique en France. « La perspective des élections présidentielles de 2017 est source d’incertitudes considérables tant les programmes économiques des candidats diffèrent fortement. Et de conclure. « Des évolutions contraires sur les marchés émergents, en particulier en Chine, auraient aussi des répercussions négatives ».